CAMEROUN,DOUALA: UN ÉLÈVE MISE SA TENUE DE CLASSE AU «JAMBO ».

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Jacques M. est élève en classe de première A4 espagnol au lycée bilingue de Deido. Comme tous les jours après les cours, jacques et ses camarades livrent une partie de cartes dans un coin isolé de l’établissement.

En ce mercredi 20 février 2013, Jacques et ses camarades n’ont pas dérogé à la règle. Ils se sont livrés au traditionnel jeu de cartes dès 13h. Les mises se font généralement en argent. Il s’agit des mises de 25F, 50F, ou de 100F. Ces élèves accros de jeu de hasard sacrifient certainement leur argent de beignets pour le fructifier de par ce jeu. La règle veut que sur l’ensemble des sommes misées que la mise totale revienne à celui qui selon leur critère remporte le jeu. Le jeu de ce mercredi se déroulait comme d’habitude jusqu’à ce que l’un des participants le nommé Jacques M se trouvent complètement vidé de ses sous et doit logiquement devenir spectateur puisque n’ayant plus d’argent pour participer au jeu.

C’est alors que contre toute attente, Jacques M. fait à ses compagnons de jeu une proposition surprenante. Il leur propose en effet d’accepter en lieu et place de l’argent son uniforme de classe. Ceux-ci se sont étonnés de cette proposition inhabituelle, mais au vue de l’insistance de ce dernier, ils ont finalement accepté d’admettre cette mise particulière notamment sa chemisette veste en lui accordant la valeur de 1000F. Jacques est donc réintégré dans le jeu avec l’espoir de récupérer non seulement sa tenue de classe mais aussi une partie de l’argent qu’il avait perdue jusqu’ici.

Malheureusement, les choses n’ont pas suivi la direction des souhaits. Elles tourneront plutôt du côté de la grande déception puisque Jacques M. verra sa chemisette veste emportée et malgré de nombreuses supplications à l’endroit du désormais propriétaire, celui-ci lui a demandé de la récupérer en échange de l’argent. C’est donc avec le cœur brisé que l’infortuné joueur rentrera à la maison sans sa chemisette veste heureusement pour lui qu’il avait un T-shirt qui lui a évité de rentrer torse nu à la maison. Curieux dénouement d’un jeu auquel se livrent les élèves en plein établissement, mais à l’insu et dans l’ignorance des responsables de l’établissement.

Un sport favori des filles et les garçons de nos Etablissements scolaires

Ces jeux de hasard auxquels se livrent les élèves sont devenus légion. Dans beaucoup d’établissements scolaires, il est signalé de tels jeux avec la participation parfois de filles. Un autre fait tout à fait curieux a laissé en émoi les habitants du quartier Deido. Il concernait des élèves du collège IESB qui sont arrivés en retard au cours et qui au lieu de rentrer dans leurs domiciles respectifs, ont plutôt préféré se joindre aux fumeurs de chanvres qui séjournent à longueur de journée au cimetière de Deido. Ces derniers ont accueilli leurs visiteurs en leur offrant «l’herbe du bonheur et de la chance» pour reprendre leur propre appellation. Trois filles faisaient partis de la bande. A la surprise des passants, ces élèves après consommation de « l’herbe » se sont livrés en une séance d’ébats sexuels en plein air. Les passants n’avaient plus que leurs yeux pour constater ce spectacle curieux et abominable surtout que certains reconnaissaient parmi les tourtereaux, les enfants du coin. Malgré les récriminations de ces derniers, les jeunes élèves se sont montrés imperturbables dans leur idylle, jusqu’à ce que certains courageux décident de les rattraper.

Et quand la drogue s’y mêle

Cela devrait certainement rappeler aux populations de Douala, l’existence dans un lycée de la ville de Douala d’un groupe d’élèves qui se faisait appeler les « Irakiens » et qui semaient la terreur dans cet établissement par les agressions des camarades à la sortie des cours, les bagarres et mêmes des enlèvements des camarades filles. Il a fallu l’intervention musclée de l’actuel proviseur de ce lycée pour faire disparaitre de tels actes. L’actuel proviseur du lycée Joss à Douala dénonçait au cours de l’année scolaire 2011-2012, la découverte d’un groupe d’élèves de son établissement constitué de filles et de garçons qui consommaient de la drogue sous plusieurs formes. Il précisait à l’époque que ces élèves interrogés, ont avoué qu’ils prenaient ces différentes drogues comme stimulus sexuel. De même, le terrain de jeu de l’école publique de Deido sert de lieu de rencontre et de consommation de la drogue de jour comme de nuit aux « jamaïcains » au vu et su de tous y compris les éléments du commissariat 9è qui se situe juste presqu’en face de ce lieu.

Malheureusement, les élèves de cette école, ainsi que ceux du lycée bilingue de Deido voisin, sont condamnés à inhaler l’odeur nocive de la drogue et qui fait d’eux, des consommateurs passifs. Une situation qui ne va pas sans conséquence sur les possibilités d’attrait ou de recrutement des futurs héroïnomanes. Dès lors que cette situation bien connue de tous, reste impunie et donc implicitement encouragée. Bien d’évènements qui démontrent à souhait que la dépravation des mœurs des élèves prend des proportions inquiétantes sous le regard laxiste ou attentiste des pouvoirs publics. Alerte donc à qui de droit, afin que des mesures fortes soient prises pendant qu’il est encore temps.

© Camer.be : Ebang’a Mulangwedi

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