Cameroun - Enlèvement des religieux : Un mois après, le « faux Boko Haram » pris dans son propre piège ?

C’est dans la nuit du 04 au 05 avril 2014 que deux prêtres italiens et une religieuse québécoise ont été enlevés par des inconnus à Maroua, chef-lieu de la région de l’extrême-nord du Cameroun.

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Dès que la nouvelle a été connue, les autorités camerounaises en charge des questions sécuritaires se sont mobilisées, pour apporter une réponse à un acte d’enlèvement qui s’est déroulé pendant l’absence de M. Paul Biya, le chef de l’Etat camerounais. Près d’un mois après l’enlèvement des religieux, il n’y a toujours pas eu de revendication officielle, venant de la secte islamique Boko Haram. Ce qui n’est pas dans les habitudes de la secte islamique. Le groupe radical Boko Haram a toujours fait des revendications par vidéo, comme preuve de leurs agissements spectaculaires.

A titre d’exemple, le 21 avril 2014, le chef de Boko Haram Abubakar Shekau, avait revendiqué l’enlèvement des 187 écolières kidnappées par le groupe extrémiste, qui avait perpétré le même jour un attentat très sanglant dans à Abuja. En 2013, le groupe islamique dont le nom signifie « l’éducation occidentale est un péché » avait revendiqué l’enlèvement du prêtre français Georges Vandenbeusch. Le 25 février 2013, par une vidéo postée sur Youtube, la secte islamiste revendiquait l’enlèvement de la famille fournier, survenue le 19 février.

Vrai-faux Boko Haram

Le bihebdomadaire « Aurore plus », sous la plume de Michel Michaut Moussala, titrait « Kidnapping des religieux dans l’Extrême-Nord : Les commanditaires se retrouvent dans l’entourage du chef de l’Etat », l’auteur citait quelques personnalités proches du pouvoir comme responsables de l’enlèvement des religieux occidentaux. Selon le directeur de publication de cet organe de presse, « en juger par l’activisme des uns et des autres dans le sillage des négociations, on en vient à croire que chaque maillon de la chaine doit y trouver inéluctablement son compte, notamment ceux des dignitaires les plus en vue et impliqués de près ou de loin dans la mise en branle des négociations.

Ainsi en est-il certainement du Mindef généralement commis pour mettre en éveil les troupes d’élite, mais aussi pour convoyer les fonds dégagés pour désintéresser les ravisseurs et surtout des élites déjà impliquées dans la gestion des ex-coupeurs de route : Amadou Ali et Cavaye Yeguié Djibril, pour ne citer que ceux-là ». Le journal « Le Jour » nous révèlera plus tard que M. Paul Biya, le chef de l’Etat camerounais, tirant des leçons des précédents enlèvements, a interdit tout contact avec Boko Haram.

Le retour du chef de l’Etat camerounais, va permettre aux analystes de voir plus clair sur la stratégie mise en place par le chef de l’exécutif camerounais déterminé plus que par le passé à redorer l’image du Cameroun, dans un contexte où, les chancelleries occidentales, conseillent à leurs ressortissants de ne plus fréquenter l’extrême-nord du Cameroun, pour des raisons sécuritaires.

© Camer.be : Armand Ougock

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