Cameroun: Michel Thierry ATANGANA ABEGA, victime d’humiliations supplémentaires

Suite aux incidents du 26 septembre 2013 et pour les besoins de sa sécurité, Michel Thierry ATANGANA ABEGA détenu au Secrétariat d’Etat à la Défense (SED) depuis 1997, a décidé de rester en cellule, jusqu’à ce que des mesures appropriées soient prises.

Michel

Faut-il le rappeler, ce jour là, le Lieutenant Innocent BOUEN a posé des actes susceptibles de mettre en péril l’intégrité physique, morale et psychologique de Michel Thierry ATANGANA ABEGA. Il a entre autres, instruit :

- Qu’aucun véhicule des visiteurs de Michel Thierry ATANGANA ABEGA ne franchisse dorénavant la guérite du SED, y compris celle de son frère ainé NKOE Korneil Marie immatriculé CE 6093 W. Véhicule qui sert au ravitaillement en eau et en nourriture du détenu.

- Un isolement solitaire entre 18h et 21h. Période pendant laquelle les frères du détenu partagent avec lui son seul repas de la journée (Ce sont ces frères qui assurent son intendance, titulaires de badges d'accès depuis plus de 10 ans). Faut-il le rappeler, pendant plusieurs années, son repas était assuré par une sœur religieuse qui malheureusement a été mutée par sa Congrégation à l’Ouest Cameroun.

- Violenté Michel Thierry ATANGANA ABEGA et ses quatre (04) frères alors que le Général ELOKOBI le matin du même jour, faisait savoir que toutes instructions concernant le détenu devaient désormais être écrites et non verbales.

Joint au téléphone alors qu’il se trouvait en campagne électorale à l’Est du pays,

Monsieur le Ministre avait dit que des sanctions seront prises à l’encore du Lieutenant à son retour. Il nous revient qu’au cours de la réunion de coordination qui a eu lieu au SED le mardi 1er octobre 2013, Monsieur le Ministre Secrétaire d’Etat à la Défense en charge de la Gendarmerie Nationale, au lieu de sanctionner les manquements graves du Lieutenant, l’a plutôt protégé en disant que les instructions du lieutenant visent essentiellement la sécurité du détenu et ont été prises par lui. Cette attitude nous amène à nous poser moult questions au regard des conditions draconiennes de détention de Michel Thierry ATANGANA ABEGA que nous rappelons ici: • Depuis 16 ans, Michel Thierry ATANGANA ABEGA est privé de son identité et de sa dignité, réduit à une simple condition de vie instinctive. • Incarcéré au Secrétariat d’Etat à la Défense, il vit dans une cellule de 7m2. • Contraint à l’isolement et à la solitude 12 heures par jour, il est coupé du monde extérieur, en violation de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme et de toute la réglementation en vigueur. • Depuis 16 ans, il n’a jamais eu des autorités pénitentiaires droit ni à une ration alimentaire, ni aux soins de santé, encore moins aux vêtements. • Il souffre de décalcification dentaire et d’une perte d’acuité visuelle. • Du fait de ces mauvaises conditions de détention, Michel Thierry ATANGANA ABEGA a subi au pied droit une opération chirurgicale qui le condamne à boiter pour le restant de sa vie. • Il lui est interdit de sortir de son lieu d’incarcération, si ce n’est pour se rendre aux audiences au Tribunal, ou à l’hôpital pour des soins. • Après 16 ans de détention, il ne bénéficie d’aucune sortie de corvée ni de contrôle judiciaire, comme le stipulent les textes de l’ONU. • Tous ses comptes bancaires sont bloqués depuis sa condamnation. • Ses enfants qui vivent en France, n’ont plus jamais bénéficié de son encadrement et de l’affection paternelle. • Désespérée par le sort de son fils, sa mère a succombé le 04 août 2002 des suites d’une dépression nerveuse. Pendant qu’elle est conduite à sa dernière demeure à 5 minutes en voiture de son lieu de détention, il est refusé à Michel Thierry ATANGANA, de lui rendre un dernier hommage. • Sa sœur ainée décède brutalement le 03 juillet 2006 des suites d’épuisement mental, conséquence de cet acharnement envers son frère. Une fois de plus, à l’occasion de ses obsèques, le même rouleau compresseur mis en œuvre refuse à Michel Thierry ATANGANA de lui rendre un dernier hommage. • Son épouse l’a quitté en vendant leur domicile familial et même ses effets personnels.

Questions :

• Que cache l’attitude du Ministre Secrétaire d’Etat à la Défense en charge de la Gendarmerie Nationale ?

• Contraindre Michel Thierry ATANGANA ABEGA à un isolement solitaire entre 18h et 21h n’est-il pas un moyen de le renvoyer en cellule puisqu’il ne peut rester tout seul à la véranda à l’arrière du camp où tout peut lui arriver sans témoin ?

• Fatigué psychologiquement, Michel Thierry ATANGANA ABEGA peut-il ranger tout seul ses petites affaires à 21 heures (téléviseur, petite batterie de cuisine, livres, cahiers et autres) ?

• Pourquoi durcir ses conditions de détention, au moment où on attend que la Cour suprême fixe la date de l’audience pour vider sa saisine ? Celle-ci avait été saisie d’un pourvoi en cassation formé par les avocats de Michel Thierry ATANGANA ABEGA le 05 octobre 2012. 12 mois après, on attend.

• Quelles peuvent être les conséquences sur le détenu de l’absence de séances de travail avec ses avocats, notaires, huissiers, prêtres et religieux, quand on sait qu’en cellule personne n’a accès à lui ?

• Pourquoi ce traitement inéquitable, quand on sait que certains détenus du SED ont pu profiter des sorties pour rendre visite à leur famille (cas de Polycarpe ABAH ABAH), alors que ceux de Kondengui ont pu se rendre dans leur village pour convoler en justes noces (Cas de MOUNCHIPOU SEIDOU) ?

• Contraindre Michel Thierry ATANGANA ABEGA à vivre désormais dans une cellule de 7m2, comment peut-il gérer un espace si réduit avec ses petits effets personnels (petite batterie de cuisine, livres, cahiers et autres) ?

Face à toutes ces humiliations, le Comité de Soutien à Michel Thierry ATANGANA ABEGA :

- Tient à porter à l’attention de la communauté nationale et internationale ces faits dont la nature, la soudaineté et la gravité ne sauraient échapper aux défenseurs des Libertés et des Droits de l’Homme ;

- Exprime sa plus vive préoccupation quant aux nouvelles restrictions sur les modestes droits du prisonnier, dont les conditions de détention et la durée de la peine ont déjà fortement réduit les moyens physiques et psychiques ;

- Prend l’opinion publique nationale et internationale à témoin quant à tout éventuelle atteinte à l’intégrité physique et à la sécurité de Michel Thierry ATANGANA ABEGA ;

- Demande aux autorités de faire cesser immédiatement le harcèlement physique et moral contre le prisonnier et ses proches qui se traduisent comme une tentative préméditée d’assassinat contre la personne de Michel Thierry ATANGANA ABEGA ;

- Appelle par ailleurs à la vigilance, face à ces nouvelles manœuvres d’intimidation et de diversion et alors que la Cour Suprême, saisie par Michel Thierry ATANGANA ABEGA au lendemain de sa nouvelle condamnation à 20 ans de prison, intervenue le 4 octobre 2012, n’a toujours pas fixé la date de son audience qui devrait en principe intervenir au plus tard le 10 avril 2013.

@ cameroun-info.net

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