Cameroun - Yaoundé : Les contrôles routiers qui fâchent

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Les conducteurs de taxis sont en rogne contre les forces de maintien de l’ordre.

Depuis le 1er avril dernier, le ministère des Transports (Mintransports), appuyé par la police et la gendarmerie, a lancé des contrôles routiers coercitifs dans les villes du Cameroun. Ces contrôles viennent sortir des rangs, les transporteurs urbains dits clandestins. La circulaire conjointe du délégué général à la Sûreté nationale et du secrétaire d’Etat à la Défense chargé de la Gendarmerie, stipule que les contrôles visent plusieurs infractions : le défaut de permis de conduire, l’usage du téléphone portable au volant, le défaut de la boîte à pharmacie et la surcharge. La même note indique que ces infractions sont facturées à 25.000 F.Cfa et valent une mise en fourrière obligatoire, excepté l’usage du téléphone portable au volant.

Cependant, plusieurs semaines après le début de cette opération spéciale, les conducteurs de taxis, à travers les syndicats, se plaignent de la manière dont ces contrôles routiers mixtes sont menés. Ils décrient notamment la souplesse vis-à-vis du transport clandestin, le non-respect des taux réglementaires d’amendes, l’exigence des pièces non conformes, les modalités de perception des amendes non clarifiées, des mises en fourrière fantaisistes, des équipes de contrôle qui ne sont pas mixtes, les tracasseries, l’arnaque et la corruption.

Mesures correctives

« La police m’a attrapé en position de surcharge, elle m’a fait payer 60.000 F.Cfa et mon taxi a été mis en fourrière. Ce n’est pas normal », dit, courroucé, un chauffeur de taxi. Pour résoudre ce problème, le Mintransports a organisé une réunion avec les syndicalistes. Au cours de celleci, réunion présidée par le secrétaire général du Mintransports, il a été principalement question de deux choses.

Au sujet des transports clandestins dans la ville, 40% des taxis ne circulent que dans la nuit parce qu’ils ne sont pas en règle, a relevé le secrétaire général. Preuve que les contrôles sont efficaces. Ce qui a pour avantage de rendre la circulation plus fluide. Pour autant, les syndicalistes n’en démordent pas. « Nous sommes la cible privilégiée des policiers et gendarmes qui nous extorquent de l’argent. Toute infraction maintenant c’est 50.000 F.Cfa. On nous demande des papiers qui ne figurent pas sur la liste des pièces à contrôler…», se plaint un leader du Synactuircam.

Le Mintransports a arrêté, avec les responsables du ministère de la Défense et de la police, quelques mesures pour calmer le courroux des conducteurs de taxis. Désormais, la police militaire fera des contrôles routiers, non pas pour vérifier les pièces des taxis mais celles des militaires qui usent de leur béret comme papiers du véhicule. Cependant, depuis quelque temps, l’action de la police et de la gendarmerie est de moins en moins visible dans les rues de Yaoundé. Et les chauffeurs de taxis recommencent allègrement à surcharger leurs véhicules. Le Minstranports et les syndicats ont également convenu d’une réunion mensuelle afin d’évaluer l’action de la police et de la gendarmerie.

© Le Jour : Chrys Bissoué et Josiane Afom

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