Cameroun - Licenciement: Le syndicat national des journalistes du Cameroun dénonce le licenciement abusif des journalistes à Canal 2 

Armelle Nga et Angela Forbin ont été expulsées de Canal 2 internationale la semaine dernière, pour faute lourde et insubordination.  Selon les sources internes de la chaîne de télévision basée à Douala, Armelle NGA paie le prix d’un reportage réalisé sur une activité du SETRA, un syndicat actif au port de Douala.

L’administration de Canal 2 a accusé la journaliste d’avoir tenté de maquiller une publicité sous le sceau de l’information. Pour Canal 2, ce syndicat devait tout simplement passer à la caisse avant que le papier ne soit diffusé. Pour Charles Forgang, Secrétaire national à la communication au Syndicat national des Journalistes au Cameroun (SNJC), Canal 2 International n’a pas respecté le code de travail et la Convention collective des journalistes qui prévoient une hiérarchie des sanctions avant tout licenciement du personnel. Le syndicaliste trouve que «ces licenciements sont abusifs». Il continue en disant que: «le SNJC rappelle à CANAL 2 et à tous les employeurs que la loi a prévu les circonstances et fixé les conditions de tout licenciement. Les droits des employés licenciés doivent être respectés et les indemnités payées».

Voici l’intégralité du communiqué:

Le Syndicat National des Journalistes du Cameroun dénonce le licenciement abusif des journalistes Armelle NGA et Angela FORBIN de la chaîne de télévision Canal 2 International. Les deux journalistes qui avaient reçu des demandes d’explication tout juste quelques heures auparavant, se sont vues signifier leur licenciement pour «faute lourde» pour la première citée et «insubordination» pour la seconde, le jour d’après. Le SNJC rappelle à Canal 2 International que le code de travail et la Convention collective des journalises et des métiers connexes ont prévu une hiérarchie des sanctions et le cadre dans lequel celles-ci doivent être prises. Au regard des raisons évoquées par Canal 2, ces licenciements sont abusifs. Armelle NGA paie le prix d’un reportage réalisé, pourtant avec la bénédiction de sa rédaction en chef sur une activité du SETRA, un syndicat actif au port de Douala.

L’administration de Canal 2 l’accuse alors d’avoir tenté de maquiller une publicité sous le sceau de l’information. Pour Canal 2, ce syndicat devait tout simplement passer à la caisse avant que le papier ne soit diffusé. Cette pratique est récurrente à Canal 2, qui a pris l’habitude de faire payer des éléments diffusés dans le journal au mépris du «droit du public à être informé» et des missions sociales dévolues à tout média. Les journalistes sont alors systématiquement pris au piège de cette pratique et doivent payer de leurs poches chaque fois qu’un reportage diffusé est considéré par le service commercial de cette chaîne, à tort ou à raison comme étant de la «publicité».

Le cas d’Angela FORBIN est d’autant plus pathétique que seule, la hiérarchie de Canal 2 peut apprécier l’acte posé par la journaliste et que cette chaîne qualifie d’«insubordination». Le SNJC rappelle à CANAL 2 et à tous les employeurs que la loi a prévu les circonstances et fixé les conditions de tout licenciement. Les droits des employés licenciés doivent être respectés et les indemnités payées. Notre Syndicat s’engage à accompagner les journalistes dans ce combat et se réserve de se constituer "partie civile" dans le procès qui pourrait suivre.

Charles Ngah Nforgang, Secrétaire National à la Communication et aux Alertes

© Peter KUM | Cameroon-Info.Net

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