A 42 ans, je fais toujours pipi au lit

«J'ai 42 ans. J’ai eu mon baccalauréat en 1992 au Lycée El Hadji Malick Sy de Thiès. Je fus orientée à l’université Cheikh Anta Diop de Dakar au département de Lettres modernes. Malheureusement, je n’ai pas pu y aller.

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A 20 ans, il m'arrivait de faire pipi au lit. Il était impensable pour moi de loger à la cité Claudel (campus des femmes) et même chez des parents à Dakar. Cette situation me gênait beaucoup. Ma famille ne disait rien, mais c'était très embêtant pour moi. Il paraît que c’est héréditaire dans la famille. J’étais la seule à pisser au lit à 20 ans. C’est ainsi que mes études se sont gâtées. Mes parents m’envoyaient voir des charlatans. Cela n’y fit rien. On m’a fait boire de l’urine de chèvre et de chameau, sous prétexte que cela guérissait l’énurésie. J’allais même voir, à l’insu de mes parents, les guérisseurs que l’ont me recommandaient. Ils me disaient que ce sont les Djins qui m’habitaient qui me faisaient pisser. Je le croyais, puisque quand cela m’arrive, je rêve être en train d’uriner dans les toilettes.

Je n'arrive pas à me réveiller à temps. Au réveil, j’ai honte, le lit est tout imbibé. Je me faisais souvent violence pour ne pas boire le soir après le dîner. Je mettais mon réveil toutes les nuits à 2 heures du matin pour aller aux toilettes. Malgré cela, j’urinais. Ma vie a toujours été un enfer. La nuit, je mettais des couches comme un bébé

J’ai fini par aller voir un spécialiste à l’hôpital. Cela ne s’est pas amélioré. Je continuais à pisser la nuit. C’est lors de mes consultations que j’ai rencontré mon mari à l’hôpital. Il avait le même problème. Dans la salle d’attente, on a sympathisé. C’est ainsi que la relation est née. Notre médecin traitant a aussi joué un grand rôle dans notre vie. C’était je crois en 1998. Lui, il travaillait à Dakar et logeait à Thiès. Il se réveillait de bonne heure pour prendre le train. Il rentrait le soir.

Après notre mariage, j’ai rejoint le domicile conjugal. Je me réveille de bonne heure tous les jours pour laver les draps et ses habits avant que les autres membres de la famille ne se réveillent. J’ai aujourd’hui 3 enfants. Mon fils aîné a 14 ans. C’est sa sœur cadette de 11 ans qui a ce problème. C’est une situation difficile.

Dans mon quartier, je sais que les gens parlent de cela. Je suis tellement gênée que quand les autres posent leurs regards sur moi, je me dis qu’ils sont en train de rire sous cape », témoigne-t-elle.

SOURCE : Autre Presse

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