Cameroun: Ndedi Eyango élu PCA de la SOCAM

Le prince des montagnes a été choisi après une élection longue et pleine de rebondissements samedi dernier.

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Une clameur s’élève dans le palais des Congrès. On est dimanche matin, il est 4h, et les élections de la Société civile camerounaise de l’art musical (Socam) viennent de s’achever. Les partisans de Ndedi Eyango, quelques verres dans le nez et la joie démesurée, exultent. Leur candidat, avec 202 voix, est élu président du Conseil d’administration de la Socam, devant Roméo Dika et ses 126 voix. Après un premier tour où Ndedi Eyango sort en tête avec un pourcentage de 38,33% suivi de Roméo Dika (23,9%), un deuxième tour est annoncé entre les deux protagonistes.

A la stupeur générale, Roméo Dika dépose les armes : « Considérez désormais Ndedi Eyango comme votre président. » Il se résigne devant la coalition de Moussa Haïssam (113 voix) et Ateh Bazore (61 voix) avec son principal concurrent. Un périple électoral éprouvant, entamé samedi, a ainsi pris fin hier au petit matin. Une journée longue, mais le résultat est là : la Socam a une nouvelle équipe dirigeante. Pour arriver à ce résultat, les choses n’ont pas été de tout repos. On est allé d’un rebondissement à un autre. Le matin du scrutin, beaucoup découvrent que la liste des candidats au poste de PCA est passée de cinq à six.

Le recours de Sosthène Parole a finalement abouti. Il s’est ainsi frotté à cinq autres adversaires : Ateh Bazore, Bienvenu Mbega, Moussa Haïssam, Ndedi Eyango et Roméo Dika. Ces deux derniers ont fait vivre aux électeurs le suspense jusqu’au bout. Pour éviter les mauvaises surprises et assurer la transparence du scrutin, le comité électoral présidé par Jean Calvin Aba’a Oyono, par ailleurs président de la Commission permanente de contrôle des sociétés civiles et du droit d’auteur (CPMC), a mis les petits plats dans les grands. Bulletin unique, scrutateurs, urnes transparentes, isoloirs super surveillés…

Chaque candidat a même eu droit à un temps de parole de sept minutes, pour convaincre une dernière fois, les 537 votants. Outre ce dispositif, le ministre des Arts et de la Culture, Ama Tutu Muna, a fait le déplacement, pour veiller au bon déroulement des votes. Après avoir rassuré tout le monde sur la tenue réglementaire du scrutin, le Minac a rappelé la fin de la récréation et a demandé aux artistes de voter utile pour défendre leurs droits. C’est du moins ce qu’ils pensent avoir fait en choisissant Ndedi Eyango, à l’issue de ce vote devenu une « finale » entre lui et Roméo Dika. « On est fatigués de tout ce qui se passe dans le droit d’auteur.

Nous lui faisons confiance et espérons le changement. On verra bien », s’est exclamé un artiste. Au terme du scrutin, le nouveau PCA s’est retiré, entouré d’une horde de gardes du corps. Ndedi Eyango a déclaré être bien conscient des défis qui l’attendent, à la tête de cette société « en faillite financière, institutionnelle et morale », pour reprendre les termes du Minac. Les artistes quant à eux souhaitent la réalisation des promesses du candidat élu : entre autres répartitions de leurs droits et assurance santé.

 © Monica NKODO | Cameroon Tribune

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