Cameroun : Les coupeurs de route bastonnent la femme du Préfet du Mayo-Rey qui a en outre été délestée de la somme de 2 300 000 FCFA.

Madame Amougou, née Céline Thérèse Ebah, épouse du Préfet du Mayo-Rey, n'oubliera pas de si tôt la cinquantaine de minutes de calvaire passées en compagnie des coupeurs de route sur le tronçon Nguidjiba-Tcholliré.

En effet, le 23 mai 2013, la première Dame du Mayo Rey, en partance pour Ngaounderé à bord du véhicule de fonction de son Préfet de mari, est tombée dans un filet tendu par ces hors-la-loi entre Nguidjiba et Mboukma. Elle et son chauffeur, Souley Hamawa, vont être copieusement tabassés et dépouillés de leurs biens avant d'être libérés. Butin: 2 300 000 FCFA ainsi que des objets de valeur emportés chez ces premières victimes.

Les prochains clients des malfrats sont les occupants d'un car de transport en commun en provenance de Garoua. Les passagers sont dépouillés avant d'être allongés à même le sol. Vers 11 heures, le pick-up de la délégation départementale des Travaux publics de Mayo-Rey transportant l'Adjudant Lamé, en service à la compagnie de gendarmerie de Tcholliré, le greffier en chef Mohamadou et le chauffeur de la délégation départementale des Travaux publics, Hamadou Boulama, tombe à son tour dans le guet-apens. «Nous avons été surpris par le comportement de nos bourreaux.

Quand notre bus est arrivé, il n'y a pas eu de violence. Ils nous ont simplement fait sortir du Car et procédé à la fouille de nos bagages et poches. Mais quand le pick-up blanc à bord duquel était le Gendarme a fait son apparition, ils ont immédiatement ouvert le feu ne laissant aucune chance à l'Adjudant. Ce qui surprend, c’est qu'il n'était pas en treillis militaire. Comment l'ont-ils donc identifié? Tout porte donc à croire que les coupeurs de route avaient des indics au niveau du carrefour de Nguidjiba qui les informaient de tous les mouvements», témoigne Oussoumanou Daoud, passager du car. Les trois hommes rentraient d'une mission.

L'Adjudant s'en tire avec plusieurs balles dont une au thorax et l'autre au bras gauche. Une kalachnikov et deux chargeurs appartenant au Gendarme sont emportés. C'est sur ces entrefaites que les huit malfaiteurs vont se fondre dans la nature en tirant des coups de feu en l'air. «Après avoir ouvert le feu sur le pick-up de la délégation départementale des Travaux publics de Mayo-Rey et récupéré l'arme et les chargeurs du Gendarme, ils se sont retirés tout en nous intimant l'ordre de ne point nous relever. Nous sommes restés couchés face contre terre pendant plusieurs minutes avant de comprendre qu'ils n'étaient plus là», ajoute Oussoumanou Daoud.

Les blessés ont été transportés à l'hôpital de Tcholliré. L'Adjudant Lamé dans un état critique est évacué à Garoua le lendemain, 24 mai 2013. Il sera évacué le même jour à la garnison militaire de Yaoundé. «Son état est critique et il risque une amputation du bras, à en croire le médecin qui a signé l'ordre de son évacuation», déclare un Gendarme en service à la compagnie de la Gendarmerie de Tcholliré. Dans la nuit du 24 mai, c'est-à-dire au lendemain de leur opération entre Nguidjiba et Mboukma, les coupeurs ont encore fait parler d'eux à Mayo-Sala et à Djabi. Au terme de leur incursion dans ces villages, des concessions entières sont vidées.

A Djabi, un homme perd la vie (abattu par les coupeurs de routes?). «Ils dictent leurs lois partout où ils passent. Nous, paysans, sommes actuellement leurs principales cibles. Ils savent que la vente du coton vient d'avoir lieu. Ils possèdent des armes de plus en plus sophistiquées. Nous ne parvenons pas à prospérer car à chaque fois, ils nous dépouillent de nos biens et argent», s'indigne Mathieu Darba, cultivateur à Djabi. Des enquêtes ont été ouvertes dans les deux Brigades de gendarmerie de Tcholliré.

© L'Oeil du Sahel : DAVID MARTIN

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