Cameroun : Astuces de voleurs et arnaqueurs

Certains brigands se montrent courtois pour mieux extorquer leurs victimes

Mélanie K., étudiante à l’université de Yaoundé II, ne s’est toujours pas remise de l’agression dont elle a été victime il y a deux semaines au marché Mokolo. La jeune fille s’est fait dépouiller en plein après-midi par quatre hommes qui l’ont encerclée. Tout s’est passé dans la rue, sous le regard quiet de son entourage. En fait, personne ne s’est aperçu que Mélanie se faisait agresser. Gérard S. a connu la même mésaventure le week-end dernier au même endroit.

Alors qu’il marchait dans la rue, un homme lui a tendu la main pour le saluer, avant d’exiger son argent. « J’ai sorti 1.000 F.Cfa en lui faisant comprendre que je n’avais pas d’argent. Il s’est énervé et a commencé à me menacer. Pendant ce temps, ses complices m’ont encerclé et voulaient me fouiller. Personne n’est venu à mon secours parce que cela n’avait pas du tout l’air d’une agression. J’ai réussi à faire diversion et me suis sorti de là », raconte le jeune homme. Ces expériences sont la preuve que les techniques de vol évoluent chaque jour dans la rue. Le vol à l’arrachée ou le vol par embuscade prennent de nouvelles formes.

Il s’agit de nouvelles stratégies d’arnaque, de vol à l’arrachée, de vol par embuscade, etc. Au commissariat de sécurité publique du 6ème arrondissement de Yaoundé, une source affirme que plus de la moitié des plaintes déposées dans les unités de police de la capitale. Dans le cas de vols à l’arrachée, par exemple, les voleurs sont à moto. Ils profitent d’un attroupement ou d’un embouteillage pour arracher le sac d’un piéton, d’un conducteur ayant baissé les vitres de son automobile ou laissé les portières ouvertes. Les voleurs prennent ensuite la fuite en se faufilant dans les embouteillages et disparaissent dans la nature.

Ils opèrent aussi à pied. A ce moment, ils se font passer pour des clients qui stoppent des taxis. Lorsque l’un de ces véhicules freine pour écouter leurs destinations, ils ciblent des sacs ou autres objets de valeur du passager le plus proche de la portière, font semblant de monter à bord de la voiture, s’emparent de l’objet et s’enfuient. Les vols par embuscade, quant à eux, sont orchestrés par des groupes de quatre à six brigands.

La première étape consiste à distraire la cible en l’approchant dans la rue de manière courtoise. Ensuite, la victime est encerclée sans qu’elle ne s’en rende compte. C’est alors que la cible est dépouillée sans que personne autour ne se doutent de quoi que ce soit. Les voleurs se fondent dans la masse avant que la victime ait le temps de réaliser ce qui s’est passé.

© Le Jour : Nadia Dicka Lobè

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