Cameroun - Insécurité: Le récit de l'agression du Nigeria contre le Cameroun

Dans la journée de mercredi, la localité de Banki, dans l'Extrême-Nord a essuyé les premiers tirs des avions nigérians. Trois bombes sont tombées autour du poste des douanes camerounais.

Deux véhicules ont été détruits. Les forces armées nigérianes poursuivaient des militants de la secte Boko Haram qui ont perpétré des attentats au Nigeria. Dans cette chasse à l'homme, des militaires et civils camerounais se sont retrouvés au milieu des affrontements. Bilan côté camerounais: un mort et cinq civils gravement blessés. Le même jour, les Alpha Jet nigérians basés à Banki se sont mis à tirer sur les positions de la secte côté nigérian. D'après nos sources, «tout a commencé mardi dernier. Une voiture piégée a explosé dans un centre commercial animé de Maiduguri, la capitale de l'Etat de Borno qui est le berceau de Boko Haram.

Au moins 43 personnes ont été tuées» L'armée nigériane a directement commencé à frapper les bases des activistes de Boko Haram. Nombre d'entre eux prennent la direction du Cameroun. Face à la pression de l'armée nigériane, les membres de la secte ont entrepris de quitter leur pays pour Banki. Ils sont entrés sur le sol camerounais, armés de Kalachnikovs et de jeeps équipées de mitrailleuse. C'est à ce moment que les militaires nigérians décident de les poursuivre jusqu'en territoire camerounais. Pourtant, les forces de l'ordre camerounaises n'étaient pas restées indifférentes face à cette situation qui se déroulait de l'autre côté de la frontière.

Dès mardi, des dispositions ont été prises pour filtrer l'entrée des populations. Malgré cela, le 31e bataillon d'infanterie motorisé, les éléments du Bir, la police et la gendarmerie ont procédé à près de 200 interpellations. Les personnes arrêtées sont actuellement en cours d'exploitation. Cette situation remet en avant, l'accord de coopération en matière de défense réclamé par le "Nigeria, qui n'a pas été validé par le Cameroun. Cet accord qui porte sur la sécurisation commune de l'ensemble de la frontière Cameroun-Nigeria (1700km), devrait consacrer le «droit de pour¬suite» qui stipule qu'un pays peut poursuivre des «bandits» même sur le territoire de son voisin.

C'est l'absence d'un tel accord qui empêche le Bataillon d'intervention rapide (Bir) de poursuivre les pirates en territoire nigérian. Les responsables nigérians se plaignent que les forces de sécurité camerounaises ne font pas assez pour arrêter les insurgés qui utilisent le Cameroun comme un refuge, pour lancer des attaques au Nigeria. Nous avons par ailleurs appris qu'hier en fin de matinée, le Président du Nigeria, Goodluck Jonathan, a remanié le haut commandement militaire.

© BORIS BERTOLT | Mutations

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