Cameroun - Fête du 20 mai : 13 000 individus mangent à près de 4 milliards de Fcfa

Cameroun - Fête du 20 mai : 13 000 individus mangent à près de 4 milliards de Fcfa Repas, boissons, décorations florales, cartons d’invitations…, constituent une partie des postes de dépense de la soirée de gala de lundi dernier au palais de l’Unité.

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Lundi dernier, l’image des personnalités, amassées derrière les barricades dans l’une des cours du palais de l’Unité, n’est pas passée inaperçue. Les invités du chef de l’Etat, d’habitude peu nombreux, ont vu leur nombre s’accroître d’année en année. Passés de 2500 il y a quelques années encore, ceux de la garden-party de lundi dernier étaient au nombre de 13 000 selon les chiffres officiels. Une situation qui explose évidemment le budget des frais de mise en bouche de cette soirée de gala qui, de plus en plus, selon les spécialistes et habitués de l’évènement, deviennent élevés.

En se livrant à une estimation que les spécialistes en hôtellerie et autres restaurateurs souvent sollicités pour des prestations dans ce haut lieu du pouvoir trouvent minorée, l’on se rend compte que les dépenses engagées cette année donnent le vertige. Ainsi, les 13 000 invités de Paul et Chantal Biya ont consommé en termes de boissons, environs 3300 bouteilles de vin, pareil pour le champagne et les liqueurs. Pour ce qui concerne les boissons locales comme la bière à pression et les boissons gazeuses, l’on devrait tourner autour de 150 000 bouteilles si l’on prend deux bouteilles de jus par invité.

Un chiffre à minima selon un hôtelier souvent convié pour des prestations à la réception du palais de l’Unité le 20 mai. «Il faut savoir que dans ce lieu, on fait les choses pour qu’elles ne manquent pas, même s’il est difficile de discipliner les appétits des uns et des autres qui se jettent littéralement sur les buffets dès qu’on les ouvre. Mais, il faut aller chercher dans les 200 ou 300 mille bouteilles en général pour cette rubrique», souligne-t-il. Pour ce qui est de la facture, avec l’hypothèse d’un couvert à 10 000 Fcfa suivant un plancher établi sur la base des prix pratiqués pour les cocktails dinatoires comme celui de lundi dernier, l’on se retrouve avec une note d’environ 1,3 milliard de Fcfa pour les 13 000 invités. Pour les 3300 bouteilles de vin, si l’on prend la bouteille à 10 000 Fcfa, prix du marché, on est à 33 millions de Fcfa.

Un prix qui explose avec le champagne pour plafonner à plus de 82 millions de Fcfa. Pour les liqueurs, les spécialistes indiquent que le prix va chercher au-delà de 20 000 Fcfa la bouteille. «La réception du palais de l’Unité lors des fêtes nationales est un évènement qui coûte cher à l’Etat. Pour ce qui concerne le prix du repas, on est en moyenne à 15 000 Fcfa par personne sans compter que les vins, les champagnes et les liqueurs sont importés d’Europe et coûtent au moins 20 000 Fcfa la bouteille pour les vins et les liqueurs. Le champagne étant plus cher tout le reste», explique l’hôtelier. Avec cette nouvelle estimation de spécialiste, la facture du repas uniquement s’établit à plus de 2,1 milliards de Fcfa. Les boissons gazeuses, les bières, les vins, liqueurs et champagnes peuvent eux aussi plafonner à plus d’un milliard de Fcfa.

Avec la décoration florale, les cartons d’invitation, et les tentes, l’on se retrouve à près de 400 millions de Fcfa, en prenant l’hypothèse d’un carton d’invitation à 2000Fcfa. Au total, on aura mis près de 4 milliards de Fcfa pour deux heures à peine de beuverie, offerte à 13 000 individus. Si l’on ajoute la surfacturation et le coût du ravalement de la tribune du 20 mai, l’on se retrouve avec des sommes astronomiques qui auraient pu servir à payer des fournisseurs, approvisionner en ressources financières un projet à l’arrêt, ou encore lancer la construction d’une infrastructure sociale. Au moment où dans la plupart des pays du monde, la conjoncture économique se conjugue au temps de l’austérité, pour certains, et au resserrement des lignes budgétaires pour d’autres, l’Etat qui est engagé dans un vaste programme de mobilisation des fonds cette année sur les marchés financiers, choisit la fête. Pour cette année par exemple, la France s’est bien gardée de faire la fête pour le 14 juillet. Conjoncture défavorable oblige

© Mutations : Pierre Célestin Atangana

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