Cameroun - Nécrologie: René Sadi et Fru Ndi en larmes et palmes pour Yong Francis

Cameroun - Nécrologie: René Sadi et Fru Ndi en larmes et palmes pour Yong Francis Le président de Yosa football club a été fait par le chef de l’Etat, commandeur du Mérite camerounais à titre posthume.

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I- Hommages à un encadreur de la jeunesse

Pour le délégué régional des enseignements secondaires du Nord-Ouest, au nom du ministre de tutelle, le décès de Francis Yong est une grande perte pour la famille de l’éducation. Pour la seule année scolaire en cours, ses trois établissements d’enseignement secondaire accueillent plus de 10 mille élèves. Il ajoute, c’est grâce à «Pa Yong» que l’université de Bamenda est devenue opérationnelle. Il a offert gratuitement une de ses structures qui abrite aujourd’hui la faculté des sciences de la santé. « Si Mandela a fait beaucoup pour le monde, Pa Yong a donné énormément au Nord-Ouest et au Cameroun ». En effet, Yong Francis repose depuis samedi dernier 1er février à Anyajua-kom, ce village du département du Boyo qui l’a vu naître il y a soixante huit ans. C’est à 16h33mn que la terre s’est refermée sur les restes de celui qui a été appelé affectueusement Pa Yong.

Le temps a été court pour les témoignages de la foule ayant effectué le déplacement d’Anyajua pour rendre un vibrant hommage à cet homme multidimensionnel qui a impacté la vie de nombreux citoyens à travers la création de trois collèges d’enseignement secondaire (Pchs de Bamenda, Chs de Bambui et Kchs d’Anyajua-Kom), un institut de l’enseignement supérieur (National polytechnic de Bamenda), deux équipes de football (Yong Sport Academy, détenteur de la coupe du Cameroun et National Polytechnic FC de Bamenda ), une chaîne radio (Abakwa Fm) et une de télévision (Cntv). Parti en juillet 2013 à Atlanta aux Etats-Unis pour des soins médicaux cet homme pluriel a rendu l’âme le 30 décembre 2013. De la morgue de l’hôpital catholique Holy Family d’Akum vendredi 31 janvier, jusqu’à la cathédrale métropolitaine St-Joseph Big Mankon à Bamenda, les populations se sont massées en bordure de la chaussée, arbre de paix à la main, pour rendre un dernier hommage à Bobe Yong Francis. La même effervescence populaire a été observée aussi bien de la cathédrale au palais des congrès de Bamenda puis jusqu’à son domicile situé à un jet de pierre de Mondial hôtel. La cathédrale St-Joseph de Big Mankon, le palais de congrès de Bamenda et l’amphi 1000 de National Polytechnic à Mile 7 Nkwen Bamenda se sont tous avérés étroits à chaque étape pour accueillir tous ceux qui ont effectué le déplacement pour porter leur témoignage à l’endroit de cet homme hors du commun. C’est Mgr Andrew Nkea, le tout nouveau évêque de Mamfe et ami du défunt qui, dans son homélie dit de Pa Yong qu’il était un homme de conviction, altruiste et simple. Dans une confidence à l’homme de Dieu a laissé entendre l’évêque, Pa Yong lui disait que toute la richesse qu’il a glanée ici bas n’est que vanité et qu’un jour, il partira sans en emporter le moindre bien avec lui. Par ces propos, Mgr Nkea met en garde les enfants du défunt contre des querelles de succession et autres disputes des biens laissés par l’illustre homme. Au palais des congrès, l’unanimité s’est faite autour de la contribution de Pa Yong dans la construction de la nation.

