Cameroun : Franck Emmanuel Biya, fils d'influence

Régulièrement présenté comme un successeur possible de son président de père, Franck Biya cultive la discrétion. Mais il est loin d'être inactif dans le monde des affaires.Franck biya 3

Douala, le 14 novembre. Le président camerounais, Paul Biya, lance en grande pompe la construction d'un pont. Mais de la cérémonie, les médias ne retiendront que l'arrivée tardive de Franck Emmanuel Biya - après le président du Sénat et juste avant son père, bouleversant ainsi les sacro-saintes règles du protocole - ainsi que l'extrême déférence des ministres venus le saluer. "Ce n'était qu'une maladresse", dédramatise l'entourage de "Franck". Il n'empêche : le fait, rarissime, a relancé les conjectures qui prêtent au père le projet de préparer son fils pour lui succéder. A priori, l'idée paraît saugrenue, d'autant qu'à ce jour peu d'indices l'accréditent.

Franck Biya ne semble intéressé ni par la politique ni par les affaires publiques. Son nom n'apparaît nulle part dans l'organigramme officiel de la présidence. Il ne s'est jamais présenté à une élection, fuit les journalistes et n'a jamais donné d'interview. Peu de personnes le connaissent vraiment, d'autant qu'il a conservé le même entourage depuis ses années de lycée, passées dans des établissements catholiques de Yaoundé. Beaucoup moins encore savent la vérité sur les circonstances qui le poussèrent, dans les années 1990, à interrompre ses études universitaires aux États-Unis pour se lancer dans l'exploitation forestière au Cameroun.

Pressenti au gouvernement

Depuis, il a élargi son champ d'activité. Meilleur intermédiaire pour obtenir l'imprimatur présidentiel, il a une influence considérable. On le retrouve donc au coeur de projets impliquant des investisseurs désireux de s'implanter au Cameroun dans le secteur minier, le transport aérien, l'énergie et les télécommunications, mais aussi dans une affaire d'achat d'obligations du Trésor sur laquelle planent des soupçons (jamais confirmés) de délit d'initié. Le jeune homme aurait, depuis, décliné une nomination à la direction du cabinet civil de son père tout en restant, malgré tout, régulièrement pressenti au gouvernement.

© jeuneafrique.com : Georges Dougueli

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