Cameroun - Valséro: Il n'y a jamais eu un procès pour corruption au Cameroun

L'auteur de la «lettre au président» présente les contours de la seconde édition du concept «Jeune et fort» qui a débuté hier dimanche à Douala.

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Pouvez-vous nous présenter le concept «Jeune et fort» qui est rendu à seconde édition cette année?

«Jeune et fort» est un concept. C'est une mobilisation citoyenne et responsable de la jeunesse, mais aussi de toutes les forces vives. Pour quel objectif? Pousser les jeunes à prendre leur place dans notre société. Mais le plus important c'est qu'ils comprennent que la force de leur développement est à l'intérieur d'eux-mêmes. Donc «Jeune et fort» a cet objectif de réveiller les jeunes à l'intérieur d'eux, pour qu'ils comprennent, qu'en fait, ils peuvent décider de leur avenir. Ça peut paraître très philosophique, c'est pour cela qu'on s'attarde sur les campagnes réelles, Comme la campagne avec le préservatif. Occasion de dire aux jeunes que ce n'est pas la capote qui protège, mais c'est le jeune qui se protège lui-même, qui prend sur lui d'utiliser une capote. Donc la capote ne bougera pas toute seule s'il ne décide pas d'aller la chercher.

En plus de la lutte contre le Vih/Sida, les jeunes auront également la lutte contre la corruption. Pourquoi?

Parce que c'est pareil pour la lutte contre la corruption. Il faut expliquer aux gens que, ce n'est pas quand on arrive au stade du travail, qu'on va stopper la corruption administrative, économique, le grand banditisme. Il faut stopper l'hémorragie au niveau des gamins. Quand on arrive au cours moyen deuxième année; on s'est déjà fait corrompre par des habitudes familiales au quartier. C’est pour cela que la pertinence de cette campagne, c'est la lutte contre la corruption en milieu scolaire qui a pour objectif d'expliquer aux dirigeants des établissements scolaires, quelle peut être la corruption en milieu scolaire. La corruption ce n'est pas la tricherie, mais quand un professeur boit un verre avec m'élève dans un bar, il doit être renvoyé, l'élève pareil. Les cours de répétitions c'est de la corruption. Vous ne pouvez pas avoir 60 élèves dans une classe, vous en prenez 10 pour leur faire des cours particuliers à eux, et justifier qu'ils aient tous la moyenne. Ce n'est pas normal.

Est-ce que la Commission anti-corruption (Conac) vous accompagne dans cette sensibilisation?

Bien sûr que non! Et c'est ce qui m'inquiète le plus. C'est-à-dire savoir à quel point la Conac prend des sous pour pouvoir lutter contre la corruption et s'arrêter à un non-événement. On est allé deux fois vers eux pour leur expliquer que, au lieu de faire de la dénonciation, ou de faire de la pseudo-répression, vous ferez mieux de faire de la sensibilisation. Mais ils sont trop occupés à faire des cours médiatiques pompeux, alors qu'ils peuvent aller à l'école, créer un programme de lutte contre la corruption en milieu scolaire Vous dénoncez, mais cela ne sert à rien. On n'a jamais eu un procès pour corruption au Cameroun. D'ailleurs, le Cameroun est le seul pays où la corruption est impunie. Or, nous sommes le pays le plus corrompu. C'est un paradoxe! Raison pour laquelle nous avons pensé à la sensibilisation. Une sensibilisation qui va nous conduire dans les quartiers, dans les maisons, pour faire le porte à porte. Et aussi dans les établissements scolaires où, apparemment rien n'était prévu pour la corruption.

Mener une telle campagne nécessite de l'argent. Alors d'où viennent les financements?

Les financements viennent des soutiens. Et pour moi, soutien ne veut pas dire que tu restes chez toi et tu dis j'aime le concept. Soutiens pour moi signifie mettre, du sien. Mais bien plus et de prime abord, c’est l'énergie qu'il faut au départ pour faire «Jeune et fort»

© Marthe NDANG | Mutations

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