Cameroun - Jeux de la Francophonie: Adoum Garoua redoute une (nouvelle) fugue des athlètes camerounais

Le Ministre de Sports et de l’Education physique (Minsep) qui a présidé la cérémonie officielle d'aurevoir à la Cameroon team samedi 23 août dernier au Palais des sports de Yaoundé, craint que l’expédition de Nice connaisse le même destin que celle des Jeux olympiques de Londres 2012.

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Cérémonie d’aurevoir sur fond d’appréhension ! Le ton est devenu moins solennel et plus implorant au moment d’aborder la rubrique qu’il a lui-même baptisée « quelques conseils aux athlètes ». Adoum Garoua a pratiquement tronqué son costume de patron des sports et membre du gouvernement à celui du chef de famille pour supplier les jeunes ambassadeurs du Cameroun aux Jeux de la Francophonie à revenir au bercail après la compétition qui se déroulera à Nice du 7 au 17 septembre prochain. Invitant ceux-ci à avoir pour unique leitmotiv, la défense des couleurs du drapeau national.

« Désormais, là où vous êtes, vous devez être en individuel comme en collectif, des ambassadeurs du Cameroun. Il faudra vous comporter comme tel. Cela suppose que votre première tâche est de défendre l'intérêt de votre pays, relever l'image de votre pays, avoir un comportement digne, qui honore le pays, qui rehausse l'image de votre pays, respecter le fair-play, respecter les règles du jeu, les décisions des arbitres ». Une passerelle pour évoquer et insister sur un épineux sujet qui fait régulièrement la réputation du Cameroun aux compétitions internationales: la fugue. Le patron des sports, suffisamment conscient de la mauvaise publicité et du tort que ce phénomène cause à l’image du pays, a donc craché le morceau en rappelant à ses interlocuteurs que « l'année dernière, aux Jeux olympiques de Londres, notre pays a été le point de mire, mais dans un autre sens.

Malgré les moyens mis, certains n'ont pas résisté à la tentation de fondre dans la nature ». Résultat : un bilan catastrophique de la Cameroon olympic team où sur neuf disciplines, le pays a enregistré zéro pointé au tableau des médailles si ce n’est la médaille en or des fugues. Avec en prime, huit athlètes sur 34 ayant déserté le village des jeux et le triste rang de 106e sur 204 comités olympiques représentés à ce rendez-vous mondial.

Adoum Garoua, pour tenter de dissuader la Francophonie team, a annoncé que pour cette nouvelle compétition, le Cameroun a mis les petits plats dans les grands. « Des efforts ont été faits pour que vous puissiez rentrer tous », annonce le Minsep avant de rappeler aux athlètes que « quand on est patriote et qu'on aime son pays, on se sacrifie. Vous êtes le porte flambeau de tout le pays. Tout le peuple camerounais est derrière vous, avec vous et vous regarde. Croyez en votre capacité et à votre pays et je vous assure que vous pourriez soulever des montagnes», conseille celui qui enseigne que « quand vous ne pensez qu'aux primes olympiques, c'est que vous n'êtes pas des athlètes de haut niveau ».

Porte-étendard

Un discours qui semble tomber dans des oreilles de sourds, au regard du tableau sombre que renvoie les conditions dans lesquelles évoluent nos valeureux athlètes. « Nous autres, nous ne fuyons pas, peut-être parce qu'on est en train de voyager tout le temps, et qu'on a d'autres choses à faire, mais je ne peux pas jeter la pierre à ceux qui fuient parce que ce n'est pas facile ici au pays », confesse Auréole Dongmo, la porte-étendard de la Cameroon team à ces jeux qui a juré au nom de ses compatriotes, de défendre valablement le vert-rouge-jaune à Nice.

Le Cameroun dont la délégation est constituée de 96 personnes, sera représenté à ces jeux dans six disciplines sur les huit retenues: le basketball féminin, la lutte (africaine et libre), le tennis de table, l'athlétisme, le football masculin, le judo. La première partie de la délégation (52 personnes) a quitté le pays hier dimanche 25 août, pour la seconde et dernière partie du stage interne essentiellement articulé autour des derniers réglages et l'acclimatation à Antibes, commune française située dans le département des Alpes-Maritimes non loin de Nice. Suivra la deuxième cuvée mercredi 28 août. On attend la moisson!

© Christian TCHAPMI | Le Messager

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