Cameroun - Transition: Franck Emmanuel Biya, la figure du puzzle se dévoile

Selon certains analystes qui répandent des informations sous fond d'acerbes critiques dans les réseaux sociaux, Franck Emmanuel Biya, après avoir été écarté par son Président de papa des sphères du pouvoir, semble être la solution ultime pour la préservation de l'hégémonie du Système Biya hérité en 1982 et qui prendra la juste mesure de sa force en 1985.

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Cette année-là, croient savoir les zélateurs du régime actuel, une clique de personnes avait décidé de rester «pour toujours» avec les rênes de la Nation. Ses apparitions soudaines aux côtés de son père, «brisant» le classement protocolaire aux vu et su de tous prouvent qu'il a désormais les coudées libres pour préparer la succession. Soit à la Ali Bongo, soit à la Faure Gnassingbe, plusieurs indices portent à croire que ces options sont les favorites dans la géostratégie du pouvoir en place. Info ou intox, ces allégories ne doivent par être prises au premier degré. Décryptage.

1-La tentation du pouvoir dynastique

Ceux qui prétendent qu'on s'achemine vers une transition politique à la togolaise, veulent-ils par ces affabulations susciter une révolte des populations sur des prétentions dont on ne saurait prouver une certitude évidente? A en croire ces informations ou ces sources, les dernières pièces du puzzle tissé par le système actuel pour contrôler définitivement la transition et par ricochet le pouvoir en place au Cameroun viennent d'être posées. Ayant effectué depuis ses derniers jours plusieurs réunions à huis clos selon les mêmes sources avec Séraphin Magloire Fouda et Luc Sindjoun, le fils aîné du chef de l'Etat camerounais pourrait être actuellement en phase d'initiation pour la direction suprême. Avant cela, de forts soupçons pourraient le voir faire ses premiers pas au sein d'un prochain gouvernement qui se profile.

Le Président Paul Biya l'avait-il gardé comme «coup fatal» à ses proches collaborateurs qui n'avaient pas vu ce dauphin tant les relations d'avec son père étaient «délétères»? Un tel cas de figure pourrait ressembler à l'option la plus plausible des «Biyaïstes». Dans les murmures des tenants du pouvoir, le peuple est toujours cité comme celui-là qui va trancher lorsque la vacance du pouvoir adviendra. Que non ! pensent plusieurs observateurs. Dans la pratique toujours décriée, le Rdpc qui aura fomenté un dauphin utilisera toujours les moyens de l'Etat avec la bénédiction des autorités en poste. On s'attend donc à s'acheminer inexorablement vers un grotesque trucage et bourrage d'urnes pour valider une imposture électorale. Ce jour-là, soutiennent les détracteurs du régime actuel, et comme d'habitude, l'armée sera mise à contribution avec une des¬cente d'hommes, de chars, de missiles et de hauts gradés sur le terrain spécifiant de quel côté ils se sont toujours trouvés.

La Côte d'Ivoire dira-t-on est passée par-là ; mais avec le soutien d'une France forte qui avait préparé la mort sans la succession désignée d'Houphouët Boigny. Pour le cas du Cameroun, dans une subtilité dont lui seul a le secret, le chef de l'Etat ne voudrait pas révéler son "successeur', mais posséderait à n'en point douter plusieurs indices sur le prochain dauphin. Comme le dit très souvent l'adage: Malin à malin et demi, la vigueur cassée, le Président Paul Biya semble avoir quatre priorités: Le salaire des fonctionnaires chaque fin de mois pour éviter un soulèvement populaire; sa sécurité personnelle en octroyant tous les avantages aux acteurs ; le bien-être de son épouse et de ses enfants qui ne devraient après son départ souffrir de rien. Le reste étant secondaire, la haute considération de l'Etat ne figurant pas parmi ses priorités. Vas, détournements, corruption s'étant accentués au fil des années continuant à donner 70% pour le fonctionnement des fonctionnaires et 30% pour l'investissement dans le pays.

Aucun résultat jusqu'ici avec au finish plus de prétextes pour l'élaboration des Dao que de plaintes sur l'achat de véhicules devant servir pour des "safaris" dans les villages. La réalité est triviale et les mécanismes d'avenirs se mettent peu à peu en place dans un schéma déjà vu dans plusieurs pays; reste seulement à chaque pion du jeu de Dame de disparaître pour laisser place à la fin d'une empoignade de deux "sages". Mais que dire désormais de l'installation des forces de défense française au port de Douala et pour un bon nombre de temps? Selon des analystes, plusieurs forces obscures voient la fin du règne de Paul Biya venir. Leur stratégie de succession parallèle aux aspirations de certains pourraient aboutir à un désordre dans l'agencement de l'organisation préparée de la succession; ce qui aura pour corollaire l'arrivée d'un désordre national. Quel est le rôle que pourrait alors jouer la France?

2-Un navire de guerre français s'installe à Douala 

Selon des informations, le Bpc Dixmude, bâtiment de la marine nationale française est arrivé avec à son bord 350 hommes et une centaine de véhicules de combats. Au port de Douala depuis décembre 2013, est-ce uniquement pour servir de base arrière au ravitaillement des troupes du côté de la Centrafrique? Plusieurs indices portent à croire que non! La transition semblerait donc se dessiner pour le régime Biya. Selon le communiqué diffusé par Son Excellence Pierre Moukoko Mbonjo, cette «passerelle» octroyée par les autorités camerounaises est temporaire ou conservatoire; car la France l'aurait sollicitée uniquement pour ses prochaines interventions en Centrafrique. Dans ce pays, déjà 400 soldats sont présents et ce depuis le début des troubles; pour l'essentiel, ils seraient positionnés à l'aéroport de Bangui. Mais l'on ne cessera de se poser la question de savoir pourquoi avoir choisi la base arrière qu'est le Cameroun alors même que le Tchad qui aurait participé à la prise de pouvoir de Bangui et la France sont en bon terme et constituait une base arrière plus sûre. De forts soupçons de déstabilisation ont donc déjà envahi le sérail et la présence y compris le convoiement des armes et matériels sophistiqués de la France sur le territoire camerounais augure une préparation de transition. N'oublions surtout pas que des tentatives infructueuses avaient déjà été enregistrées jadis.

