Bagarre entre policiers et militaires à Douala

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Le gouverneur a créé une commission d’enquête censée faire la lumière sur l’incident survenu vendredi à Pk 10.

Vendredi 1er février dernier, c’est « indignées, interdites et interloquées » que les populations du quartier PK10, à Douala-Bassa, ont vécu la bagarre entre policiers et militaires.

Les mots sont du gouverneur de la région du Littoral, Joseph Beti Assomo.

Un pompiste de la station d’essence de Tradex où a eu lieu la rixe raconte. « Un conducteur de moto s’est présenté vers 10h à la station avec un billet de 10.000 F. Il voulait acheter du carburant pour 1000 F. En l’absence de billets de banque, mon collègue lui a proposé de le rembourser avec des pièces de 500F ». D’après un autre témoin, le client aurait refusé de prendre la monnaie, estimant qu’il ne pouvait pas traîner autant de pièces d’argent.

« Le pompiste aurait donc traité l’homme de benskineur [transporteur par moto-taxi]. Le client n’a pas apprécié l’invective et a empoigné le pompiste », poursuit notre source. C’est donc sur ces entrefaites qu’interviennent des policiers sortant d’un pick-up des Equipes spéciales d’interventions rapides (Esir). « Le client de la station s’est éclipsé un instant et a passé un coup de fil avant de revenir dans la bagarre », évoque un autre témoin de la scène.

En moins de cinq minutes, un camion transportant une vingtaine de militaires a surgi sur les lieux. Des coups de feu ont été entendus. « Les huit policiers des Esir ont été molestés, quatre parmi eux ont été emmenés de force à bord de leur pick-up au camp du Génie militaire, situé non loin de la station », affirme une de nos sources. Un des pompistes a été embarqué vers la brigade de gendarmerie de Pk14.

Plusieurs témoins qui tentaient de prendre des photos de la scène sont blessés. Joseph Beti Assomo assure néanmoins que « des séquences de cette bagarre ont été abondamment filmées » et il est en possession de quelques clichés. Ceux-ci vont servir à la commission d’enquête mixte (gendarmerie, police et forces de défense) que le gouverneur a mise sur pied pour faire toute la lumière sur l’incident et proposer des sanctions. Les résultats de l’enquête sont attendus demain mardi 5 février.

MESSI BALA | Cameroon Tribune

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