Cameroun : 114 Camerounais évacuent la RCA à pied

Trois morts au cours de la longue marche de Bouar à Ngaoundéré Samedi 25 janvier 2014, il est presque 16h. Devant la préfecture de la Vina se trouve une marée humaine.

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Hommes, femmes et enfants confondus. Ils sont visiblement affaiblis. La préfecture est fermée. «Nous avons quitté Bouar (Ouest de la RCA) à cause des menaces, avec au départ 350 personnes, malheureusement certains ont perdu leur vie en route. C’est une chance pour nous qui sommes arrivés sains et saufs sur notre terre natale», témoigne Moktar. L’air hagard et surtout affaibli après son périple, ce père de famille raconte avec beaucoup d’émotion son périple.

«Nous avons quitté la préfecture de Nana Mambéré il y a 11 jours. Après des jours de marche, le camionneur de retour d'une livraison à Bangui a eu pitié de nous. Il nous a transportés dans sa semi-remorque pour nous racourcir la route», pursuit Moktar qui, n’étant pas à Bangui pour profiter du pont aérien établi entre la capitale Centrafricain et l’aéroport de Douala, a opté pour la marche à pied sur ces centaines de kilomètres. Chez les autorités locales, c’est tout naturellement la surprise de voir tant de monde débarquer. «En revenant de l’aéroport samedi dernier, j’ai décidé de faire un tour au bureau.

A mon arrivée, j’ai vu une centaine de personnes amassées là dehors. Ils m’ont dit qu’ils fuyaient la guerre en RCA», explique le préfet du département de la Vina, Justin Mvondo. «Pour se rassurer, on leur a demandé les noms de leurs villages et les noms des villages qu’ils donnaient, étaient des villages camerounais. Ça nous a quand même rassuré», poursuit-il. Des sources policières indiquent qu’«ils se sont organisés entre eux. Ceux qui avaient des familles ici les ont rejointes. Les autres sont repartis par bus à Méïganga et Garoua-Boulaï. Ceux qui partaient au Nord et à l’Extrême-Nord, ne sont pas arrivés ici en ville ; ils sont descendus au niveau du carrefour Borongo».

En effet, ces ressortissants camerounais de la RCA ont débarqué à Ngaoundéré dans un camion avec un gendarme à bord. Ces rescapés affirment avoir contourné la ville de Garoua-Boulaï en forêt pour se retrouver à Touboro. Une fois à Touboro, le maire Undp Koulagna Nana nouvellement élu leur a remis une somme de 50.000 Fcfa et a également mis 250 litres de Gasoil dans ledit camion. «On a égorgé mon frère au moment où nous fuyions la Centrafrique. Nous suivions le convoi de rapatriement des ressortissants tchadiens pour arriver à une ville située à 100 Km de la localité de Touboro au Nord Cameroun. C’est là qu’on a bénéficié de l’aide d’un bienfaiteur camerounais qui nous a transporté dans son camion», relate Hadja Amina, une commerçante qui a aussi fui les affrontements meurtriers

© L’Oeil du Sahel : FRANCIS EBOA

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