Cameroun - Abus d'autorité: Gilbert Tsimi Evouna règle ses comptes au Maire de Yaoundé

 Au prétexte d'assurer la sécurité du Chef de l'Etat de retour à Yaoundé, tous les véhicules garés le long de l'itinéraire emprunté par le Président Paul Biya, ont été transportés en fourrière. L'un des adjoints au Maire de Yaoundé 6, victime de cette opération s'est vu humilié par les «hommes» du Délégué du gouvernement.

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Après le long supplice et le manque à gagner infligés aux populations de Douala, le retour du Chef de l'Etat, Paul Biya à Yaoundé a également fait d'autres mécontents. A partir du quartier Mvog-Mbi, tous les véhicules en stationnement, le long de l'itinéraire emprunté par le Chef de l'Etat, jusqu'à son palais d'Etoudi, ont été transportés et acheminés dans la fourrière municipale de la Communauté urbaine de Yaoundé. Parmi les victimes de cette opération, se trouvait, Bidoung Eloi Bonaventure, 3ème adjoint au Maire de Yaoundé 6. «Les ordres sont venus d'on ne sait où. L'on a simplement observé comment les voitures étaient transportées en cascade pour la fourrière.

A en croire certains, il s'agissait d'évacuer tous les axes qui encombraient le trajet présidentiel et pouvaient constituer des poches d'insécurité. Mais à dire vrai, on était un samedi, jour non ouvrable; par conséquent, il n'y avait pas d'inquiétude à se faire», lance une des victimes. Au détour de la confusion et du désordre qui s'est installé, même les véhicules garés dans les parkings et ayant payé les frais exigibles, n'ont pas été épargnés. C'est le cas de Bidoung Eloi Bonaventure. Le 3ème adjoint au Maire de Yaoundé 6 s'est garé, pour répondre à une invitation à l'émission «Policam» de la chaîne urbaine Radio Siantou.

Lorsqu'il découvre le scandale à la fin de l'émission, il se dirige comme la plupart des victimes, à la fourrière municipale. Sur les lieux, plusieurs propriétaires de véhicules, sont indignés et grondent de colère. «Les agents de service en place nous ont laissé entendre que les responsables qui doivent décider de la sortie des voitures mises en fourrière, sont rentrés à leur domicile. On nous a sommés de repartir pour ne revenir que dans la journée de lundi; condition de se munir au préalable d'une quittance représentant les frais de contravention payés aux caisses de la Communauté urbaine» explique une des victimes.

Les tuyaux de l'arnaque à ciel ouvert

Lundi matin, les victimes se sont rendues au service des recettes de Gilbert Tsimi Evouna où, elles ont payé chacune une somme de 15.000 FCFA; contre un document devant permettre le retrait de leur automobile. Première curiosité, pour une somme de 15.000 FCFA déboursée, est remise une quittance portant la somme de 12.000 FCFA. Les 3.000 FCFA supplémentaires, sont versés dans une caisse noire, tenue par un policier, qui ne se croit pas obligé d'en expliquer la destination, ni même de délivrer une justification particulière au contribuable. «On a beau râler, mais nous sommes restés impuissants devant la détermination des agents de police à nous extorquer de l'argent sans en délivrer les quittances» avoue Bidoung Eloi Bonaventure. Seulement pour l'adjoint au Maire de Yaoundé 6, comme pour les autres, la seule présentation de la quittance délivrée par la Communauté urbaine ne suffit pas. Ici, une autre taxe en guise d'impôt de paupérisation, est demandée.

Chacun devait encore payer une somme de quinze mille, à raison de 5.000 FCFA, pour chaque journée de fourrière. «J'ai présenté tous les documents; même mon macaron de Maire en fonction. Peine perdue. Les hommes de Kader Ndiaye, qui gère la fourrière ont failli me bastonner. Ils m'ont chiffonné, me traitant d'imbécile et d'idiots. Je n'accepte pas en tant qu'élu du peuple, me faire insulter par des hommes dont le rôle est d'encaisser de l'argent que j'ai d'ailleurs payé. Kader Ndiaye qui gère à sa guise l'argent de la fourrière municipale, n'a pas le droit de froisser les élus du peuple. Non plus les citoyens camerounais», s'indigne Bidoung Eloi Bonaventure. Nos différentes descentes dans les institutions financières chargées de percevoir la dépense publique ne nous ont pas montré la traçabilité de l'argent des sanctions, collecté à travers la pose des sabots ou le remorquage des voitures pour la fourrière. Ni le trésor public, ni même les finances... Personne n'en connaît les destinations. Ce qui fâche dans les actions de Gilbert Tsimi Evouna, c'est qu'elles sont répressives et ne sont éducatives. Mêmes qu'elles sont plus mercantilistes, qu'elles ne prônent la socialisation et la moralisation des masses.

 © Souley ONOHIOLO | Le Messager

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