Cameroun - Tenues indécentes: La mesure du gouvernement mort-née ?

Dans les commissariats de police et brigades de gendarmerie, la guerre n’est pas encore lancée  Tenues indécentes: La mesure tarde à prendre corps Dans des brigades et commissariats à Douala, on affirme qu’il y a plus urgent à faire. Une mesure mort-née ?

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Même si une affirmation serait de trop, la réalité c’est que le contrôle et la sanction quant au code vestimentaire au Cameroun n’est pas encore à l’ordre du jour. En fait, il y a quelques semaines, Marie Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la femme et de la famille, Louis Bapès Bapès, ministre des Enseignements secondaires, Ismaël Bidoung Kpwatt, ministre de la Jeunesse et de l’éducation civique, Ama Tutu Muna, ministre des Arts et de la culture, René Emmanuel Sadi, ministre de l’Administration territoriale et de la décentralisation et Issa Tchiroma, le ministre de la Communication ont fait une sortie médiatique dans le cadre du lancement de la campagne nationale de lutte contre l’indécence vestimentaire chez les jeunes filles. Une sortie qui a accouché d’une mesure, visant à interdire le port des tenues indécentes en public.

Du temps a passé, qu’est-ce qui en est sur le terrain ? «Je n’ai jamais été inquiétée par cette mesure. C’est du bluff et rien d’autre. Je suis étudiante à l’université de Douala. Chaque fois que je vais au cours, si ce n’est pas un pantalon bien moulant que je mets, c’est une petite jupe. Ce n’est pas pour provoquer qui que ce soit, c’est juste mon style vestimentaire.» Reine n’est pas un cas à part. Plusieurs filles rencontrées dans la capitale économique crachent sur ce qu’elles appellent «agitation» des ministres. Prosper, moto-taximan se réjouissait plutôt de la note. Aujourd’hui, «je suis déçu parce que je n’ai pas encore entendu qu’on a arrêté une fille, depuis là», regrette-t-il. A la Brigade des recherches à Bonanjo, lundi 2 décembre 2013, une source bien introduite reconnaît que «la mesure est déjà appliquée, puisque ce sont des ministres qui l’ont prise, mais nous n’avons pas encore interpellé quelqu’un.» Et de poursuivre : «Vous savez, nous avons beaucoup d’enquêtes à mener. Nous sommes une brigade de recherches. On ne va pas envoyer les hommes sur le terrain pour chercher les filles mal vêtues. On a des choses plus importantes à faire. Ce n’est pas pour dire que le sujet n’est pas important.»

A quelques mètres plus loin, à la Police judiciaire de Bonanjo, «nous n’avons pas procédé à une arrestation», indique un officier. Qui envoie le reporter dans les commissariats à Bonabéri. Prochaine escale, la brigade Ter. de Bonanjo. Ici, l’officier Patrick Gend Nna va dans le même sens. Et dit : «Non, nous n’avons pas de cas. Ce n’est pas que nous refusons d’appliquer la mesure. Le fait c’est que nous exerçons dans les zones de Bonanjo et Bonapriso, où les filles ne s’habillent pas n’importe comment.» Commissariat de Bonassama, bis repetita. Excepté au Commissariat n°5 de Bonambappè.

L’agent Ekpai avoue avoir déjà sévi. «Nous avons arrêté des femmes en faisant des patrouilles la nuit, mais ce sont en grand nombre les prostituées.» Après leur interpellation ? «Nous avons juste pour objectif d’arrêter les femmes et les filles indécemment habillées, puis nous les envoyons au parquet. C’est là-bas qu’elles payent les amendes», explique l’interlocuteur. Pour certains, la décision des ministres suscités est un coup d’épée dans l’eau. «Il y a des problèmes plus sérieux. Et même si on veut s’attaquer au code vestimentaire, il faudrait que le ministre du Commerce recommande aux opérateurs de ne plus importer les tenues dites indécentes», pense un officier. Ekpai n’est d’avis : «Une personne qui donne 50.000 Fcfa au parquet pour être libérée va réfléchir par deux fois avant de se vêtir. La mesure va prospérer.» Attendons de voir.

 © Valgadine TONGA | Le Messager

Commentaires (4)

1. eopra (site web) 03/12/2013

dit-on si cette loin est applique comment alors nous appréciés la marchandise et surtout qu'elle ne se vend pas dans le sac

2. epora (site web) 03/12/2013

dit-on si cette lois est appliquée comment allons- nous appréciés la marchandise et surtout qu'elle ne vend pas dans le sac

3. epora (site web) 03/12/2013

suis à la recherche d'une femme blanche de 30 35 ans pour relation de sexe merci numero +23791548379

4. ghislain 03/12/2013

je suis d'accord avec la résolution prise par les ministres pour plusieurs raisons:
les viols qui vont grandissants
le libertinage sexuel au vu de ces tenues indécentes
la prostitution qui prend de l'ampleur
mais je suis très javascript:void(0); sur les résultats de cette opération qui tarde à être appliquée dans nos différents postes de police et autres...

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