Cameroun - Crimes rituels : Le temps des manipulations

bidonville-yaounde241110500.jpg

Devant l’impuissance à enrayer cette spirale meurtrière, les premiers signes de stigmatisation de certaines communautés apparaissent, lesquels peuvent jeter de l’huile sur le feu.

Ce 28 janvier, dans leurs parutions respectives, les journaux L’Anecdote et Le Soir ont révélé l’identité de ceux qu’ils appellent « les tueurs des filles de Mimboman ».

Chose curieuse, ces quatre présumés criminels indexés par ces journaux sont tous originaires de la région de l’Ouest du Cameroun.

Leurs patronymes, Nguegang, Nkemeta, Tsetsop et Waffo, sont apparus dépourvus de leurs prénoms, laissant croire qu’il s’agit ni plus ni moins que d’une manipulation.

Une sensation renforcée à la lecture desdits articles dans les journaux en question.

A aucun moment, ceux –ci ne se montrent explicitent sur les circonstances de leur arrestation, sur le mode opératoire de la police pour les mettre hors d’état de nuire, sur les témoignages de quelques personnes qui pourraient confirmer les activités suspectes des mis en cause. Rien de tout cela, tout au plus, ces journaux ont consenti à expliquer la répartition des rôles dans cette équipée.

A Waffo la strangulation et le prélèvement des organes, Tsetsop est lui le maestro de l’utilisation du long poignard qui sert à ôter définitivement la vie aux malheureuses victimes, Nguegang excelle dans la livraison des marchandises à un commanditaire basé au Nord Cameroun, quant à Waffo, le plus âgé de la bande, 31 ans, il coordonne cette industrie.

Les Bamilékés et Nordistes visés

Il est aisé d’observer que le bouc émissaire tout trouvé dans cette affaire est le Bamiléké, qui est indexé à l’aide d’un raccourci monstrueux. Celui-ci consiste à dire : N’est –ce pas lui qui adore l’argent ? De ce fait, comment est - aussi lucrative que la vente des organes humains ? D’ailleurs n’est –ce pas à l’Ouest du Cameroun que ces crimes crapuleux ont d’abord été commis, avant de s’étendre à Yaoundé ? Chose curieuse, devant cette stigmatisation, certains Bamilékés n’hésitent pas à leur tour à stigmatiser les originaires de Mbouda qu’ils accusent de salir la réputation de l’ensemble de la communauté Bamiléké par leur propension à recourir aux pratiques magico-occultes.

Outre l’allusion aux Bamiléké, le fait que la livraison soit destinée à un commanditaire basé au Nord Cameroun n’est pas anodin. Pourquoi le Nord et pas l’Adamaoua ou encore l’Extrême Nord, à moins que cette désignation vise à englober ces trois régions ? Ne peut –on y voir un lien établit avec l’affaire Marafa, le but étant de jeter l’opprobre sur la région du Nord qui pose bien de problèmes au pouvoir en place actuellement ?

Les Bétis aussi

Les Bétis ne sont pas en reste dans cette affaire. Depuis quelques jours, le nom de Lady Ponce est cité dans les chaumières comme étant la commanditaire de ces crimes crapuleux. Il n’échappe à personne que cette dernière est aujourd’hui le porte étendard de la culture Beti et partant de cette communauté. Y aurait-il un autre moyen de salir la réputation de cette communauté que de s’attaquer à Lady Ponce, avant de passer certainement à d’autres figures ?

Tout porte à croire que les ficelles sont tirées par des personnes tapies dans l’ombre dont l’objectif est de jeter de l’huile sur le feu et provoquer un embrasement général.

A ce propos, le silence du gouvernement et des autorités morales est inquiétant. Il va bien falloir qu’une prise de position ferme intervienne dans ce charivari. Sinon, ce ne sont pas des beaux jours qui s’annoncent à l’horizon.

© camerounactu.net : Guy Zogo

Ajouter un commentaire
Code incorrect ! Essayez à nouveau