II- Un vie dévouée au mouvement sportif

A en croire le délégué du Minsep, c’est une légende, une icône, un héro du développement du sport dans le Nord-Ouest qui s’en est allé. Ancien arbitre de football, ancien président de la Fecafoot Nord-Ouest, président régional du Cnsoc du Nord-Ouest, Francis Yong a créé deux clubs (Yong sport academy en ligue Une et National Polytechnic Fc de Bamenda en ligue 2) et un centre de formation des jeunes «le ministre des Sports et de l’éducation m’a chargé de rassurer du soutien du gouvernement à Yong sport academy dans le cadre des compétitions internationales» Franck Happy, président de l’Union de Douala, au nom du général Semengue, président de la ligue professionnelle de football dira du défunt qu’il était un homme humble, intègre, social. Et d’affirmer que «la seule chose que les enfants peuvent donner à Pa Yong c’est de poursuivre son œuvre». Pour Edison Fru Ndi, vice président du Cnosc Nord-Ouest, représentant du colonel Kalkaba Malboum, le Cnosc perd un visionnaire, un homme d’action, un model, un fairplay. C’est son sens élevé du fairplay qui contribue à son succès dans tous les domaines. «Je crois que l’arbre qu’il a planté continuera à produire de bons fruits» affirme –t-il. John B. Ndeh, président de la Fecafoot Nord-Ouest admire en l’homme son sens de partage illimité, ses bourses scolaires et sportives aux déshérités, sa passion démesurée pour le sport roi et surtout son dernier don au Nord-Ouest «la coupe du Cameroun remportée par son club Yong sport Academy». Ce trophée, qu’il n’aura même pas touché, parce que fauché par le cruel destin qu’est la force invisible de la mort.

III- John Fru Ndi et René Sadi en accord…

Quant à John Fru Ndi «la lourde responsabilité reviendra à la famille biologique du défunt à pérenniser l’œuvre de ce grand homme». Toujours est-il que le leader du Sdf a dénoncé ce qu’il appelle «la politisation des obsèques de Pa Yong». Et pour cause affirme –t-il «la plupart des natifs du Nord-Ouest n’ont pas été associés dans l’organisation de ces obsèques». Le régisseur de la prison de Bamenda croit pour sa part que les quelque 600 détenus de cette maison d’arrêt sont désormais orphelins parce que celui qui leur offrait des repas copieux s’en est allé au moment où ils l’attendaient pour venir présider la finale de la deuxième édition du tournoi organisé en l’honneur de l’illustre disparu. Le porte-parole de la famille a éclairé la lanterne du public «Francis Yong, est décédé des suites d’un cancer gastrique» aux Etats-Unis où il s’était rendu pour des soins. Si Pa Yong savait à son départ du Cameroun en juillet qu’il n’allait pas revenir vivant, sa santé s’était pourtant améliorée les trois premiers mois après son internement dans une clinique d’Atlanta.

Par la suite elle s’est dégradée progressivement jusqu’à ce qu’il soit arraché à la vie le 30 décembre. L’acte 3 s’est déroulé samedi 1er à l’amphi 1000 de National Polytechnic de mile 7 Nkwen, institution de l’enseignement supérieur créé par ce dernier. Dans son homélie en ces lieux, Mgr George Nkuo, évêque Kumbo ne fait pas mystère de la vie et de la mort de l’homme. L’essentiel pour l’évêque, c’est ce que l’être humain aura fait de son vivant ici bas. Il résume tout en foi «la mort d’un chrétien doit être l’occasion pour les vivants de porter une réflexion sur leur vie». Pour l’homme de Dieu, la tragédie de la mort, la fin nécessaire de la vie viendra pour chaque être humain« nous allons mourir un jour; la mort de Pa Yong nous rappelle cette fin de chacun et nous devons être prêts à tout moment.

L’homme est comme cette fleur flamboyante du matin mais qui le soir se fane et meurt. La mort vient à tout moment, vu sous cet angle nous devons être prêts à tout moment à affronter la mort en vivant une vie saine. Nous allons rendre compte de notre existence ici bas, lorsque nous allons mourir. Vivre une vie honnête. Accepter sa souffrance, sa croix comme Jésus l’a fait pour au bout du compte avoir foi à la résurrection parce que pour le chrétien la mort n’est que le changement d’une vie pour une autre. Nous ne sommes qu’en transit ici sur terre » affirme l’évêque de Kumbo. Pour avoir crée trois collèges, une institution universitaire, deux clubs de football, une radio et une chaîne de télévision privée, il n’ya avait pas mieux pour motiver le chef de l’Etat, représenté par le ministre de l’administration territoriale et de la décentralisation René-Emmanuel Sadi, pour élever Bobe Yong Francis au rang de commandeur du Mérite camerounais à titre posthume.

 © Donat SUFFO | Le Messager

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