Cameroun - Lycée d'Akwa : Toujours pas de nouvelles des deux élèves disparus

Plus d'un mois après, Jesus Slooy Essome et Ednar Sourain Tchindje, les deux élèves de 5ème M4 restent introuvables. Toujours pas de trace de Jesus Essome et Ednar Tchindje.

Jesus essome080414300

Jusqu'ici, les multiples recherches effectuées par les parents de ces derniers n'ont produit aucun résultat positif. Rencontré ce vendredi 4 avril 2014 devant le portail du lycée d'Akwa, Bernard Kontchou, le père du petit Ednar, ne laisse aucune peine transparaitre. Très calme, ce dernier fait savoir qu'il est venu récupérer le bulletin de notes de ses deux enfants. A la question de savoir ce qui pourrait être la cause de la disparation d'Ednar son fils, cet homme d'une quarantaine d'année, fait savoir qu'il n'en sait rien. «Je suis arrivé au Cameroun le samedi 8 mars dernier. Je n'ai remarqué aucun signe anormal sur le comportement de mon fils. Le lundi 10 mars je les ai conduits et à l'école sa petite sœur et lui.

Tout était normal. Le lendemain mardi, étant donné que j'étais fatigué, j'ai demandé qu'il empreinte un taxi pour se rendre à l'école. Mais, à ma grande surprise lorsque je viens à 15h les récupérer à la sortie des cours, je constate qu'il n'y a que ma fille qui est présente. Lorsque je lui demande où est passé son frère, elle me répond que le matin lorsqu'ils entraient dans l'établissement, ce dernier s'est arrêté pour lacer ses chaussures. Nous sommes rentrés à la maison et avons attendu jusqu'à 18h, il n'était toujours pas rentré. J'ai commencé à alerter les membres de la famille pour essayer de voir si quelqu'un l'aurait aperçu, mais rien. A 20h donc très inquiet, je suis allé signaler la disparition de mon fils à la police du 6ème arrondissement», raconte Bernard Kontchou.

D'après lui, c'est étant au poste de police du 6ème que l'une de ses filles l'appelle pour lui faire savoir qu'une lettre laissée par Ednar, a été retrouvée dans l'un des cahiers de la soeur cadette. Dans cette lettre adressée à son père, le garçon de 14 ans demande à son père de ne pas s'inquiéter pour lui. «Papa je suis désolé d'être parti si tôt mais si je suis parti, c'est parce que je ne voulais pas devenir un délinquant. C'est pourquoi j'ai préféré aller me chercher loin d'ici», peut-on lire dans les premières lignes de cette correspondance. Au lendemain de cette disparition, Bernard Kontchou dit s'être rendu au lycée d'Akwa où fréquentait Ednar, son fils. Ceci pour essayer d'obtenir les informations qui pourraient l'aider à retrouver. «Je suis arrivé dans son école et accompagné d'un responsable de cet établissement, j'ai interrogé ses camarades qui m'ont fait savoir qu'en effet, depuis que mon fils a connu un certains Essome, son camarade de banc, il avait complètement changé. Ils m'ont également dit que cet Essomé avait lui aussi disparu le même jour qu'Ednar.

Dès lors, j'ai demandé à avoir le numéro du père de l'élève Essome. Après les multiples tracasseries, j'ai fini par l'obtenir. Je l'ai appelé et lui ai expliqué le problème, et justement, lui aussi était à la recherche de son fils. C'est ainsi qu'ensemble nous avons entamé les recherches. Seulement, dernièrement, il a commencé à me jeter la faute de la disparition de nos garçons. Il dit que c'est moi qui aurait financé leur voyage», explique-t-il. En effet, Dieudonné Nguéa, le père de Jesus Slooy Essome, le deuxième disparu, dit avoir porter plainte contre Bernard Kontchou, le père d'Ednar Tchindje. D'après lui, le fils de ce dernier aurait servie de piège pour attirer le sien. «Je ne dis pas que mon fils est un enfant exemplaire, il a commencé une petite délinquance depuis l'âge de 8 ans. Mais depuis 2012 où il avait passé la nuit dehors et que je l'avais fait fouetter dans un commissariat, il avait rédigé et signé une lettre dans laquelle il avait promis de ne plus recommencer.

Depuis ce temps justement, il avait arrêté de faire ce genre de bêtise. Mais lorsque le 10 mars dernier je ne l'ai pas vu rentrer de classes, j'ai cru qu'il avait tout simplement repris ses anciennes habitudes. Le 13 mars, je suis allé signaler sa disparition au commissariat du 9ème arrondissement. En suite, ensemble avec monsieur Bernard Kontchou, nous avons fouillé tous les coins que mon fils fréquentait à l'époque pour voir si on pouvait avoir une piste, mais rien. Au lycée d'Akwa, certains de leurs camarades nous ont confié que Jésus mon fils et son camarade de banc, avait en projet, d'aller en aventure. Ceux-ci avaient prévu de passer par Yaoundé pour se rendre à N'Gaoundéré, avant de prendre la route pour le Maroc et en suite parvenir en Espagne. Nous sommes allés voir les responsables de Camrail pour les prévenir au cas où ils verraient les deux enfants. Ils nous ont demandé de leur laisser une photo de nos fils, j'ai donné la mienne mais monsieur Bernard Kontchou n'avait aucune photo de son fils...

Il m'a dit qu'il vit au Gabon depuis 30 ans... Ce qui est pertinent, c'est qu'il n'a aucune photo de son fils. Je pense que le fils de ce monsieur était un piège qui avait pour rôle, d'attirer mon fils avec leur argent. C'est pourquoi j'ai porté plainte pour séquestration et enlèvement…», explique tout énervé Dieudonné Nguéa. Cependant, Dilan Kuete un des amis de Jesus Slooy Essome, dit avoir aperçu ce dernier accompagné d'Ednar, entrain d'étudier une carte géographique des pays limitrophes du Cameroun. «Vendredi 7 mars à la veuille de leur disparition, j'ai aperçu Jesus et son ami Ednar. Ils étaient entrain de regarder une carte géographique. Lorsque je leur ai demandé de quoi il s'agissait, ils m'ont juste dire qu'ils vont faire quelque chose. Le même jour je suis allé à Akwa pour essayer de me renseigner auprès de ses autres amis mais tous m'ont dit qu'ils ne savent rien», déclare le jeune garçon.

© La Nouvelle Expression : Bravo Tchundju

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau