Cameroun - Communauté Urbaine de Yaoundé: Les vraies-fausses magouilles de Tsimi Evouna

 Le Délégué du gouvernement est théâtralement accusé d'avoir taillé à la mesure de Razel les critères d'attribution du marché de construction de routes urbaines.

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Dans la région du Centre aujourd'hui, et notamment dans le département du Mfoundi, tout porte à croire que Gilbert Tsimi Evouna gène. L'homme apparait, qu'on le veuille ou non, comme l'interlocuteur en premier du président de la République, sur le plan politique. Les autres élites, ministres et assimilés pour être plus précis, ne l'acceptent pas, la majorité ou du moins. Ne pouvant ouvertement contester cette légitimité au Délégué du gouvernement, ces personnalités s'approprient d'autres méthodes pour essayer de le nuire. Conscients politiquement de sa solidité, du fait de la confiance que lui fait le chef de l'Etat, la meute se rabat sur un autre front.

La Communauté urbaine est ciblée, croyant y déceler un scandale dans la conduite des affaires. A défaut de trouver des malversations, il faut déformer la réalité à travers une interprétation malveillante d'une correspondance administrative. Aussi une collusion, tirée par les cheveux est vite trouvée entre le délégué du gouvernement et le Dg de Razel, entreprise de travaux publics. Les rancuniers de Tsimi Evouna et leurs bras séculiers dans les médias sont tombés sur une lettre courante de Roger Ondoa Akoa, secrétaire général de la Communauté urbaine de Yaoundé (Cuy), et ont cru en faire un sujet de scandale.

Pourtant, la lettre adressée en avril dernier au ministre des Marchés publics ne prend nulle part le parti d'un soumissionnaire contre un autre. Ondoa Akoa propose plutôt à Abba Sadou, qui a agréé la proposition, d'adoucir les critères d'évaluation. Lisez plutôt: «Il m'est revenu que dans sa session du 23 avril 2013, la Commission centrale de passation des marchés des travaux routiers a décidé de proposer que l'appel d'offres visé en objet soit déclaré infructueux à cause de l'élimination de tous les soumissionnaires pour des motifs de forme, notamment des références non certifiées et des copies de cartes grises non légalisées. Cette élimination de deux entreprises (Buns et Razel) ayant pourtant des références bien connues résulte d'une interprétation rigoureusement excessive d'un dossier d'appel d'offres comportant beaucoup d'incohérences comme l'a relevé l'Agence de régulation des marchés publics (Armp) dans sa lettre n°1322 /L/Armp/ Dso/Cdmm/Ehe-em/13 du 11 avril 2013 à vous adressée. Aussi ai-je l'honneur de solliciter, qu’il plaise à votre Excellence, de bien vouloir instruire le réexamen de ce dossier en assouplissant les critères d'évaluation pour éviter que cet appel d'offre né soit inutilement déclaré infructueux.

Le démarrage de ces travaux qui devaient se faire depuis mai 2012 dans la foulée de l'aménagement du carrefour préfecture en giratoire avec passage souterrain a déjà été trop retardé». Ceux pour qui les mots ont un sens, ont très bien compris: jamais le secrétaire général de la Cuy ne demande des faveurs pour Razel, sauf dans l'imagination des personnes qui prennent volontiers les vessies pour les lanternes. Pétard mouillé II apparaît évident, dans le contexte où l'appel d'Offre est sur le point d'être déclaré infructueux, c'est-à-dire que le marché ne sera octroyé à aucun soumissionnaire quel qu'il soit, une demande de révision de certains critères profitera à toutes les entreprises en lice.

A toutes et non à une seule! Quand on veut noyer son chien, on l'accuse de rage. Comment comprendre que ceux qui accusent Tsimi Evouna d'avoir roulé pour Razel se gardent bien de porter les mêmes accusations contre le ministre des Marchés publics, lui qui en sa qualité de gendarme-en-chef des marchés publics, a consenti un assouplissement de critères, comme le prouve sa lettre ci-après: «Faisant suite à votre lettre sus référencée par laquelle vous me notifiez la proposition de la Commission de déclarer infructueux l'appel d'offres cité en marge, aux motifs entre autres que les deux soumissionnaires ayant répondu n'ont pas certifié les références et les justificatifs de la propriété des matériels roulants, ce qui n'a pas permis de les retenir à l'issue de l'évaluation des offres techniques et eu égard aux observations du directeur général de l'Armp sur ce Dao (Dossier d'appel d'offres, ndlr) formulées dans sa lettre parvenue au Minmp le 12/04/2013 (...).

J'ai l'honneur de vous demander, afin de tenir compte de toutes ces contingences et permettre une issue favorable de bien vouloir faire procéder à son réexamen, conformément aux dispositions de l'article 30 du décret n'074/2012 portant création, organisation et fonctionnement des Commissions de passation des marchés publics en appliquant avec équité les dispositions suivantes à la non exigibilité de la certification des références pour leur prise en compte,

b) la non exigibilité de la légalisation des attestations de dédouanement des matériels roulant pour leur prise en compte ;

c) l'attribution du marché au soumissionnaire dont l'offre aura été évaluée la moins distante, sans tenir compte de son plan de charges», ordonne Abba Sadou, le 15 mai 2013, au président de la Commission de passation des marchés des travaux routiers.

D'ailleurs, ces directives (lesquelles trouvent en l'article 30 du décret n°074/2012 un fondement légal) du ministre Abba Sadou, n'ont provoqué de cris d'orfraie ni chez Razel, où on dément toute collusion avec le délégué du gouvernement, ni chez Buns. Un cadre de cette entreprise déclarait, sous cape, à La Météo que la société n'avait déposé aucun recours et ne comptait pas en déposer, ajoutant que la procédure d'appel d'offre leur avait paru équitable. Alors, du moment où Buns ne crie pas à la magouille, comment comprendre que certains se font plus royalistes que le roi si ce n'est de leur part qu'une manœuvre déguisée pour salir bruyamment un homme: Gilbert Tsimi Evouna. Malheureusement pour eux, l'affaire a fait pschitt!

 © Mamouda Labaran | La Météo

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