Cameroun - Assemblée Nationale: Cavaye à nouveau?

La reconduction ou non du président de la chambre basse est le principal enjeu de la session qui s'ouvre mardi prochain. Les 180 députés de la 9 ème législature sont attendus au Palais de verre de Ngoa-Ekelle à l'occasion de la session de plein droit qui s'ouvre mardi après-midi.

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Celle-ci est prévue dans le règlement intérieur de la chambre basse, article 9 : «Au début de chaque législature, l'Assemblée nationale se réunit de plein droit en session ordinaire, le deuxième mardi suivant la proclamation des résultats des élections par le Conseil constitutionnel».

Cette, session qui sera présidée, dans un premier temps (avant l'élection du bureau définitif), par le bureau d'âge de l'Assemblée, constitué du député le plus ancien et des deux benjamins, sera consacrée d'entrée de jeu à la remise des attributs (écharpes, macarons), puis à la validation des mandats des députés. «L'Assemblée nationale est seule juge de l'éligibilité de ses membres après la proclamation des résultats des élections législatives par le Conseil constitutionnel», article 3 du règle¬ment intérieur. Interviendra ensuite la mise sur pied du bureau de la chambre, qui peut courir sur une période plus ou moins longue, la session s'étalant sur 30 jours.

«Confiant et serein»

Le bureau de l'Assemblée nationale comprend un président, un premier vice-président, cinq vice-présidents,quatre questeurs et 12 secrétaires. Ce bureau définitif doit refléter la configuration politique de la chambre basse, sauf refus des certains partis politiques de participer au bureau. Les regards seront, une fois de plus, rivés sur la reconduction ou non de Cavaye Yéguié Djibril, qui occupe le perchoir depuis 21 ans. Stoppé net dans sa course vers le Sénat, le des¬tin politique de l'élu du Mayo-Sava (73 ans) est entre les mains du président de la République, président national du Rdpc, qui peut décider de l'investir ou non à la présidence de l'Assemblée nationale.

Conscient du caractère insaisissable du Prince, Cavaye se tait et se terre. L'un de ses-proches indique tout juste que «le plus dur pour le Pan était de se faire élire député. Le reste ne dépend pas de lui. Mais il est confiant et serein». Le chef supérieur de Mada n'ignore non plus qu'une sourde clameur de l'élite du grand Nord, qui fait du lobbying pour reconquérir le poste de Premier ministre, a déjà été portée à l'attention du chef de l'Etat. Lequel doit logiquement procéder à un remaniement ministériel dans les prochains mois ou les prochaines semaines. Des noms de ministres en fonction, tous originaires de l'Extrême-Nord, circulent même déjà pour le contrôle de l'Immeuble étoile. Mais Paul Biya, dont l'habileté à déjouer les pronostics est dorénavant légendaire, peut choisir le statuquo: Assemblée nationale au grand Nord et la primature à l'une des deux régions anglophones. Mais, d'ici, on imagine fort aisément le suspens à la Hitchcock que vit Cavaye Yéguié Djibril.

© GEORGES ALAIN BOYOMO | Mutations

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