Augustin Kontchou Kouomegni humilié dans une buvette clandestine par un groupe de camerounais à Bruxelles

Samedi dernier à Bruxelles, les camerounais qui fréquentent un célèbre magasin (bar) exotique de la Rue Heyvaert ont reçu la visite d’un consommateur un peu particulier, le Professeur Kontchou Kouomegni Augustin.

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Cela aurait pu être un non évènement. S’il ne s’agissait d’une part de l’homme : le célèbre « zéro mort », ministre de l’information et de la communication des années de braise au Cameroun. Et surtout, d’autre part de l’endroit : la Rue Heyvaert, haut lieux de la débrouille pour les camerounais et plusieurs autres africains primo-arrivants. Fondu dans la foule à l’arrière du magasin qui tient lieu de bar, une grande Guinness à la main, le professeur faisait l’objet de toutes les interrogations. Que fait-il là ? Analyse. Le professeur annonce très clairement qu’il est en « visite familiale ». Il n’est pas mandaté par son parti le RDPC et s’adressera donc à ses frères en son nom. Mais rien n’est fait. La foule présente ne semble nullement en phase avec le « parent » en visite. Pendant que certains continuent à boire et bavarder sans faire attention, d’autres, très remontés, l’acculent de questions embarrassantes sur sa vie politique.

Morceaux choisis.

Combien de fois avez-vous rendu visite à votre « famille » du temps ou vous étiez au gouvernement ? Ne savez-vous pas que la plupart des gens ici présent sont des victimes de votre système et de vos dénégations ?

Très vite les esprits s’échauffent. Les noms d’oiseaux fusent. La gérante des lieux calme le jeu et menace. Certainement par courtoisie pour son invité du jour. Les choses ne s’arrangent pas avec l’arrivée de quelques militants du MRC (Mouvement pour la Renaissance du Cameroun) qui distribuent des tracts. Le ciel semble lui tomber sur la tête. Son ennemi de Baham le hante jusqu’à Bruxelles.

Finalement, quelques personnes plus compatissantes tempèrent. « Il est en disgrâce au sein du RDPC Rassemblement démocratique du peuple camerounais) et tente de se refaire une douce cure politique. Accordons-lui cela ». Toutefois, en période électorale, une telle action ne peut être anodine. Au RDPC, quand on vit et on milite, on a espoir. Le professeur le sait bien. Seule la mort et la prison peuvent briser les espoirs. Le retour aux affaires du docteur Joseph Fofé de regrettée mémoire ou encore plus récemment la nomination de Niat Njifenji Marcel comme sénateur le montre bien.

Dans le système politique camerounais où la seule échelle de valeur est désormais le niveau d’engagement et de militantisme au sein du RDPC, l’étroitesse des possibilités poussent les forces vivent vers l’exil (très souvent économique). La diaspora s’épaissie de frustrés et de frustrations. L’amnésie ambiante au sein du RDPC s’apparente désormais au cynisme politique. Les bourreaux et tortionnaires d’hier reviennent sans remords vers leurs victimes pour se refaire une image. Cette famille de circonstance à laquelle le professeur rendait visite semble l’avoir compris. Le parent qui recevra un accueil chaleureux et non chahuté sera celui qui aura œuvré pour le bien des populations et non pour une place au sein du RDPC ou du gouvernement.

© Samson Tsobny,Secrétaire Délégué Chargé de la Culture et de l’Animation du MRC Benelux

Publié par camerbe

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