Cameroun : Roméo Dika traîné en justice

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L'ancien administrateur de la Socam est accusé de spoliation, abus de confiance et tromperie.

Louis Roméo Ndoumbé Dika, fils de Jean Epaka et Jeannette Ebende, né un 28 avril 1964 à Abidjan en Côte d’Ivoire compte-t-il ses dernières heures de liberté ? Question à mille sous. Car, la Société civile nationale de gestion du droit d’auteur dans l’art musical (Socam), en la personne de son directeur général, Aron Kabelok, vient de porter plainte contre ce chanteur, pour les motifs sus-évoqués. A la lumière d’une citation directe à lui adressée le 10 avril dernier par les soins de Me Théophile Omboli, Roméo Dika doit se présenter le 7 mai prochain par devant le tribunal de première instance de Yaoundé centre administratif, statuant en matière correctionnelle.

Il doit y répondre des faits de spoliation, abus de confiance et tromperie. En effet, dans sa plainte, la Socam explique que, en sa qualité d’administrateur et au regard des difficultés conjoncturelles que celle-ci a connues, elle a chargé Roméo Dika de redorer le blason auprès de l’opinion publique, les communicateurs culturels et d’établir des partenariats avec les structures françaises de la même nature. Il s’agit notamment de la Sacem (société des auteurs compositeurs et éditeurs de musique), la Cisac (confédération internationale des sociétés des auteurs compositeurs) et autres organismes similaires en Europe.

Selon la plainte, Roméo Dika a perçu une somme de 1.500.000 Fcfa par mois, pendant six mois, pour entretenir la presse ; 9 millions Fcfa pour tenir une réunion en Europe avec les artistes de la diaspora ; 1 million Fcfa pour la constitution d’un avocat «dont l’usage n’a à ce jour pu être justifié». Le nec plus ultra dans la plainte de la Socam semble le décaissement de 44 millions Fcfa. Ce qui a créé le courrous du conseil d’administration, qui a décidé de radié le concerné lors de la réunion de Kribi le 15 février dernier. Le mettant à la marge de la Socam, comme adhérent pendant deux ans.

Toutefois, dans cette plainte, la Socam n’explique pas pourquoi elle a pu décaisser 44 millions Fcfa en faveur de Roméo Dika. Un sujet qui a intéressé au plus haut point la tutelle de la Socam. En effet, la ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna a adressé une correspondance interpellative à la Pca de la Socam pour qu’elle s’en explique. «Vous voudrez également me faire en urgence un point détaillé, assorti de documents, sur la somme de 44.354.900 Fcfa déclarée avoir été reversée par le Directeur général de la Socam à l’administrateur Roméo Dika», écrit Ama Tutu Mana à Odile Ngaska le 29 janvier dernier. Elle lui répondra peut-être par le biais du tribunal dès le 7 mai prochain, à Yaoundé.

© Mutations : JUSTIN BLAISE AKONO

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