Cameroun - PROXIMITÉ : Les « Aladji » font le porte-à-porte

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Ces collecteurs sont de plus en plus sollicités par les épargnants pour conserver leurs économies.

Alain Marc Nfoko est un infirmier donc le cabinet se trouve à un jet de pierre du rond-point Madagascar à Douala. Chaque jour ou presque, il fait appel à un collecteur d’argent appelé amicalement Papa Tagni. Il remet à ce dernier la somme de 2 000 FCFA. Cette cotisation qu’il retire à la fin de tous les mois, lui permet, de régler ses nombreuses factures. « Il me donne mensuellement la somme de 120 000 FCFA. C’est avec cet argent que je paie mon loyer qui est de 65 000 FCFA, et ma tontine qui, elle, s’élève à 30 000 FCFA », déclare Alain Marc Nfoko tout souriant. Une autre personne qui fait recours au collecteur pour garder son argent est Christian Kengne. Ce coiffeur du quartier Oyack dans l’arrondissement de Douala 3ème verse quotidiennement 500 FCFA au collecteur. Parvenu à la fin de la semaine, il retire cet argent pour résoudre ses problèmes familiaux. Communément appelé « Aladji », ce système d’épargne est tenu par des collecteurs indépendants

Ils ne sont rattachés ni à un établissement de microfinance, ni à une banque. « L’argent que je collecte, je le garde dans une banque où j’ai un compte », explique l’un des « Aladji ». Les « Aladji » sont reconnaissables aux gros registres et aux sacoches qu’ils portent toujours sur eux. L’objectif de cette marche c’est de collecter le maximum d’argent qu’ils iront garder par la suite dans un établissement bancaire de leur choix. Cette relation, qui est basée sur la confiance a permis à plus d’un commerçant d’augmenter son chiffre d’affaires.

« Les « Aladji » m’aident beaucoup ; l’argent que je cotise là-bas relève de temps en temps mon commerce », explique Françoise, une vendeuse de vivres frais au marché Madagascar à Douala. Nombreux sont les petits commerçants et boutiquiers du marché Madagascar qui confient leur argent aux « Aladji ». Selon un des « Aladji », ce sont près de cent personnes au marché Madagascar et ses environs qui leur font confiance chaque jour. Cette épargne dont le montant varie entre 200 FCFA et 2 000 FCFA peut être restituée à son bénéficiaire à n’importe quel moment. D’où l’intérêt des épargnants qui estiment qu’à la banque, il y a souvent des problèmes de liquidité et de paperasse. « Quand tu te rends à la banque, on te dit de remplir des tonnes de papiers ; alors que chez les « Aldaji », il suffit de signer un morceau de papier pour entrer en possession de ton argent », pense Alain Marc Nfoko. En plus « quand tu as besoin d’argent, les « Aladji » répondent toujours présents ».

Pour faire partie de la clientèle des « Aladji », il suffit, pour l’épargnant, d’acheter un carnet qui coûte 200 FCFA. Ce carnet dont la validité est d’un an doit porter le nom et le prénom du client, ainsi que son numéro de téléphone. Pour se faire payer, les « Aladji » prélèvent sur la cotisation de chaque épargnant une somme proportionnelle à la cotisation journalière. A titre d’exemple, si un client cotise au quotidien la somme de 500 FCFA, au moment de prendre son argent, il doit donner 500 FCFA à « l’Aladji ».Cependant, admettent les « Aladji », ce métier a beaucoup de risques notamment les agressions. Un « Aladji » se souvient d’ailleurs qu’il ya quelques années, il avait été dépouillé par les bandits d’une somme de 500 000 FCFA.

© Le Quotidien de l'économie : CHRISTIAN HAPPI

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