Cameroun - Menace: Deux présumés adeptes de Bokom Haram aux arrêts à Yaoundé

En provenance de Douala, ces hommes d’origine nigériane et malienne ont été interpelés avec armes et munitions hier matin à Mbankomo, à l’entrée ouest de la capitale.

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C’est au poste de sécurité de Mbalgong, près de Mbankomo, à 4 h 30 ce matin du 11 juin, que les éléments de l’adjudant Bilé vont stopper un bus de l’agence Narral Voyages en provenance de Douala. L’officier raconte au reporter du Messager que c’est lors d’un contrôle de routine que la nervosité de deux passagers «la trentaine entamée, vêtus de pantalon jeans et de polos», va attirer l’attention des gendarmes et des policiers qui composent cette patrouille mixte. Appelés à présenter leurs papiers d’identification, les deux hommes «deviennent furieux, s’agitent et protestent» et ne diront pas plus que leur nationalité : l’un nigérian et l’autre malien.

L’adjudant Bilé se souvient que c’est lorsqu’il donnera l’ordre à ses hommes de fouiller les sacs des suspects, qui se trouvaient dans le bus, que ces derniers vont s’y opposer vigoureusement, déclenchant ainsi une «bagarre généralisée». Un des gendarmes déclare d’ailleurs que l’un des suspects a tenté de le dessaisir de son arme de service. Ayant avec eux, l’avantage du nombre, les forces de l’ordre réussiront à maîtriser les deux hommes et à s’emparer de leurs sacs. Le contenu de ce précieux bagage va expliquer la nervosité de ses détenteurs : deux pistolets automatiques et des munitions, un livre identifié comme le Coran, des feuilles de papier portant des inscriptions en arabe, et plus curieux, «une quantité impressionnante de cauris» s’étonne encore le chef de poste.

Quinzaine d’arrestations

Sans affirmer qu’il s’agit formellement d’éléments de la secte islamiste Boko haram, qui sévit au Nigeria et tente d’étendre son influence dans le septentrion camerounais, les pandores de Mbalgong ne sont pas loin de le penser. « Nous les avons fait transférer à la légion de gendarmerie du Centre où ils sont en train d’être interrogés. C’est au terme de l’enquête qui a déjà sûrement été ouverte que nous saurons qui ils sont vraiment », affirme simplement l’adjudant. En filigrane, il confessera que les renseignements au niveau de la hiérarchie de sécurité nationale confirment la présence, de plus en plus nombreuses des adeptes de cette secte d’inspiration salafiste sur le territoire camerounais.

« Il nous a été rapporté qu’ils [Boko haram, ndlr] se déplacent de plus en plus vers l’intérieur du pays en camions de transport de marchandises qui viennent du grand nord ou de Centrafrique » confie-t-il. C’est ce qui explique les « mesures spéciales » prises en ce moment à Yaoundé et ses environs. En effet, la sécurité depuis quelques mois s’est renforcée autour de la capitale. Tous les véhicules entrant dans la ville sont fouillés, et les passagers suspects interpellés. L’adjudant Bilé affirme d’ailleurs qu’en deux mois, « une quinzaine de suspects étrangers ont été interpellés et orientés vers les services compétents ».

Ludovic AMARA (stagiaire)

© Ludovic AMARA | Le Messager

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