Camair-Co: Encore du plomb sur les lignes de décollage

Avec uniquement des conventions de l'Etat, l'entreprise ploie sous le fait d'un endettement hors normes qui plombe sa capacité à concurrencer les autres compagnies aériennes malgré de nobles intentions...

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Pour biens d'analystes du monde des affaires, il faut rapidement revenir sur une des clauses de création de la Compagnie nationale camerounaise, pour lui permettre de pouvoir reprendre de la hauteur. Car, bien que l'arrivée de Matthijs Boertien à la tête de la compagnie et la puissance de sa campagne axée sur reconquête du public, la révision de la situation financière et la remise à niveau du plan de management de l'entreprise, Camair-Co reste à ce jour, très incapable, avec uniquement des subventions de l'Etat, seul actionnaire, à faire valablement face en matière de concurrence aux autres compagnies. Au sein de la boîte, plusieurs responsables confirment même sous cape que la compagnie n'est pas des plus viables.

Maintenue en vie par l'Etat qui lui octroie 8 milliards de FCFA de subvention mensuelle, la Camair-Co doit actuellement à l'Autorité aéronautique environ 4 milliards de FCFA et près de 3 milliards aux Aéroports du Cameroun (Adc) sans compter avec plus de 600 millions pour ce qui est de l'Asecna, l'Agence pour la sécurité et la navigation aérienne au 1er novembre 2012. Un endettement auquel s'ajoutent des effectifs pléthoriques estimés à 520 employés pour une flotte de trois avions dont un Boeing 767 qui dessert Paris et dont le taux de remplissage peine à franchir le cap de 50%.

Lors de la session parlementaire de décembre dernier, la situation de la Camair-Co avait attiré l'attention des Députés de la nation. Notamment ceux de la Commission des finances. Après le rapport d'audit du cabinet d'expert Okalla Ohanda très contesté par l'ancien Directeur Général Alex Van Elk. Lequel mettait à nu un certain nombre de manquements dans la gestion de la Camair-Co, les Députés en arrivaient alors à la conclusion que «la politique managériale et commerciale approximative» ne permettait ni «d'assurer un taux de remplissage acceptable des avions, encore moins une réduction des charges d'exploitation».

En outre, le partenaire technique Lufthansa et la Camair-Co sont totalement en désamour. Que faire? «Observer le décret de création!» pense un proche de la Direction générale rencontré. En effet, il est prévu dans le décret de création de Camair-Co que 51% du capital soit détenus par un actionnaire privé. C'est pour cela qu'au moment où va se tenir l'Assemblée générale de la compagnie, l'on pense en dehors de l'adoption des comptes de 2011, diversifier l'actionnariat au secteur privé. En ouvrant ainsi le capital de la compagnie à l'actionnariat privé, l'actionnaire majoritaire qui est l'Etat poussera un ouf de soulagement.

Lui qui est à la recherche des financements pour ses projets structurants, se fera le devoir de quitter une fosse des abysses qu'est la Camair-Co. Autant que malgré une perfusion de 8 milliards mensuel, les résultats de Camair —Co demeurent insignifiants. Autant le dire, si le gouvernement continue à y mettre de l'argent sans retour sur l'investissement, ce sera le K.O total. Or, la tenue de l'Assemblée générale vient à point nommé. C'est pour cela que pour redorer le blason terni de la Camair —Co, on va explorer toutes les voies de l'ouverture au capital, diversifier l'actionnariat et biens d'autres sources de financements. C'est peut être à ce point que la compagnie nationale renaîtra de son indolence.

© GRE | L'Anecdote

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Date de dernière mise à jour : 11/06/2013