Cameroun - Gouvernement: Biya refuse les congés à ses ministres et se retire à Mvomeka'a

Les membres du gouvernement et assimilés attendent toujours que le bal des départs en congé soit rendu public. Mais à ce jour, le chef de l'État maintient le suspense.

Paul

Psychose: Où sont les congés des ministres?

Les membres du gouvernement et assimilés attendent toujours que le bal des départs en congé soit rendu public. Mais à ce jour, le chef de l'État maintient le suspense. Les membres du gouvernement sont sur les dents depuis des semaines. Traditionnellement, à cette période de l'année, le calendrier des départs en congés est officiel, en même temps que la désignation des intérimaires pour chaque poste. Mais, contre toute attente, cette année, les choses semblent se dérouler autrement. «Je suis fatigué; nous avons déjà beaucoup travaillé. Nous avons envoyé à la Primature toutes les informations nécessaires pour les dates et les lieux de congé ainsi que les intérimaires mais nous ne savons pas ce qui se passe exactement avec cette affaire», se lamente un ministre.

En fait, le gouvernement dans son ensemble a, il y a longtemps, transmis les informations sur les départs en congé à la primature. Celle-ci, à son tour, a fait déposer les documents à la Présidence de la République qui comme on le sait, ne traite pas des questions d'urgence. Du coup, le fait que le chef de l'Etat dont la réponse est attendue à ce sujet s'est retiré samedi dernier dans son village à Mvomeka'a, a décuplé les peurs des uns et des autres, et alourdi l'atmosphère de méfiance dans laquelle travaille le gouvernement depuis la fameuse sortie du président de la République le 31 décembre 2013. En fait, une conjonction de facteurs impose cette fin de non-recevoir qu'oppose le chef de l'Etat à ses collaborateurs. Il y a le discours du 31 décembre au cours duquel il avait fustigé l'égoïsme de son gouvernement, sa puissance inertielle et sa propension à la sous-consommation des budgets.

Pour certains, il s'agit de punir les paresseux, de soumettre les récalcitrants et de dresser les poissons secs. Bref, c'est une remise au travail forcée que les ministres subissent à leur corps défendant. L'autre hypothèse et la plus plausible qui semble accueillir l'assentiment de certains cercles fermés, c'est cette sortie il y a une semaine du ministre d'Etat, Laurent Esso, ministre de la Justice, garde des Sceaux. Prenant la parole lors de la communication gouvernementale, l'homme qu'on dit froid et très peu bavard, a indiqué que l'opération «Epervier» va se poursuivre et que de nombreux dossiers sont en suspens à la justice et n'attendent que le feu vert de la chancellerie pour le lancement des poursuites contre les prévaricateurs. Dans cette optique, il se dit également dans les milieux du pouvoir que certains membres du gouvernement en fonction pourraient faire l'objet d'interpellation dans le cadre du kick-off d'une nouvelle phase de cette opération d'assainissement des mœurs publiques.

C'est pourquoi, selon des sources proches du pouvoir, «le chef de l'Etat qui est actuellement sur un important projet de remaniement ministériel, craignant que ceux qui sont concernés par cette vague ne prennent la fuite définitivement après leur départ en congé, retardent cette échéance et les maintient au travail». D'autres soulignent que le chef de l'État est soucieux de donner le change aux-Américains avant la tenue du sommet Etats-Unis-Afrique sur l'énergie qu'organise le président Barack Obama en août prochain. Mais, toujours est-il que l'odeur d'un remaniement continue d'enfumer les cabinets de certains ministres frileux et dont la conscience est plus que jamais perturbée par la tournure que prennent les évènements.

© René Atangana | La Météo

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