Cameroun - Interdiction des églises à Yaoundé: L’Eglise de Tsala Essomba épargnée

Contre vents et marées, «le Ministère Va et Raconte» résiste. Vendredi 2 août 2013, plusieurs associations religieuses qu'on appelle ici, «églises de réveil», ont été fermées à Yaoundé.

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Le ministère Va et Raconte du Pasteur Tsala Essomba a été épargné même s'il ne figure pas parmi les 48 églises autorisées au Cameroun. Comme tous les dimanches, le culte s'est tenu dans les locaux de l'église au quartier Mvan. Il est 14h passées ce dimanche 4 août 2013. Le culte vient de s'achever. Par plusieurs vagues, des fidèles quittent le lieu du culte. D'autres par contre ne semblent pas prêts à partir de sitôt. C'est l'occasion pour certains de se retrouver dans des groupes religieux de l'église.

Au loin, on entend une dame qui tient en haleine plusieurs femmes. Sur un ton impératif, elle les entretient sur la place de la femme dans l'église. Un discours entrecoupé par des «Alleluia» des autres. Ici, le vent sec qui vient de frapper certaines églises de réveil semble lointain. La nouvelle est d'ailleurs balayée du revers de la main par un fidèle. «Oui, c'est chez Dieunedort Kamdem là-bas. Je ne connais pas encore les raisons». Concernant sa propre communauté religieuse, l'homme déclare qu'il ne craint rien. «Est-ce qu'on peut fermer Dieu», s'indigne-t-il. «Ici, c'est Dieu qui agit. Beaucoup ont tenté de fermer le ministère, aujourd'hui, ils sont en prison. Je parle de l'ancien Ministre Marafa», ajoute-t-il, sur un ton narquois.

Le Pasteur Tsala Essomba est en déplacement, fait savoir le chef de la sécurité de l'église. Qu'à cela ne tienne, huit pasteurs sont en permanence au ministère Va et Raconte, pour suppléer le «papa Tsala». Le pasteur Joli, un Togolais, assure que «le ministère Va et Raconte ne peut être fermé». Le pasteur Mballa est plus prudent et même distant: «Je n'aime pas répondre à ce genre de questions au pif. Ce sont des questions hautement politico-religieuses sur lesquelles on ne s'aventure pas n'importe comment». Qu'importe, le «Temple des Nations», comme cela est marqué sur la stèle érigée à l'entrée de l'église, ne désemplit pas.

© Chrys Bissoué | Le Jour

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