Cameroun - Affaire Aboganena: Le Commissaire Divisionnaire Messing Menanga attendu à la barre le 14 août

Le Directeur des Renseignements généraux comparaitra le 14 août prochain comme témoin de l'accusation.

Les débats ne se sont pas toujours ouverts devant le Tpi de Yaoundé centre administratif dans l'affaire Ministère public contre Aboganena Jean Marie, poursuivi, depuis le 09 avril 2013, date de son interpellation, pour des faits de violation de correspondance, détention de documents administratifs et de propagation de fausses nouvelles. La neuvième audience d'hier, mercredi 24 juillet 2013 a, une fois de plus, donné l'occasion aux deux avocats du Pdg de Jama conseils de dénoncer la vacuité des accusations du Ministère public. Maîtres Kéou et Elame s'élèvent tout aussi avec véhémence contre le dilatoire auquel se livre l'accusation, avec pour corolaire ces renvois à répétition dans le cadre d'un dossier vide, selon eux. A l'instar de ce énième renvoi concédé hier par le Tribunal, à la demande du Procureur de la République.

Il n'en faudra pas plus pour que les deux avocats exigent du juge Dairou que les débats puissent s'ouvrir à la prochaine audience prévue le 14 août 2013. Une exigence à laquelle se plie le président du Tribunal qui précise qu'il s'agit d'un renvoi ferme. Autrement dit, les débats s'ouvriront à la prochaine audience, que les témoins de l'accusation soient présents ou non. Des témoins régulièrement cités par le Ministère public, mais qui, à en croire les plaintes du Procureur Meka, font faux bon, à l'accusation. A l'instar du commissionnaire divisionnaire Messing Menanga Jean Louis, principal témoin de l'accusation.

Son nom est revenu en leitmotiv dans les plaintes du représentant du Ministère public au cours de l'audience d'hier. «Nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir, a-t-il promis, pour faire comparaître ce témoin, et qu'il soit là ou pas, a-t-il conclu, les débats s'ouvriront». Prenant la parole pour signifier son embarras et sa gêne à se présenter depuis trois mois devant un Tribunal qui refuse de le juger alors même qu'il s'agit d'un flagrant délit, Aboganena dénonce ce qu'il considère comme une justice aux ordres d'un fonctionnaire qui refuse de prendre sa retraite. Et d'avouer qu'il regrette parfois d'être Camerounais parce que n'ayant pas eu l'opportunité de choisir le pays de sa naissance.

Pour le Pdg de Jama Conseils, le procès intenté contre lui étale au grand jour les limites et les imperfections d'une justice qu'il estime inexistante. Se refusant de peindre tout en noir le tableau, il loue au passage l'honnêteté du Procureur de la République qui, à en croire Aboganena, n'a pas les mains libres dans un dossier qu'on dit piloté depuis le sommet de la police. Les instructions ayant été clairement données par la Chancellerie, croit-il savoir, pour qu'il soit maintenu le plus longtemps possible en prison.

Ecroué à la prison centrale de Kondengui depuis le 23 avril 2013, Jean Marie Aboganena avait été interpellé le 9 avril et gardé au secret, d'abord à la Direction de la Police judiciaire(Dpj) pendant 4 jours, ensuite dans les geôles du Groupement spécial d’opérations (Gso) où il dit avoir subi des traitements inhumains. De retour à la Dpj, il est déféré au Parquet, inculpé et mis sous mandat de détention provisoire depuis lors pour répondre des faits de détention de documents administratifs, appartenant notamment à la Police. Depuis la première audience du 24 avril dernier, Aboganena attend toujours que les débats s'ouvrent pour qu'il puisse donner sa version des faits.

© EVARISTE MENOUNGA | Mutations

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