Un jeune Camerounais victime d’une agression raciste meurtrière dans le nord de la France

Insulté puis passé à tabac, un adolescent calaisien victime d'une agression raciste Samedi vers 21 h, alors qu'il rentrait chez lui à vélo, un adolescent camerounais de 15 ans vivant à Calais depuis quatre ans a été victime d'une agression d'une violence inouïe.

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Insulté de « négro » et de « sale noir », l'adolescent a reçu des coups de pieds sur le corps et le visage, puis des coups de poings qui lui ont cassé trois dents. Indignée, la mère de la victime veut alerter l'opinion publique, « pour que cela ne se reproduise plus ». Rodrigue n'a que 15 ans mais on peut avancer que toute sa vie, il se souviendra du samedi 15 octobre, jour où la bêtise humaine s'est révélée dans sa forme la plus violente. Il est 21 h quand le jeune homme enfourche sa bicyclette pour quitter un ami, chemin Castre. Son parcours pour rentrer chez lui avenue Toumaniantz l'amène à passer rue Dolain, où, régulièrement, il croise des personnes qui l'insultent. Seulement cette fois, aux provocations verbales s'est ajoutée une agression physique d'une violence insoutenable. « Un jeune homme m'a insulté de "négro, bougnoule, sale noir", rapporte l'adolescent aux policiers, lors du dépôt de plainte dimanche. Il s'est mis au milieu de la route pour que je m'arrête, ce que j'ai fait. »

Selon le récit de la victime, un deuxième jeune homme, le frère de l'agresseur, se présente, incitant le premier à porter des coups de pieds. Rodrigue est frappé à l'épaule et sur le haut du corps. Arrive ensuite un troisième homme, le père, toujours selon la victime. « Le père m'a bousculé. J'ai voulu m'enfuir mais quelqu'un m'a empêché de partir. À ce moment-là, le père m'a donné des coups de poing au niveau de la bouche. » La violence des coups est telle que le jeune homme perd une dent, deux autres se trouvant pliées sur sa lèvre inférieure (notre photo). À terre, la victime reçoit encore des coups, à l'oreille et au visage.

Examen du légiste aujourd'hui

Emmené aux urgences de l'hôpital de Calais, Rodrigue présente des plaies, un oedème, de douleurs sur le haut du corps et « un orifice béant et saignant » à la bouche. Le médecin de garde prescrit au collégien scolarisé à Marck une incapacité totale de travail de cinq jours, en attendant l'examen d'un médecin légiste, aujourd'hui. « Depuis cette agression, mon fils ne fait que pleurer, il ne comprend pas cette agression, lâche Clémentine, sa mère, pour qui cette agression est insupportable. Je suis révoltée, je veux en parler pour dénoncer tout cela. Il faut que cela s'arrête, et pas que pour mon fils. Il ne s'agit pas d'une bagarre de gamins, c'est le papa qui a porté les coups. »

La mère de famille contient ses larmes et, de sa poche, sort la dent de son fils. « Il a 15 ans, il vient de perdre trois dents, je ne peux pas accepter ça. Mon fils, autrefois, répondait aux insultes par la violence. Il n'est pas un ange. Mais je lui ai dit et répété que la violence ne règle rien. Il s'était calmé. » La maman montre ensuite les photos de son fils, le visage tuméfié, la bouche ensanglantée. « Il ne dort pas depuis deux jours tellement il a mal. Son oreiller était imbibé de sang samedi soir. Comment peut-on faire une chose pareille ? » Hier, l'adolescent a passé un scanner maxillo-facial qui a confirmé que les deux autres dents sont sur le point de tomber. La pose de prothèses n'est pour le moment pas envisageable.

© lavoixdunord.fr : OLIVIER PECQUEUX

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