Cameroun : Roger Milla, “Aucun ministre ne m’a consulté”

Il s’est exprimé samedi sur le fonctionnement du Comité de normalisation.

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Un mois après sa mise sur pied comment appréciez-vous le fonctionnement de du Comité de normalisation ?

L’on ne peut parler de comité de normalisation parce qu’ils n’ont pas encore remis leurs copies. Pour l’instant ils sont entrain de travailler, qu’on les laisse faire.

Vous avez suivi l’actualité sur les exigences salariales des membres…l’on parle de sommes allant jusqu’à quatre millions de FCfa… es quatre millions là, qui les paiera ?

Je ne pense pas que la Fécafoot a assez d’argent pour pouvoir les payer ainsi. Mais s’ils font du bon travail et qu’ils changent notre football moi je suis prêt à ce que le gouvernement leur donne ces quatre millions. Cela ne sortira pas de ma poche. Ils ont été mis là pour faire du bon travail, pour changer tout ce qui est inchangeable et nous attendons leurs copies.

La qualité des membres vous inspire-t-elle ?

Pour ce qui est de la qualité des membres, on aurait pu prendre n’importe qui. L’essentiel est ce qui sortira de leurs copies, de toutes ces consultations. Si à la fin, nous recevons de mauvaises copies, nous ne les accepterons pas et nous choisirons des personnes qui seront à mesure de faire du bon travail.

La difficulté pour le commun des mortels est de savoir comment ils vont s’en sortir. L’Ouest a déjà son champion, le Centre va bientôt délivrer son champion. Au Littoral l’on n’a pas encore joué au foot, à l’Extrême-Nord aussi. N’est ce pas assez difficile ?

En principe, tous ces championnats doivent être annulés, car, aucun championnat n’est dans la norme. Tous doivent être annulés et recommencés à zéro. Ce doit être une année blanche, parce que l’on ne peut pas me dire que l’on interdit les élections à la Fécafoot, les gens vont les annuler pour engager une ligue à jouer. Ce n’est pas normal. Ils ont voulu d’une année blanche, qu’ils la considèrent comme telle et reprennent le championnat l’année prochaine. L’on constate aussi que dans le comité les anciens footballeurs ne sont pas présents. Le comité n’a pas été mis sur pied pour que les anciens footballeurs y soient. C’est un comité pour changer les textes.

Vous avez dit que les footballeurs étaient abandonnés dans la gestion de la Fécafoot ?

C’est lorsqu’il y aura eu élection. Nous, ce n’est pas le Comité de normalisation qui nous intéresse. Le comité de normalisation ne peut pas venir nommer des gens à la Fédération. C’est lorsqu’ils auront terminé leur travail qu’on va mettre une fédération en place et là, les footballeurs chercheront à entrer dans cette boule pour avoir de la place.

Avez-vous l’intention d’être candidat à la Fécafoot ?

Cela ne m’intéresse pas. Il n’y a que le peuple ou le chef de l’Etat qui peuvent me demander d’être candidat à la tête de la Fécafoot. Mais je ne vois pas comment je vais faire pour y être candidat. Avant d’aller quelque part, il faut prendre le temps de réfléchir. On ne se jette pas dans la gueule du loup tout simplement parce qu’il faut être président. Il faut s’asseoir avec d’autres personnes pour discuter, pour savoir ce qu’il y a lieu de faire avant de s’engager.

Est-ce que le Comité de normalisation vous a contacté pour avoir votre expertise d’ancien footballeur ?

Je ne pense pas qu’il avait besoin de me consulter. Ce qui se fait aujourd’hui, je l’ai défini il y a un an et personne n’a voulu m’écouter. Même pour ce qui est des entraineurs, l’on ne m’a jamais consulté pour leur nomination. Aucun ministre ne m’a consulté et je ne voudrais même pas qu’on le fasse. Quand on recrute des entraineurs et que cela tourne mal, c’est mon nom qui est mis en avant. Qui suis-je pour signer le départ d’un entraineur du Cameroun ? J’ai eu de grands entraîneurs dans ma carrière et quand on veut choisir un entraineur pour l’équipe nationale du Cameroun, l’on ne doit pas prendre n’importe qui. On doit choisir un entraîneur qui nous amènera au plus haut niveau et non nous faire descendre ou nous prendre uniquement notre argent.

© Le Jour : Propos recueillis par J. Valery Fotso (Rts) et retranscris par Dorice Tsakem

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