CAMEROUN : DEUX EUROPÉENS SOUPÇONNÉS DU MEURTRE D’UN CAMEROUNAIS

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Employé comme cuisinier à l’hôtel Somatel de Douala et rappeur à ses heures perdues, Christian Ngah Binéli est décédé dans la nuit du 1er au 2 février 2013 dans les conditions troublantes, alors qu’il était en compagnie de deux Français dont les relations sont très douteuses.

La rue de la joie de Bali retrouve peu à peu son ambiance d’antan, du moins, celle qu’elle avait avant son interdiction à la suite du décès d’un des célèbres tenanciers de bar de ce lieu de rendez-vous des couches tard, alors qu’il allait séparer une bagarre. Depuis sa réouverture, les échoppes ouvrent les unes les autres avec à chaque fois un peu d’ingéniosité.

C’est ainsi que des stands de vente de dégustation de café rivalisent de plus en plus avec les débits de boissons. Les stands Mac Coffee, particulièrement sont des lieux d’attraction de cette jeunesse noctambule. Ils y viennent consommer un cocktail tout spécial fait d’un mélange de thé chaud de rhum. Depuis le samedi 2 février 2013, les habituées des Mac Coffee de la rue de la joie de Bali, plus précisément ceux jouxtant la direction régionale de la Socam porte le deuil, d’un de leur fidèle client et habitué des lieux. Christian Bineli Ngah, cuisinier à Somatel et Rappeur à ses heures perdues n’est plus de ce monde.

La dernière fois où il a été aperçu dans ses lieux, c’était dans la soirée du vendredi 1er février. Il était en compagnie d’un groupe de personnes parmi lesquelles, deux de couleurs blanches et une jeune camerounaise d’expression anglaise. «Après y avoir passé quelques temps, ils sont repartis ensemble», confie certains de ses amis. Patatra ! Aux environs de 3 heures de la nuit, certaines personnes dont le numéro se retrouve dans le répertoire de son téléphone portable seront jointes, par un interlocuteur d’origine européenne qui se fait passer pour Désiré, avant d’annoncer la douloureuse nouvelle : «Vous connaissez Christian ? Vous êtes son frère ?...Tout simplement pour vous annoncer qu’il est décédé et nous souhaitons entrer en contact avec un membre de sa famille.» C’est finalement aux environs de 4 heures et 30 minutes de la nuit que son frère aîné sera joint. Immédiatement, la famille va accourir à la Polyclinique de Bonanjo pour constater la véracité de cette annonce.

La réalité est foudroyante. Seulement, on apprendra des sources de cette formation sanitaire que, lorsqu’il est arrivé, le corps de Christian Ngah Bineli était sans vie. Ceux qui l’y ont conduit, un Européen et trois autres de couleur blanche ont tenté de s’en fuir. Notamment Kevin Cohen, qui se passe pour un promoteur culturel et par ailleurs employé au service fiscal du Groupe Bolloré. Selon le personnel médical après avoir déposé la dépouille en réanimation, il a escaladé la barrière pour s’échapper. Il ne reviendra que quelques minutes après. Il va alors insinuer qu’il était retourné à son domicile pour s’approvisionner en argent afin de faire face aux frais exigibles.

Seulement, on apprend aussi que, lorsque la famille est arrivée à l’hôpital, il a vite fait de leur remettre les factures au portail en insinuant qu’il a fait tout son possible en payant tous les frais nécessaires (réanimation, ambulance,…) et ses compagnons avec, ils ont filé à l’anglaise. Il a fallu un stratagème pour qu’il revienne à l’hôpital alors qu’il ne répondait plus à son téléphone. C’est ainsi que, rappelé pour qu’il revienne signer les documents qui permettraient à la famille d’entrer en possession du corps, les éléments de la police judiciaire alertés ont mis le grappin sur sa personne. Il était alors 5 heures et 30 minutes. Curieusement, mis en garde à vue, il sera libéré après avoir noté que les membres de la famille du défunt aient été éconduits en fin de soirée du samedi 2 février 2013. Il se susurre que les autorités policières ont évoqué la raison selon laquelle, ils ne souhaiteraient pas que cet incident ternisse le séjour du président de la République en visite de travail en en France.

Des interrogations

En effet, les versions contradictoires font état de ce que Kevin Cohen qui habite l’un des appartements meubles de Bali, sis non loin du parc des Princes, aurait organisé le tournage d’un vidéogramme dans la journée. Après cette journée de travail, il est allé à la rue de la joie avec ses acteurs et amis pour se désaltérer. C’est au moment de se séparer aux environs de 23 heures qu’il décide d’offrir une séparante à domicile. Selon, le vigile de la société ERG, ils sont entrés, un peu plus d’une demi-douzaine de personnes et se sont livrés à une piscine party. Ce n’est qu’au moment où il entend des cris d’appel au secours que de son cagibi il apprendra qu’il y a un participant qui se serait noyé. Kevin Cohen soutient qu’il était accoudé sur les garde-fous de la piscine d’où il observait ses invités nager, lorsque son compatriote qui se trouvait dans la piscine a été effrayé de ressentir un objet solide s’écraser sous ses pieds, c’était Christian qui se noyait. En revanche, la fille du groupe affirme que tout s’est passé en l’espace de cinq minutes entre leur arrivée au domicile de Kevin et son décès. Tout en affirmant que ce sont les alertes au secours qui ont sorti Kevin Cohen de son appartement où des sons musicaux étaient distillés en décibels importants, à troubler le sommeil des voisins.

Des témoignages qui laissent dubitatifs. D’abord, ses collègues disent qu’il était poltron au point qu’il refusait d’apprendre à nager. Et ils ne comprennent pas qu’on leur dise qu’il s’est retrouvé dans une piscine. Plusieurs interrogations fusent : Comment un garçon de 1m92cm a pu s’échoir dans l’eau où il était supposé être en compagnie de cinq autres en pleine piscine parti ?

Pourquoi il est mort les yeux ouverts, la bouche ouverte et le cou raid ? La famille a demandé que l’autopsie soit faite. Mais selon des sources policières, plusieurs entraves n’ont pas permis que cette demande soit exécutée pendant le week-end pendant que le corps était encore frais. L’absence dans la ville du médecin légiste de l’hôpital Laquintinie,… Ce qui a été l’une des raisons de leur mise en liberté provisoire sous la caution de plusieurs personnes qui se sont portées garantes de leur présence dès que besoin sera. Toutefois, on nous rassure que si l’autopsie venait à prouver qu’il ne serait pas mort de noyade alors, les présumés coupable seront immédiatement mis au cachot.

Et que, certains avis évoquent la piste d’un réseau de pédérastie qui aurait mal tourné. Surtout que les personnes de couleur noire qui étaient de la partie ce soir là avec Christian, sont soupçonnées avoir des orientations sexuelles déviantes.

© Aurore Plus : Mathieu Nathanaël Njog

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