Cameroun - Affaire Michel Thierry Atangana-Titus Edzoa: Paul Biya répond enfin à François Hollande

Le Chef de l'Etat est allé jusqu'au bout de sa promesse de ne pas interférer sur le cours de la justice. C'est le 17 décembre 2013 que s'est clôturé, à la Cour suprême, l'épilogue de l'affaire Titus Edzoa-Michel Thierry/Etat du Cameroun.

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La haute juridiction a en effet rejeté les pourvois en cassation introduits par les deux hommes, incarcérés depuis 17 ans déjà et qui, le 04 octobre 2012, ont de nouveau écopé de 20 ans de prison pour «détournement des fonds». Il leur reste la possibilité de demander une confusion de peines, celle la plus élevée pouvant alors être prise en compte. Un recours gracieux auprès du Président de la République n'est pas non plus à écarter.

La situation des deux prisonniers émeut les défenseurs des droits de l'Homme, aussi bien au Cameroun qu'ailleurs. Dans le cas du français d'origine camerounaise Michel Thierry Atangana surtout, les passions ne sont toujours pas retombées. Son dossier pourrait prendre d'autres colorations juridiques, alors que les pressions françaises se multiplient. Chose rare, le cas Michel Thierry Atangana a été évoqué au plus haut niveau par les Chefs d'Etat camerounais et français. C'est dire à quel point son maintien en détention préoccupe. Le 30 janvier dernier, s'exprimant face à la presse au sortir d'un tête-à-tête avec son homologue français François Hollande, Paul Biya avait eu ces mots: «Le problème de Michel Thierry Atangana, que j'ai connu dans des dossiers, je ne le connais pas personnellement, il ne peut pas être un ennemi politique, c'est un homme qui a été condamné par les tribunaux pour détournement de deniers. Et son affaire est en instance.

Il a fait appel et il a saisi également la Cour suprême. Nous attendons la décision de la Cour suprême pour voir ce qu'il y a lieu de faire. Notre souci c'est qu'il y ait le maximum de gens libres, mais je ne veux pas contrarier les décisions de justice». Le Chef de l'Etat qui ne se laisse pas influencer par quelque pression, est donc resté fidèle jusqu'au bout, au principe de séparation des pouvoirs, n'interférant en aucune manière au bon déroulement du procès. Certains auraient en effet souhaité qu'il s'implique personnellement dans le déroulement de la procédure devant les tribunaux. Mais, les mêmes auraient également été les premiers à dénoncer des obstructions.

Son détachement par rapport au dossier est donc la preuve de sa neutralité. Il est, surtout une réponse claire à son homologue français de ce que la justice est indépendante au Cameroun. Si Paul Biya, en homme d'Etat de haut vol, n'a pas voulu «contrarier les décisions de justice», il est néanmoins attendu sur l'autre promesse de «voir ce qu'il y a lieu de faire», suivez notre regard. Selon des sources introduites en effet, le Chef de l'Etat, humaniste qu'il est, pourrait, dans les brefs délais, accorder sa grâce à Michel Thierry Atangana, et pourquoi pas à Titus dzoa.

Il pourrait donc user de ce pouvoir discrétionnaire que lui confère la constitution, comme pour bien montrer que, contrairement à une certaine opinion, le français d'origine camerounaise «ne peut pas être un ennemi politique» pour lui. Ce qui du reste est vrai. Ce dénouement est aujourd'hui attendu avec impatience par l'opinion publique nationale et internationale. Et c'est tout le mal qu'on puisse souhaiter à Michel Thierry Atangana, en cette veille de fêtes de fin d'année. Et, lorsqu'on sait que Paul Biya est un Chef lui sait toujours tenir parole, la grâce de l'autre semble plus que jamais envisageable. Qui vivra verra!

© Nadine Bella | La Météo

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