Cameroun - Détournement de plus de 350 millions de FCFA: Le TCS aux trousses de Jean William Sollo (DG Camwater)

 La juridiction spéciale enquête sur un réseau de marchés fictifs à la Camwater dont le Dg tirerait les ficelles. Déjà près de 350 millions subrepticement sortis des caisses de cette entreprise publique en 5 mois. Jean William Sollo ne perd pas de temps.

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C'est le moins que l'on puisse en dire. Nommé en mars 2012, après une longue traversée du désert consécutive à sa gestion à l'emporte-caisse de l'Office national de développement des forêts (Onadef), l'homme a visiblement renoué avec son sport favori. Avec la fougue vengeresse de celui qui reprend après un long sevrage! Depuis lors, pan sur le bec de ceux qui avaient prédit un Sollo-nouveau. Il n'en est rien. Selon des sources fiables, le Procureur de la République près le Tribunal criminel spécial (Tcs) aurait ouvert une instruction contre les sociétés écrans d'un certain Joseph et un Aloys qu'on dit en service à la Camerounaise des eaux (Ode).

Ce dernier recevait curieusement et régulièrement dans ses comptes localisés dans divers banques du pays, beaucoup de dizaines de millions de nos francs, en provenance de la Cameroon water utilities corporation (Camwater), en payement des factures des sociétés de prestation ci-haut évoquées. Plus qu'un casse-tête chinois, c'est un montage des plus opaques. En fait, comment ça se déroule? La Camwater de Jean William Sollo passe un marché public. La société de prestation de service, ici en cause, en raison de ses liens mafieux avec «le blanc d'Akono» gagne comme dans un match truqué le marché, mais ne livre rien, ou ne le réalise pas.

Loin de s'en offusquer, l'ancien Dg de l'Onadef paye plutôt avec joie et célérité, la prestation fictive. L'argent s'en va donc des caisses de Camwater grâce à la complicité de celui qui en a pourtant la garde, avec la bénédiction du directeur administratif et financier, Dieudonné Mah, un complice de longue date de Sollo, venu de l'Onadef et recruté à la Camwater pour aider le Dg à vider les caisses. Seulement, les différents payements, contre toute attente, sont affectés à un compte qui n'appartient pas le moins du monde à l'entreprise adjudicataire. Surprise totale! En farfouillant dans la création des comptes mentionnés sur la fiche de règlement, on s'aperçoit qu'ils ont été ouverts par un individu hors de tout soupçon, parce que n'étant pas propriétaire ou actionnaire ou même un des employés des dites sociétés écrans dont Sollo s'est consciemment attaché la complicité. L'individu propriétaire des comptes mystérieux n'a, pourtant aucune proximité connue avec le Dg de Camwater.

Il travaille même plutôt à la Camerounaise des eaux (Ode), une société quoique intervenant dans le secteur de l'eau, est bien distincte de la Camwater. Une technique de vol sophistiqué et volontairement alambiqué. Le premier enquêteur venu se perdrait dans le flot des pièces du puzzle. Fin de parcours. Comme il n'y a point de crime parfait, les banques où les comptes sont ouverts sont un beau matin plus qu'inquiétées du flot d'argent qu'elles reçoivent, via un de ses épargnants, à un rythme tout aussi exponentiel que l'ont été les décaissements. Craignant de servir de zone de transit à des fonds d'origine sale et en prévention des accusations de complicité, les banques auraient anonymement alerté un organisme national spécialisé dans la traque de la délinquance économique.

Nos sources parlent tantôt de la Conac (Commission nationale anti-corruption), tantôt de l'Anif (Agence nationale d'investigation financière). Les deux institutions auraient mis leurs experts sur l'affaire. De fil en aiguille, ceux-ci sont remontés jusqu'à Jean William Sollo, l'homme sans la complicité duquel aucun franc ne serait parti de la Camwater pour alimenter un compte privé. Nos sources généralement fiables affirment que la Conac et l'Anif, au terme de leurs enquêtes, auraient déjà chacune adressé à qui de droit, un rapport, qui murmure-t-on, accablerait l'ancien pilleur de l'Onadef. Aux dernières nouvelles, le Tribunal criminel spécial, aurait été saisie.

Le corps du délit étant supérieur à 50 millions. Le Tcs a naturellement hérité de ce qui, dans les tout prochains jours, s'appellerait, le «Sollogate», d'autant que d'autres scandales couvent. La diligence étant son essence, le procureur de la République près le Tcs aurait illico presto convoqué (la semaine dernière) le directeur administratif et financier (Daf), Dieudonné Mah, de la Camwater. Celui-ci n'aurait pas déféré à la convocation, évoquant une «maladie». Ce n'est que partie remise, puisque le Daf aurait été à nouveau convoqué pour cette semaine. Après, viendra le tour de Jean William Sollo. Vu les éléments joints au dossier par la Conac et l'Anif, assurément, ce sera du gâteau!

 © Michel Tafou | La Météo

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