Cameroun - Archidiocèse de Yaoundé - Mgr Samuel Kleda: Un despote pour remplacer Mgr Tonyè Bakot?

Le pasteur pressenti à l'archidiocèse de Yaoundé, se découvre un talent de tyran sur le tard.

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Dans un communiqué de presse parvenu à notre rédaction, l'hebdomadaire La Nouvelle informe: «Sur instructions expresses de Monseigneur Samuel Kléda, l'Archevêque de Douala, l'imprimerie Macacos a saisi toute la livraison de l'édition N°264 qui devait paraître ce lundi 24 mars 2014. Et ceci, sans justificatifs fondés. Alors que les frais d'impression de ladite édition ont été entièrement payés ...». Et, de poursuivre: «C'est le titre à la Une (Archidiocèse de Yaoundé: Mgr Kléda pressenti pour remplacer Mgr Tonye Bakot) qui aura motivé cette décision inique et grossière…»

En effet, apprend-on de sources concordantes, tout se passe dimanche dernier, en fin de soirée. Il est environ 21h 30 lorsque l'impression des 2000 exemplaires du N°264 de La Nouvelle s'achève. 100 exemplaires sont remis au chef d'édition du journal de Jacques Blaise Mvié, pendant que la cargaison est réservée au distributeur Messapresse. Informé quelques minutes après du titre de la Une, l'archevêque exigera que les quantités destinées à Messapresse soient saisies immédiatement. Ce qui sera fait par des gros bras, à la solde du prélat. L'affaire est actuellement au tribunal car, La Nouvelle exige réparation pour le grave préjudice causée. Mesquinerie. La réaction de l'archevêque de Douala, loin de surprendre, vient plutôt corroborer ce qu'une certaine opinion pensait déjà de lui.

La gestion de l'imprimerie Macacos et même de l'archidiocèse, par l'homme du Mayo-Danay, est fortement décriée depuis quelques temps. Dès son arrivée à la cathédrale de Bonadibong, le longiligne clergé a procédé à un véritable toilettage du personnel en fonction dans l'archevêché. Selon des indiscrétions, il aurait placé, des originaires de la même sphère géographique que lui, partout où cela était possible. Plus vicieux, rapporte-t-on, une sorte de police secrète sillonne désormais les couloirs de Saint Pierre et Paul. Cette «Gestapo», indique-t-on, rendrait régulièrement compte à Mgr Kléda, sur les faits, gestes et opinions de tous ceux qui ne sont pas acquis à la cause du maître des lieux.

Des voix de plus en plus acerbes s'élèvent pour décrier ce système de surveillance qui a pour seul objectif, instaurer un climat de suspicion entre les employés. D'ailleurs, les uns et les autres se regardent désormais en chiens de faïence à l'archevêché de Douala. Pour la plus grande joie du président de la conférence épiscopale. Dans cette quête effrénée de gloire, Mgr Kléda se présente désormais en véritable censeur. Une censure qu'il n'use que lorsque ses intérêts sont mis en jeu. «Pourquoi, en son temps, Mgr Samuel Kléda n'avait-il pas pris une telle décision (saisi de, ndlr) quand les journaux, qui font leurs tirages à l'imprimerie Macacos, se sont acharnés sur son collègue Mgr Tonyé Bakot après sa renonciation ?», s'interroge-t-on dans le communiqué de presse commis par La Nouvelle. Critiques.

Il est à noter que, en bon élève du cardinal Christian Tumi, l'ancien évêque de Batouri qui à l'observation est en voie de dépasser son maître, s'est illustré ces dernières années en véritable critique. Critiquant tout au passage, la gouvernance au Cameroun, l'action gouvernementale, le processus de démocratisation en cours au pays de Paul Biya... Seulement, Mgr se dévoile au grand jour comme le chantre de tout ce qu'il décrit en matière de promotion des libertés individuelles. Ou alors, doit-on comprendre, à travers l'attitude de l'actuel président de la Conférence épiscopale du Cameroun, que l'Eglise catholique est désormais contre la liberté de la presse? Car, du temps de son prédécesseur à la tête l'archevêché, la presse ne subissait de telles censures. C'est d'ailleurs pour cela que beaucoup d'éditeurs s'étaient tournés vers Macacos, pensant trouver un espace de liberté par excellence.

Mgr Kléda vient de faire déchanter tout le monde par ses méthodes de musellement. Il y a lieu de craindre pour l'archevêché de Yaoundé, actuellement sous administration apostolique par Mgr Jean Mbarga, devoir arriver à sa tête et à tout moment, un «berger» tribaliste, hypocrite, dictateur et militant d'une ancienne opposition, animé d'un esprit de division et de musellement de la parole.

© Nadine Bella | La Météo

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