France - Cameroun : un ex-clandestin lance un appel pour retrouver ses bienfaiteurs

"Paul", ex-clandestin arrivé du Cameroun à 14 ans, a réussi dans la finance. Aujourd'hui âgé de 31 ans, il veut remercier tous ceux qui l'ont aidé.

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Un ex-clandestin camerounais, ayant réussi dans la finance, a lancé un appel pour retrouver des habitants qui l'avaient recueilli à son arrivée en France à 14 ans en 1997, a assuré mardi la mairie de Blainville-sur-Orne (Calvados), qui appuie sa démarche. "Je (tiens) à retrouver ce couple qui m'a aidé il y a 16 ans et dont je n'ai malheureusement pas le nom", est-il dit dans un "avis de recherche" signé "Paul" et publié notamment sur le site internet de l'Office municipal d'action culturelle (Omac) de cette localité de 6.500 habitants.

"Quand il nous a contactés, en avril, nous avons d'abord cru à un canular ou à une arnaque. Après l'avoir rencontré, nous avons été convaincus de la sincérité de sa démarche", raconte Stéphane Deslandes, directeur de l'Office. L'histoire de Paul, qui désire conserver l'anonymat à ce stade, est en effet peu banale. Monté clandestinement sur un cargo grec à l'âge de 14 ans, il est adopté par le capitaine et son équipage qui le débarquent clandestinement à Blainville, près de Caen, le 27 janvier 1997, en le dotant de "500 FF" (75 euros), selon Amélie Naton, une de ses proches.

Après avoir sollicité de l'aide dans un bar, l'adolescent est recueilli pour une nuit par un couple, qui lui offre le train pour Paris. Rapidement arrêté par la brigade des mineurs, il passe par des centres d'urgence avant d'être scolarisé dans un internat en Dordogne. Finalement naturalisé français, il fait des études supérieures et "travaille aujourd'hui dans le capital-risque à Londres", selon ses proches. "Il est parvenu à retrouver tous ceux qui l'ont aidé, du capitaine du bateau aux officiers de la brigade des mineurs de Paris en passant par les tenanciers du bar. Ne manque plus que ce couple de Blainville", dit Amélie Naton.

Aujourd'hui âgé de 31 ans, l'ancien clandestin "a écrit un livre sur son histoire et attend de retrouver ce couple pour pouvoir les remercier, citer leur nom, et peut-être réunir tout le monde pour une fête", déclare Stéphane Deslandes. "Je rends hommage à ce couple et bien entendu à la ville de Blainville et ses habitants car, grâce à ce geste de désobéissance civile, je m'en suis sorti", écrit Paul dans son appel sur internet. Jusqu'au 1er janvier 2013, les particuliers qui aidaient des sans-papiers risquaient jusqu'à 5 ans de prison et 30.000 euros d'amende.

© Source : RTL.fr

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