Cameroun - Remaniement ministériel: Le Gouvernement qui vient de Mvomeka'a

Après le coup de gueule du 31 décembre dernier, le retour du Chef de l'Etat suggère une recomposition du gouvernement attendu depuis bientôt trois mois.

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Le Président Paul Biya a finalement regagné la cité capitale hier soir, après s'être enfermé seul, en bossant durement. Parti du palais de l'Unité depuis le 10 janvier, le Président de la République ne s'est donc pas pour autant tourné les pouces dans son Mvomeka'a (région du Sud) natal. Bien que retranché dans sa résidence privée, il a mis ce temps à profit et procédé à la signature d'importants textes engageant la vie de la nation, dont les plus récents concernent les nominations à la police et dans les universités d'Etat. Du coup, l'on pense qu'en renvoyant dit-on à plus tard (mars-avril) la recomposition annoncée du gouvernement, tant attendu depuis la publication des résultats du double scrutin du 30 septembre 2013, il a profité de sa retraite pour former son gouvernement dont il garde précieusement, en ce moment, la dernière mouture.

Tout porte d'autant plus à croire qu'il aurait mis à contribution, une fourchette d'experts, réputés neutres et aguerris, pour les besoins de la cause. Des sources crédibles font allusion à deux conseillers français, aperçus dans le sillage de Meyomessala depuis plus d'une semaine. On rapporte que l'un d'entre eux a effectué de nombreux allers-retours entre Mvomeka'a et le palais de l'Unité, tandis que l'autre se serait plus consacré à la nouvelle nomenclature gouvernementale. Ce nouveau rythme de travail, ainsi que l'intervention des sherpas venus de l'Hexagone, ne manquent pas de laisser songeurs, les habitués des allées du pouvoir: aussi curieux que cela puisse paraître, Paul Biya est rarement porté vers ce genre de consultations.

A la fin, même si rien n'a filtré de ces conciliabules, une source généralement crédible laisse entendre que ce travail, qui va certainement continuer à Genève (Suisse), où le Chef de l'Etat est attendu en début de semaine et devrait déboucher sur une réduction drastique du nombre de portefeuilles ministériels. De même, confie une autre source, on devrait s'attendre à ce que le non moins leader du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) lance dans l'arène, de jeunes loups compétents, rompant ainsi avec le débat animé actuellement par certains idéologues. Guerre de tranchées. En s'écartant ainsi des canaux habituels, certains analystes soutiennent que Paul Biya a pris le temps de décrypter la guerre de tranchées nouée autour du rajeunissement de l'équipe gouvernementale.

Une situation qui a même exacerbé la bataille successorale dans le sérail, avec son cortège de vrais et faux dauphins, non sans attiser les convoitises et autres appétits mal contenus, décriés par le Chef de l'Etat dans son adresse à la nation le 31 décembre et qui ont généralement débouché sur des «éliminations» politiques. Paul Biya sera-t-il emballé par une telle idée? Rien n'est moins sûr. Toujours est-il que, selon les tenants de l'idée du rajeunissement de l'équipe gouvernementale, à défaut d'injecter du sang neuf, l'échéance de l'émergence à l'horizon 2035 ne constituerait qu'une simple vue de l'esprit.

En tout cas, au nom du nouveau sursaut patriote auquel il convie désormais les Camerounais, il est clair que le Chef de l'Etat, qui a plusieurs fois rappelé aux ministres que les objectifs fixés à travers la politique des «Grandes réalisations» sont et demeurent le développement du Cameroun et l'amélioration des conditions de vie des citoyens, aura le dernier mot. Pour le reste, on constate que le retour du Chef de l'Etat à Yaoundé coïncide avec le débat qui enfle sur l'instauration ou non, de la vice-présidence qui passerait forcément par la modification de la Constitution, à l'occasion de la session parlementaire de mars prochain et qui suscite déjà moult appétits dans les salons feutrés de la République. En attendant le remaniement, Paul Biya pourrait bien nommer d'ici à la, une dame soit au Conseil constitutionnel, à la Cour suprême, ou au Conseil économique et social.

© René Atangana | La Météo

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