Cameroun - Douala 5è : 260 millions de F Cfa englués dans les marchés fictifs

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C'est le montant des décaissements indus opérés dans ladite commune urbaine d'arrondissement durant la période allant d'avril à décembre 2010.

Pour ce faire, l'exécutif communal n'a pas hésité de valider quelques 56 bons de commande à la faveur de 45 prestataires se recrutant essentiellement dans l'entourage de Dame Françoise Foning, à en croire des sources plutôt bien introduites dans cette commune d'arrondissement. A la vérité, c'est davantage le mode opératoire commandant la mise en branle des différents marchés inhérents aux décaissements indus que nous décrions ici. ce d'autant plus que la technique induit une nette volonté des commettant de ceux-ci à prémunir les bénéficiaires d'un assujettissement aux dispositions réglementaires régissant les marchés publics. en effet, la totalité des marchés décriés ici, obéissent à la fameuse partition des 4,9 millions de f cfa, afin de concéder à l'exécutif communal d'opérer en toute liberté et de sceller des marchés de gré à gré. marchés qui bien évidemment obéissent au travers de critères flous, comme l'atteste par ailleurs l'amalgame entretenu à dessein par l'exécutif communal pour brouiller les pistes, si d'aventure quelque mission de contrôle y opérait une descente.

si le même exécutif communal croyait avoir pris des précautions dans ce sens, il aura malheureusement été desservi par la régularité des paiements accordés à ces prestataires d'un genre singulier, tant il est vrai que le gros de la troupe n'aura en fait réalisé aucune prestation l'autorisant à émerger dans le budget de cette commune d'arrondissement. Aussi en vient-on aisément à penser qu'en fait, il se sera agi d'un savant sauf-conduit pour alimenter autour de l'exécutif communal, un clientélisme aux relents de matérialisation de la sollicitude de Dame françoise foning, dont les nombreuses casquettes charrient en fait une rapacité financière qui la pousse à opérer des ponctions indues sur le budget communal. et ce n'est pas faute d'avoir dénoncé cette propension récurrente de Dame françoise foning, tant il est vrai que l'une de nos précédentes éditions dénonçait déjà les marchés fictifs qu'elle alimente à la mairie de Douala 5e.

Mais pour avoir focalisé jusqu'alors ces marchés fictifs à ses seuls proches parents, elle a tôt fait de changer de fusil d'épaule en diversifiant quelque peu les bénéficiaires de ses largesses indues, quand bien même cette autre option n'altère en rien les récriminations qu'on pourrait valablement lui faire dans le cas d'espèce. en effet, en lieu et place d'un cercle restreint de bénéficiaires elle a opté pour la multiplication de prestataires de tous bords, entretenant ainsi un amalgame indescriptible sur la nature même des relations liant ces prestataires à la mairie de Douala 5e. savant paravent qui cependant n'aura pas échappé aux fins limiers que nous sommes, eu égard aux irrégularités criardes entourant ceux des marchés que nous avons pu extraire de l'ensemble de ceux réalisés par cette commune durant la période évoquée supra.

si dans ce registre, son principal homme lige reste présent au travers de quatre marchés pour lesquels il aura grassement été payé sous le couvert des établissements samb's entreprise à hauteur de 19 842 859 (dix neuf millions huit cent quarante deux mille huit cent cinquante neuf) f cfa, il est cette fois-ci talonné de près par un certain nsah Victor qui ne s'est guère offusqué d'associer son nom propre aux établissements ayant servi de paravent pour faire décaisser à la mairie de Douala 5e, la rondelette somme de 14 787 429 (quatorze millions sept cent quatre vingt sept mille quatre cent vingt neuf) f cfa.

Clientélisme

Analyse faite, la flopée de prestataires de la mairie de Douala 5e se veut plutôt un ramassis de relais souvent utilisés par Dame foning françoise pour mettre en oeuvre ses différentes campagnes, aussi bien dans le cadre des activités du parti au pouvoir qu'en ce qui concerne le mouvement des femmes d'affaires. Dès lors, on en vient à penser que ne disposant pas nécessairement de fonds propres, elle ait trouvé en le budget de la commune urbaine d'arrondissement de Douala 5e, une véritable manne financière. sinon, comment penser que faisant fi de la lutte ardue contre les détournements de deniers publics qu'induisent les marchés fictifs de fait que constituent les décaissements de fonds indus opérés durant la période susmentionnée, elle continue à peaufiner cette pratique répréhensible en s'entourant à l'occasion de nombreux prête-noms et autres entreprises toutes aussi fictives ? certes, cela lui aura permis de ponctionner près de 260 millions en huit mois durant l'exercice budgétaire 2010, mais pense-t-elle être absolument immunisée contre une éventuelle enquête préalable pour détournements de deniers publics ? Des questionnements qui viennent quelque peu remettre au goût du jour la perpétuation de l'impunité, quand bien même le chef de l'état ait promis de sévir avec plus de sévérité en en concédant plus le moindre répit à ses affidés et tous ceux qui pourraient être considérés comme tels.

