Cameroun : Jacques Fame Ndongo, le ministre de l’Enseignement supérieur est le nouveau garçon de courses de Madame Chantal Biya

La femme du président de la République qui envoie un ministre la représenter à une cérémonie ? De quoi interpeller les professeurs de droit public pour indiquer clairement dans quel type de régime politique nous évoluons.

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Même si le Pr Fame Ndongo se définit comme une « créature » de Paul Biya, la gestion de la république, exige qu’une différence étanche soit faite entre les affaires familiales et la chose publique. Un ministre de la république, « garçon de course » de l’épouse du président de la République et en plus aux frais du contribuable ? Cela relève de l’inédit, même dans une royauté.

En effet, l’affaire serait passée inaperçue sans grande conséquence si elle n’avait mérité tout un communiqué du cabinet civil de la présidence de la République, publié en bonne place dans les colonnes du quotidien gouvernemental à capitaux publics « Cameroon –Tribune » : « En qualité de représentant personnel de madame Chantal Biya, première dame du Cameroun, le Pr Fame Ndongo, ministre de l’Enseignement supérieur, présidera les manifestations marquant la 7e journée mondiale de sensibilisation à l’autisme qui se célébrera dans le cadre de la 8e édition des journées camerounaises de l’Autisme, le mercredi 02 avril 2014, au palais des Congrès de Yaoundé … ».

Cette situation remet au goût du jour le flou qu’on entretient savamment depuis un certain temps sur le statut de la première dame dans les institutions de notre pays. Pourtant, celle-ci n’est en réalité, que l’épouse du chef de l’Etat qui, sur le plan constitutionnel n’apparait nulle part dans la hiérarchie des institutions de la République. Curieusement, madame Chantal Biya apparaît solennellement dans les cérémonies officielles, comme la célébration du 20 mai, avec un protocole bien prévu à cet effet, et a une place de choix.

Dans les discours, certains, pourtant bien instruits et apparemment bien portants, n’hésitent pas à lui donner les honneurs de « son Excellence, madame la Présidente ». De là à croire qu’elle devrait être considérée comme étant la vice-présidente de la république du Cameroun, il n’y a qu’un petit pas que certains ont allégrement franchi. Que vont pensez les nombreux étudiants du professeur Jacques Fame Ndongo donnant de lui l’image d’un individu corvéable à merci, par une dame sans fonction officielle et sans titre ?

© Source : Ouest Littoral

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