L'on se souvient d'ailleurs de ces conteneurs estampillés Onu, interceptés à l'Est Cameroun et réquisitionnés par les autorités sécuritaires, car contenant des armes alors qu'ils se rendaient à la frontière pour soi-disant donner de l'aide alimentaire aux déplacés. Ce subterfuge n'avait donc pas permis d'achever la mission d'armement dont on ne sait qui était destinataire. Plusieurs autres sources s'alarment plutôt du fait que plusieurs dignitaires, haut gradés et commis de l'Etat auraient des milices armées et près à faire feu de tout bois si leurs alliances ne fonctionnent pas lorsque le pays entamera une transition incertaine et tumultueuse. Pour eux, la présence dissuasive d'un armement assez sophistiqué de la France à quelques encablures des infrastructures stratégiques devrait plutôt rassurer au lieu d'alarmer.

Le pays de Jean Pierre Papin qui a depuis des années déjà une réelle main mise sur plusieurs aspects que ce soit sécuritaire ou économique au Cameroun ne pourrait aujourd'hui se présenter comme une menace. Si un choix de déstabilisation devrait être pris depuis des lustres, cela ne saurait être pour maintenant. Comme exemple de cette coopération militaire, la formation de plusieurs officiers hauts gradés de l'armée. 3-Des prémonitions qui semblent se confirmer Selon plusieurs informations divulguées au sein du sérail, plusieurs oracles affirmeraient que le successeur de Paul Biya sera un ancien «bagnard». D'où la sérénité que l'on observe chez certains prisonniers de luxe qui attendraient juste leur tour pour régner. Marafa Hamidou Yaya qui s'est plu en recevant Robert Patrick Jackson dans sa cellule (Ancien ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, Jean Marie Atangana Mebara qui se permet désormais d’affûter son argumentaire au cas où, compte tenu de son acquittement par Gilbert Schlick malgré le maintien en prison de la part du juge Pascal Magnaguemabe plus tard, et Titus Edzoa qui pourrait voir son acquittement prononcé si autant de pressions continuent à peser sur les épaules du chef de l'Etat camerounais dans cette affaire qui le lie avec le français Michel Thierry Atangana, qui use de tous ses appuis pour sortir de prison, le dilemme est total sur la personne choisie par ces oracles.

Toujours est-il que parmi ces bagnards célèbres, d'autres moins connus pourraient être ajoutés à la liste pour confirmer les prédictions. Que dire alors des fils à papa qui s'efforcent d'intégrer le sérail et la gestion de la République? Si la messe est dite pour eux, comment se fera donc la transition? Ce navire de guerre, tel signé dans les nouveaux accords de coopération militaire, sert certainement de prétexte pour le positionnement des forces au cas où une option militaire est choisie pour déstabiliser le pouvoir en place qui pourrait faire de la résistance avec ses deux corps d'élite. Le bataillon d'intervention rapide (Bir) et la garde présidentielle (Gp). Mais sans être dupe, à quoi servira tout ce matos après que ces troubles seraient apaisées?

La France a enfin réussi, après plusieurs tentatives, à faire passer des armes sur le sol camerounais. En 2011, un navire de guerre américain rempli de matériel et d'hommes avait réussi à atteindre les eaux territoriales camerounaises. Après la dénonciation de cette tentative peu orthodoxe de renversement du pouvoir, il mouillera au port de Douala et ses occupants vont plutôt affirmer qu'ils contenaient plutôt quelques bidules humanitaires destinés aux zones conflictuelles de la sous-région. Dans les soupçons de complot face à cet accostage dans les eaux territoriales Camerounaises, les propos du Colonel Gilles Jaron, porte-parole de l'état-major français pourraient être diversement interprétés. Il va déclarer ceci: «Il y a dans le Bpc environ 350 hommes et un peu moins d'une centaine de véhicules. Vous avez des moyens de combat (...) et des moyens de logistique. Sans préjuger des décisions qui pourraient être prises, les armées françaises ont entamé le débarquement des hommes et du matériel qui étaient présents sur ce Bpc et, en accord avec les autorités du Cameroun, ces hommes vont rester à proximité de Douala.

Cela fait partie des mesures conservatoires que les armées françaises sont en train de prendre, compte tenu de la situation en République Centrafricaine». En jargon militaire, si cela ne s'appelle pas de l'encerclement, comment pourrait-on attribuer une telle attitude? Ce navire de guerre va désormais contrôler les entrées d'armement, surveiller à partir de ce bateau tout déploiement militaire sur le territoire national et programmer des frappes aériennes ciblées si nécessaire ou encore comme en Côte d'Ivoire en cas d'attaque de ses positions. Aujourd'hui avec ce «quitus» officiellement donné par les autorités camerounaises, tout armement à l'autorisation de traverser le pays pour se retrouver à l'Est. Le compte à rebours serait donc enclenché. Affaire à suivre.

© Doualla Manga Eric | L'Indépendant

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