Cameroun - Qui des deux sera limogé cette semaine ? Paul Biya devrait se séparer de Niat Njifendji ou de Cavaye Yeguié Djibril

Paul Biya pourrait bien sacrifier le président du Sénat ou celui de l'Assemblée nationale avant la fin de la semaine en cours.

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Parlement: Le destin en pointillés de Niat et Cavaye

Le Président de la République est revenu à Yaoundé mardi dernier, après une longue «résidence de refondation» dans son Mvomeka'a natal. On l'a dit isolé de toute présence de ses proches collaborateurs, susceptibles de perturber ses profondes réflexions, quant à la nouvelle impulsion qu'il souhaite donner aux institutions nationales. Et alors que la formation du gouvernement se fait attendre depuis les élections législatives et municipales du 30 septembre 2013, l'ouverture de la première session parlementaire pour l'année en cours est venue relancer les spéculations. D'ici la fin de la semaine en principe, le Sénat et l'Assemblée nationale devraient se doter de nouveaux bureaux.

À la Chambre basse, aucun séisme n'a véritablement été enregistré dans ce sens depuis deux décennies. Cavaye Yeguié étant devenu un meuble, pas encombrant. Et il se peut bien que le natif de Kolofata, en dépit d'un passif suffisamment lourd, soit en passe de rempiler. L'homme, comme pour prendre de l'avance sur les événements, aurait selon nos sources, envoyé voici peu, une note d'information à Paul Biya portant sur les préparatifs de la 60ème conférence de l'Association parlementaire du Commonwealth (Cpa) dont il est président en exercice et qui se tiendra en octobre prochain à Yaoundé. C'est aussi une forme de pression sur le Chef de l'Etat, une façon de lui signifier qu'il serait, au moins, maladroit de changer un capitaine en plein match...

Il convient de rappeler que le Pan, qui baragouine à peine la langue de Shakespeare, avait pourtant été élu à la tête de cette institution en début septembre dernier à Johannesburg (Afrique du Sud). Sans doute par calcul, Cavaye Yeguié Djibril avait joué des coudes pour se jucher à cette charge, un bon prétexte auquel il attache désormais son maintien aux affaires. Sans oublier sa batterie de charlatans, mis à contribution chaque fois que son trône est menacé et qui s'affairent depuis quelques semaines, aussi bien dans son village natal qu'à Yaoundé. Mais, il n'est pas dit que tout ceci suffise pour le tirer d'affaire.

L'équation est d'autant plus ardue que le Chef de l'Etat, selon des sources dignes de foi, planche aussi sur la mise en place du Conseil constitutionnel. On apprend à cet effet qu'il dispose, désormais des propositions de nominations aussi bien du Pan, du président du Sénat que de celui de la Cour suprême. «Et le moins qu'on puisse dire est qu'il n'aurait pas été satisfait des listes à lui adressées, dont certaines puent le clientélisme, le népotisme et le tribalisme à plein nez», indique une personnalité généralement bien introduite dans le sérail. La «punition» pourrait donc provenir de ces indélicatesses. Ces menaces de limogeage n'épargnent pas le président du Sénat, Marcel Niat Njifendji, 7 mois seulement après sa désignation. A la Chambre haute, on dit que Paul Biya est tenté de faire le ménage par le sommet avant que quelques mauvaises habitudes ne (re)prennent racine.

Il n'est donc pas exclu que le conclave des crânes d'œuf du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc), qui se tiendra d'ici demain à Yaoundé en vue de confectionner les listes des cadres du parti devant majoritairement occuper des postes au Parlement, accouche de quelques surprises, mauvaises pour certains. A la place de M. Niat, apprend-on, le leader du parti au pouvoir ne semble pas exclure un autre ressortissant de l'Ouest en vue d'occuper les prestigieux postes et rang de deuxième personnalité de la République. Une chose est déjà certaine: Paul Biya reste et demeure le seul maître du jeu. L'avenir politique de Niat et de Cavaye est entre ses seules mains. Et, d'ici à samedi plus tard, les Camerounais en seront définitivement fixés. En attendant, les deux présidents sortants des chambres haute et basse du parlement ont perdu le sommeil. Ils ont même perdu tout appétit. Paul Biya les épargnera-t-il de ces arrêts cardiaques qui les guettent avec l'attente impatiente de la fumée blanche? Avec l'illustre époux de Chantal Pulchérie, tout est possible.

© René Atangana | La Météo

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Date de dernière mise à jour : 13/03/2014