Cameroun - Affaire de plagiat: Maurice Kamto au Tribunal

 Le 26 novembre dernier à Yaoundé, le président du Mrc s'est présenté à l'audience de citation directe suite à sa plainte contre Mouangue Kobila.

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L'affaire qui oppose Maurice Kamto à James Mouangue Kobila n'a jamais connu d'issue depuis le 26 décembre 2011, où elle a été ouverte au Tribunal de première instance (Tpi) de Yaoundé. A l'audience du 26 novembre dernier, seul le Pr Maurice Kamto, le plaignant, s'est présenté devant la barre. En l'absence des autres parties, notamment de James Mouangue Kobila, le juge, toujours dans l'impossibilité d'ouvrir les débats, a renvoyé cette affaire au 27 janvier 2014. A cette date-là, l'accusé est attendu au tribunal pour répondre des faits qui lui sont reprochés. Maurice Kamto accuse James Mouangue Kobila d'«outrage aux corps constitués et fonctionnaires» et de «diffamation».

Ces accusations portent sur «une tribune publiée sur le site Internet www.njanguipress.com en date du 21 novembre 2011 à 4h59 et intitulée: «Mouangue Kobila accuse Maurice Kamto (à l'époque des faits, ministre délégué auprès du ministre de la Justice) de plagiat. Dans cet article, Mouangue Kobila, professeur agrégé des facultés de droit et chef du département de droit public de l'université de Douala, se plaint ouvertement d'avoir été plagié dans le Manuel de méthodologie et d'exercices corrigés de droit international public, paru en 2010 aux Presses de l'Université catholique d'Afrique central. Selon James Mouangue Kobila, cet ouvrage, portant les signatures de Maurice Kamto mais aussi d'un autre professeur agrégé de droit public camerounais. Jean Claude Tcheuwa, correspondent «trait pour trait à la commande d’un livre sur le même sujet» que lui a passé le ministère camerounais de l' Enseignement supérieur (Minesup). L'ouvrage incriminé reprendrait de manière quasi identique, plusieurs ambassades du projet de James Mouangue Kobila, dont la majeure partie des exercices corrigés.

Agrégation

«James Mouangue Kobila s'est répandu en propos injurieux malveillants et fortement outrageants» à l'endroit de Maurice Kamto, indiquent les conseils du président du Mrc. Mouangue Kobila écrit par exemple: «Maurice Kamto n'est pas mon maître. L'a-t-il seulement jamais été»? Plus loin, dans cet article, l'accusé mentionne: «Le vrai travail du maître, il ne l'a jamais fait pour moi. Il a sommairement dirigé mon mémoire de maîtrise. Il n'est que le directeur apparent de ma thèse». Autre fait incriminé: «Lorsqu'il (Maurice Kamto, ndlr) a eu vent que je suivais les leçons de préparation au concours d'agrégation présidées par le Pr. Luc Sindjoun en 2003, craignant sans doute que je ne passe à l'ennemi ou sachant qu'il ne souhaitait pas me voir agrégé un jour, il m'a incité à lui rester fidèle (...).»

Cette affaire concerne également Jean-Claude Tcheuwa, lui aussi professeur de droit, autre plaignant avec M. Kamto dans la citation directe ayant déclenché le volet judiciaire de cette affaire. Equateur media Group, société éditrice du journal «Dikalo», Arthur G. Bakande et Daniel Atangana, respectivement journaliste et directeur de cette publication, sont également sur la liste des prévenus. D'après la citation directe, «Dikalo» (...) dans édition N°1479 du vendredi 25 novembre 2011, a publié un article d’Arthur G. Bakande qui reproche à M. Tcheuwa d’avoir plagié, de concert avec Maurice Kamto, une œuvre de Mouangue Kobila.

 © Moïse Moundi | Le Jour

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