Une fille brulée vive, des maisons et des vivres saccagés

Le 9 juillet 2014, le village Massakal, une bourgade située dans l’arrondissement de Gazawa qui dépend du département du Diamaré a reçu peu après midi, la visite musclée des populations de Gabaga sis dans l’arrondissement de Meri.

Brule

En furie, celles-ci étaient venues venger un des leurs bastonné, dit-on, la veille par les populations de Massakal conduites par leur chef Abdoulaye Moutourwa. La faute du nommé Maina et habitant du village Gabaga dans le canton de Douroum serait de s’être trouvé en train de cultiver avec son fils dans une parcelle de terrain disputée par les deux villages. En tout sur leur passage, les populations de Gabaga ont semé la désolation. La nommée Mairamou Abdoulaye, 17 ans, fille du lawane de Massakal a été brûlée vive par les assaillants. Lesquels ont aussi, après avoir brûlé le drapeau, saccagé 24 concessions, 10 motopompes, 03 motocyclettes, tués plus de 30 chèvres et moutons, et réduit en cendres des hectares de champs de maïs. Cette véritable expédition punitive a cependant été décidée après une fausse alerte venue de l’hôpital des missionnaires à Zidim dans le Mayo-Tsanaga, annonçant pour mort Maina, le bastonné qui avait été mis en soins intensifs.

Les enfants et les femmes de Massakal se sont réfugiés dans la montagne pour se cacher de la furie des populations de Douroum. La troupe a été conduite par le chef traditionnel de Douroum et un conseiller connu sous le nom de Jean Raison. Le lawan de Massakal, lui, s’est évaporé dans la nature. Il apprendra plus tard que sa fille âgée d’environ 17 ans a été calcinée dans la concession. «Elle ne pouvait s’échapper puisqu’elle était handicapée», raconte Siddi, un témoin de la scène. Et d’ajouter que les assaillants n’ont replié qu’après s’être rassurés d’avoir complétement détruit le lawanat de Massakal dont de nombreux habitants sont désormais sans abris et nourriture.

Fort heureusement, au moment de l’assaut, la grande majorité des populations de Massakal n’était pas en place. Informé de la situation, le préfet du Diamaré Ernest Ewango a fait une descente sur le terrain avec les maires et les sous-préfet de Gazawa pour s’enquérir de la situation, réconforter les familles et tenir une réunion de conciliation avec les deux parties qui se battent depuis une quinzaine d’années pour un lopin de terre. Mais avant sa descente, le préfet a instruit aux forces de l’ordre d’interpeller le Lawan de Massakal et son frère Sambo. «Monsieur le préfet, prions Dieu pour que le nommé Maina ne meurt pas, sinon il y aura encore des ripostes puisque c’est un homme considéré dans son village», a imploré le pasteur de la localité. «Je condamne cet acte odieux avec la dernière énergie.

A cet endroit litigieux, j’avais instruit les deux souspréfets d’interdire aux populations d’exploiter ces parcelles jusqu’à ce que je trouve un compromis. Au vu de cet acte barbare et criminel, les auteurs vont répondre de leurs actes», a déclaré le préfet du Diamaré Ernest Ewango. Pour l’heure, le lawan de Massakal et son frère sont gardés à vue à la brigade de gendarmerie de Gazawa. Et le commandant de compagnie du Diamaré a fait une décente le 13 juillet afin de mettre en garde toute personne qui tenterait d’inciter les populations à la révolte.

© L’Oeil du Sahel : WENAÏ DAVID

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