Cameroun - Mœurs: Un enseignant d’Université suspendu pour 4 ans pour harcèlement sexuel…

Njiale Pierre-Marie, maître de conférences, enseignant à la faculté des arts et lettres et sciences humaines (Falsh) de l’Université de Yaoundé I (UyI) et vacataire à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé (Ens) devra purger une suspension qui court jusqu’en 2018 pour harcèlement sexuel…

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Pendant quatre bonnes années académiques, Njiale Pierre-Marie, maître de conférences, enseignant à la Falsh de l’Uy I et vacataire à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé, ne va plus professer la science dans les amphithéâtres des Universités du Cameroun. Et pour cause, une sanction disciplinaire vient d’être prise à son encontre. Pas moins de quatre motifs constituent le socle d’une suspension qui fera date dans moult campus universitaires. «Harcèlement sexuel, moral, physique et psychologique des étudiants; manquement aux obligations professionnelles d’encadrement des étudiants; atteinte à la dignité et à la déontologie universitaires par monnayage des prestations académiques et violation grave des droits spécifiques des étudiants visés par le statut commun des étudiants des institutions universitaires publiques» dixit la décision du ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup).

C’est au cours du journal parlé de 17 heures de la Crtv, édition du mercredi 28 août 2013, que cette décision du Minesup, Pr Jacques Fame Ndongo, est tombée drue. Pourtant, selon les termes de la sanction disciplinaire infligée à l’encontre de Njiale Pierre-Marie, maître de conférences, publiée dans l’édition de Cameroon-tribune du jeudi 29 août 2013, la décision n°18130589/Minesup /Sg/Daj du chancelier des ordres académiques a été prise en date du 16 juillet 2013. Dans les détails, Jacques Fame Ndongo fait savoir que cette sanction prend effet à compter de l’année académique 2013/2014 et l’intéressé pourra reprendre le service à partir de 2017/2018. Le temps pour lui d’adopter un comportement respectueux de l’éthique et de la morale?

Alain NJIPOU

Focal: Coup d’épée dans l’eau ou coup de semonce?

Pour mémoire, l'affaire de harcèlement sexuel sus-évoquée secoue la communauté universitaire et les allées du régime depuis le 15 juin 2013. Quelques jours plus tard, une mesure conservatoire du recteur de l’Université de Yaoundé I suspendait le mis en cause dans l’attente du verdict de la commission de discipline. La note du recteur Maurice Aurélien Sosso indiquait en substance «Njiale Pierre-Marie, maître de conférences en service à la Faculté des arts, lettres et sciences humaines, est, à titre conservatoire, suspendu de toutes activités académiques au sein de l'université de Yaoundé I pour harcèlement sexuel présumé».

Exit la mesure conservatoire, place à la sanction. Le chancelier des ordres académiques a donc eu la main lourde, après avis motivé de la commission de discipline qui a du reste, exploité les documents sonores produits par la plaignante, (élève-conseillère d’orientation à l’Ens de Yaoundé) et procédé à une confrontation. L’infortuné enseignant dans sa plaidoirie, a crié à la manipulation et balayé, du revers de la main, les accusations formulées à son endroit. Cette histoire de mœurs à l’Université souligne à grands traits la pertinence du travail du Pr Jean-Emmanuel Pondi, lequel dénonçait dans l’une de ses productions littéraires, notamment dans l’ouvrage «Harcèlement sexuel et déontologie universitaire», les notes sexuellement transmissibles et autres droits de cuissage qui ont pignon sur rue dans nos Universités.

Ce coup de semonce du Minesup va-t-il dissuader d’autres amateurs des sensations fortes, pas à même de canaliser leur libido, qui professent pourtant le savoir et le savoir-être, embusqués dans les amphis et prêts à bondir sur les pauvres étudiantes, tels des chats échaudés ? Sera-ce un coup d’épée dans l’océan des mœurs débridées qui gangrènent la société des apprenants et des savants au Cameroun? A voir…

© Alain NJIPOU | Le Messager

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