Cameroun - Affaire Albatros : Éphraïm Inoni nie tout en bloc

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Lors de la 4ème audience de l’affaire l’opposant à l’Etat du Cameroun au sujet du détournement en coaction de la somme de 287 millions de francs Cfa l’ancien premier ministre s’est dit exempt de tout reproche.

C’est en sa qualité de témoin de Hubert Marie Otélé Essomba, Administrateur directeur général d’Apm Cameroun que l’ex Premier ministre Éphraïm Inoni a été entendu avant-hier mercredi 03 avril, au Tribunal criminel spécial au sujet de l’affaire opposant le Ministère public et l’Etat du Cameroun à Atangana Mebara, Inoni Éphraïm, Otélé Essomba et Kevin Walls (en cavale) . Ces différentes personnalités sont accusées de co-action de détournement de la somme de 287 millions 400 Fcfa. C’était en l’absence de son propre témoin, Jacques Jean Ndoudoumou, ancien Directeur général de l’Agence de Régulation des Marchés publics (Armp).

Les faits remontent à 2003, lorsque, Jean Marie Atangana, tout puissant Secrétaire général de la Présidence de la République, Éphraïm Inoni, son Adjoint N°1 et Otélé Essomba quant à lui Dga de la filiale camerounais de l’Apm, dirigée depuis Londres par un certain Kevin Walls décident de travailler à l’achat d’un autre avion pour le président de la République. Le Pélican, annulant les démarches du Bbj-2. Au sujet des mobiles qui ont présidé à sa désignation comme Pca d’Apm, alors même qu’il n’était point ; actionnaire, ni administrateur de ladite société… l’ancien chef du gouvernement a clarifié que comme c’est de tradition dans les sociétés anonymes, c’est par le truchement de la cooptation qu’il avait été désigné Pca d’Apm Cameroun filiale d’Apm Londres. A la question de savoir pourquoi il avait consenti à occuper ladite fonction ; l’intéressé a reconnu qu’il a accepté parce qu’il avait la liberté de choisir.

« Pourquoi avez-vous démissionné ? » Lui a demandé le juge Yap Abdou, président du tribunal criminel spécial (Tcs). « Je n’ai pas eu le temps matériel pour assister aux réunions de cette structure et j’ai démissionné parce qu’on ne me donnait pas le rapport d’activités de la société. Ayant déduis que j’étais inutile, j’ai pris mes responsabilités… », réplique Ephraïm Inoni. «Monsieur le Premier ministre, une question bête : les fonctions de Pca ne donnaient-elles pas droit à certains avantages» a poursuivi de nouveau le président Yap. Et Éphraïm Inoni de répondre péremptoirement : « Jamais ! Il est même dit que j’étais sans rémunération ». A la suite du président du tribunal, le Procureur visiblement surpris a lâché à l’intention du mis en cause : «Voulez-vous dire au tribunal que l’ouverture du compte d’Apm à la Standard Chartered Bank où vous étiez par ailleurs Pca était fortuite ? »

Et l’ancien locataire de l’Immeuble Etoile de rétorquer : «J’étais un Pca, non exécutif à la Standard Chartered Bank, je n’avais pas à intervenir dans les opérations de la banque, je n’étais pas officer, ni manager ; je n’y avais pas de bureau et je n’étais pas autorisé à y prendre un crédit… j’ai même démissionné de ces fonctions à trois reprises, mais les administrateurs ont insisté pour que je reste». S’agissant du quitus et de l’appui qu’Apm Cameroun avait reçu de la part du gouvernement pour réaliser un audit de la Camair et plus tard participer aux opérations d’acquisitions d’un aéronef présidentiel, le notable Bakweri a avoué n’avoir jamais parlé au chef de l’Etat ; ni même intervenu à quelque niveau que ce soit pour que la structure dont il était Pca, obtienne des passe-droits.

Il va même jusqu’à nier avoir collaboré dans ce dossier, ni avec Atangana Mebara, ni avec Otélé Ossomba». Questionné sur l'identité de celui qui a utilisé les fonds de la Présidence pour payer un marché «illégal», l'ancien Sga/Pm y est allé en toute diplomatie, en indiquant que, de sa position, il ne pouvait initier des marchés, parce qu’à la Présidence, seuls les chefs de structures sont les ordonnateurs de dépenses. «Il n'existe pas d'ordonnateur délégué», soulignera-t-il. C'est naturellement que les regards et les soupçons de l'assistance se sont déportés sur Atangana Mebara. Ephraïm Inoni, plus que confiant d’avoir mis en déroute tous ses contradicteurs du jour, a lâché au tribunal, en s’interrogeant. Peut-on parler de conflit d’intérêts, lorsqu’il n’y a point d’intérêts ? ». L’avenir nous dira probablement beaucoup plus, dans ce long feuilleton médiatico-judiciaire qui s’annonce riche en suspens et en rebondissements.

© Aurore Plus : Yves Junior Ngangue

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