8 mars 2013: Des femmes en mode «soulevée»

Dans les rues de la capitale économique, elles ne se sont pas privé des débordements et autres gestes obscènes.

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«Enfin le 8 mars! On va soulever les kaba», se réjouissaient les femmes dans la matinée de la journée à elles consacrée. La journée internationale des droits de la femme. Après le défilé à la place de l’Udeac à Douala, pendant que d’autres se rendaient chez des amis ou dans des réunions, question de se souhaiter une bonne fête, la plupart des femmes rentraient chez elles. Pas que la journée était finie. «On part se reposer pour bien attaquer la soirée», lance Emilie. Qui ajoute: «Nous allons nous retrouver le soir au cabaret.» Si pendant la journée elles affichaient encore l’air sérieux, les masques vont tomber dans la nuit. A la «rue de la joie» à Deido, jeunes, adultes, bref, toutes les catégories ont assiégé les débits de boisson. Des bouteilles de bière, de jus et de whisky recouvraient les tables. «Dj envoie nous la chanson soulever. C’est le 8 mars. On veut s’éclater, on veut soulever», crient elles à tue-tête. Le barman ne va pas se faire prier. «Même si c’est sale, même si c’est rouge soulevez», chante l’artiste.

Et bonjour le rituel cinéma de chaque année. Les femmes lèvent leurs robes (kabas) du 8 mars, jusqu’à de la tête, laissant entrevoir leurs dessous sans gène aucune. Une scène applaudie. «Tu savais danser ainsi ? C’est bien ça ma sœur. Soulève-moi le kaba là. Aucun homme n’a droit à la parole sur nous aujourd’hui. C’est notre journée. Nous avons toute la nuit devant nous.» Il y a pourtant des âmes sensibles qui jugent ces comportements obscènes.

De l’avis de Nadège, «c’est illogique, déviant et salissant ce que nos sœurs font. La journée internationale de la femme qui, ailleurs, est appelée journée internationale des droits de la femme n’est pas l’occasion pour la femme de se dénuder devant les gens. Ce n’est pas pour ce type de comportements que des braves femmes avaient tant lutté pour que cette journée nous soit consacrée.» Cédric quant à lui reproche «à nos mères et sœurs cette attitude. On a l’impression que leur esprit est formaté sur le pagne du 8 mars et sur l’indécence. Quand je vois des femmes se mettre à nue de la sorte j’ai honte à leur place.» Les mentalités ne sont malheureusement pas sur le point de changer.

Valgadine TONGA (Stagiaire)

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