pourtant, les dénonciations multiformes assorties de preuves probantes contre dame foning françoise ne semblent pas toujours revêtir quelque pertinence à même de susciter le courroux du chef de l'etat, preuve que l'égérie du parti qu'elle est peut à loisir entretenir le clientélisme, quitte à ponctionner à l'occasion le budget de la commune urbaine d'arrondissement de Douala 5e. sur un tout autre plan, la récurrence des marchés fictifs pourrait s'entendre comme la concession faite à cette dernière pour disposer de quelques fonds pour financer ses actions en faveur du parti. mais comme par ailleurs le dicton populaire nous apprend que la chèvre broute où elle est attachée, elle ne se gêne guère d'en faire son mode opératoire par excellence, se sachant de fait protégée par la hiérarchie, entendue dans le cas d'espèce comme le sommet de l'etat. si d'aventure cela était effectif, alors on comprend aisément pourquoi de tout temps ni les crimes économiques qu'on imputable à dame françoise foning et encore moins les détournements de deniers publics qu'on pourrait lui imputer sont littéralement balayées du revers de la main. toutefois, on est obligé de se demander combien de fait durera son impunité ? car, autant on peut valablement penser que la situation de paupérisation ambiante peut justifier des "encouragements", autant on comprend mal que ces "encouragements" se veulent essentiellement discriminatoires et plutôt subjectifs, eu égard à l'absence de critères probants pour déterminer les bénéficiaires desdits encouragements.

A preuve, des 45 prestataires "encouragés" de fait par dame françoise foning, tous n'auront pas été logés à la même enseigne, peut-être en raison du pouvoir discrétionnaire que lui confère le statut de présidente de l'exécutif budgétaire. et se fondant sur une telle stratification, elle peut à loisir déterminer l'enveloppe budgétaire à allouer gracieusement aux prestataires de la commune urbaine d'arrondissement de Douala 5e. comme quoi, le clientélisme sous jacent à la dilapidation et pire à la distraction des fonds à ladite commune d'arrondissement s'accommode bien de discrimination.

Amalgame

Dans la foulée, on comprend plus aisément pourquoi la gestion des marchés dans ladite commune urbaine d'arrondissement s'accommode volontiers d'amalgame. il s'agit en fait d'un savant stratagème pour brouiller davantage les pistes. car, entre entreprises de bâtiments et travaux publics (les plus nombreux dans le lot des 45 prestataires), les entreprises de presse, les services traiteurs et d'autres encore, on comprend mal que leurs factures se retrouvent très souvent avec les mêmes montants sur une période donnée. Ainsi par exemple durant le mois de septembre 2010, le gros des factures fictives relevées aura été payé 4 770 000 f cfa, comme ce fut notamment le cas les 06, 08, 14 et 21 dudit mois respectivement pour les entreprises ets roland Dima, ets bmA supply, cendra services ou encore pour les ets l & J alors que lesdites entreprises n'ont ni le même objet social et encore moins réalisé les mêmes prestations.

sauf de nous faire croire dès lors qu'on aura prédifini les montants à verser à ces prestataires sur quelque période, on comprend plus aisément pourquoi cet amalgame. il s'git de disposer de quelque sauf-conduit le moment venu pour espérer bénéficier de quelque circonstance atténuante, même si de toute évidence les agissements répréhensibles de dame françoise foning onstituent davantage des faits aggravants, fort de la récidive qui est la leur. Dans une telle optique, il devient certes difficile de mieux appréhender les protections dont elle semble jusqu'ici bénéficier, même si on peut valablement imaginer d'où elles viennent.

Dès lors, nos suppositions tenant de ce qu'elle bénéficierait en fait d'une savante "subvention" pour financer le clientélisme institutionnel. Au total, Douala 5e restera la mamelle nourricière de dame françoise foning, sauf pour le gouvernement d'y instruire un audit qui, nous en avons la certitude, mettra en exergue tous ces crimes économiques, notamment ceux que nous n'avons de cesse de dénoncer : la pratique récurrente des marchés fictifs pourtant décriés et combattus par le même gouvernement. sauf pour nous de penser que la lutte contre la corruption et partant, l'enrichissement illicite s'opère différemment selon qu'on est l'égérie du parti au pouvoir ou non.

© L'Equation : Jean Junior Okalla

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