Cameroun - Analyse - Paul Biya et la diaspora: «Je t'aime, moi non plus» L'Anecdote

A l'heure où les incursions étrangères sur le sol camerounais connaissent une ascension exponentielle, avec les conséquences qui en découlent, l'armée nationale pour faire face, est à pied d'œuvre pour reconstituer un dispositif sécuritaire décisif.

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Chaque fois que Paul Biya dort à l'hôtel Intercontinental de Genève, ou quelque part ailleurs sur les bords du lac Léman, il y a toujours des activistes camerounais pour troubler son sommeil. Ils crient sous ses fenêtres, avec pancartes, calicots, dazibaos et des huées pour perturber ses siestes. Il y en a qui se transforment en homme-sandwich, avec des récriminations torrides sur la gestion du Cameroun par Paul Biya. Il les a toujours affrontés, avec froideur et compréhension, chaque fois qu'il va en «bref séjour privé en Europe». D'autres utilisent des méthodes moins bruyantes mais tout aussi nocives pour l'image du pays et c'est à chacun son inspiration: des rapports et contre-rapports sur la situation des droits de l'homme au Cameroun, des pamphlets publiés dans des supports divers, des invectives sur le Cameroun de Paul Biya versées sur des plateaux de télévision et de radios occidentales et même des édits et des inédits publiés par des maisons d'éditions occidentales et outre-Atlantique. Comme des enfants non reconnus par leur père, ils croient qu'il faut tout casser et traitent ceux qui sont restés au pays de faibles, peureux et incapables.

Pourtant Paul Biya a toujours reconnu sa diaspora. Au-delà de leur (enfin !) donner le droit de choisir les Présidents de la République du Cameroun, il a multiplié des actes pour leur montrer qu'un camerounais vivant à l'étranger n'est pas un étranger au Cameroun. Plusieurs actes ont été posés allant dans le sens de la « resocialisation » de la diaspora du Cameroun. Le Crédit foncier du Cameroun a ouvert des agences dans chaque pays européen et dans chaque ville d'Amérique du nord, à grande concentration camerounaise. Ceci pour permettre à ces déracinés d'avoir, dans des conditions souples, des pied-à-terre au pays dans la perspective d'un éventuel retour au pays. Le ministère en charge des petites et moyennes entreprises a créé le Centre de formalités pour la création des entreprises, avec plusieurs démembrements à travers le monde entier, en tout cas partout où se trouvent des camerounais plus soucieux de leurs participations au développement du Cameroun par des actes que par des chahuts sous les fenêtres de l'hôtel Intercontinental à Genève.

Le Cameroun peut se vanter d'avoir l'une des diasporas les plus brillantes d'Afrique. Ils sont ingénieurs, médecins, enseignants dans des universités prestigieuses, musiciens de renommée mondiale, footballeurs parmi les plus grands du monde, chefs d'entreprises prospères, scientifiques respectés, activistes ou vecteurs d'idées artistiques de tous bords et d'autres que nous, envie le monde entier. De quoi faire un autre pays, si la symbiose avec les intelligences prouvées et approuvées du terroir et celles vivant hors du berceau de nos ancêtres se mettaient ensemble. On n'attendrait plus l'émergence en 2035, mais un peu plus tôt. Peut-être l'aurions-nous déjà atteinte à ce jour. C'est pourquoi, Paul Biya, à chacune de ses visites officielles hors du territoire, a toujours tenu à les rencontrer et à leur parler de ce Cameroun qu'ils ne connaissent pas ou qu'ils ne connaissent plus ou encore qu'ils ne veulent pas connaitre; de ce Cameroun qui les attend. Il leur a toujours parlé de ce Cameroun pour lequel ils peuvent faire tant de choses. Il a toujours eu l'oreille et l'attention de certains et pas d'autres.

Les autres, ceux qui n'ont pas vu le Cameroun évoluer depuis quelques années sans eux. Ceux qui ne savent pas qu'au Cameroun, malgré tout, il y en a qui ne veulent pas être camerounais clochards au hall de la Gare du Nord où sans domicile fixe à la place de la Bastille à Paris. Au Cameroun, Il y a des intelligences qui bâtissent le pays en mettant leurs formations et compétences en valeur, concrétisent des idées, refondent le Cameroun dans leurs têtes avant, plus tard, de le fonder concrètement. Les camerounais de la diaspora qui chahutent sous les fenêtres de Paul Biya à Genève ou insultent le Cameroun nous insultent. Nous qui sommes restés au pays. On comprend qu'ils n'ont pas regardé les films western de notre jeunesse dans les quartiers de Yaoundé. Ils ne savent pas que, non seulement on ne tire pas sur le shérif mais surtout : on ne tourne pas le dos à l'adversaire.

 © ANATOLE BIHINA | L'Anecdote

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