Film anti-Biya: Le jeune auteur porté disparu

La chambre d’Oscar Djimeli a été retrouvée vide ce dimanche matin après un mois de menaces à la suite de la diffusion d’un film considéré comme anti-Biya.

C'est l’un des ses voisins de mini-cité qui a alerté le bureau de l’Addec (Association de défense des droits des étudiant du Cameroun), une association très active dans le milieu étudiant. Une fois au courant, le président de l’Addec Thierry Batoum et son bureau sont arrivés sur les lieux. Effectivement raconte le président, sur le terrain la chambre du réalisateur qui suivait par ailleurs des études de Master II en Arts du spectacle à l’université de Yaoundé a été retrouvée ouverte et mise à sac.

Personne n’est capable de donner un détail sur le déroulement du supposé enlèvement que l’on soupçonne s’être déroulé dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mars 2013. En même temps que les responsables de l’Assec, le directeur de la police judiciaire et le commissaire du 5e arrondissement de police sont descendu sur les lieux pour constater la diparition du jeune étudiant. Selon ses proches, Oscar Djimeli recevaient des menaces de plus en plus explicites ces derniers jours. Récemment racontent-ils disaient, «Tu vas voir, toi et tous les autres [acteurs du film].

Vous et vos amis de l’Addec irez rejoindre Pius Njawé, et nous allons continuer avec notre régime, pour l’éternité». Il y a une semaine, le réalisateur de la fiction se plaignait de menaces de tous ordres proférées par des personnes en civil. Richard Djif aurait reçu dans la nuit du vendredi 15 à samedi 16 mars 2013, un message qui le menaçait clairment. «Votre film est belliqueux, il devient dangereux pour la paix sociale. Restez dans vos vidéos clubs. Vous le passez dans les ménages, vous le payerez cher. Ou alors vous êtes aussi immortels?». De même, des personnes en civil l’auraient intimidé pendant qu’il essayait de distribuer ses DVD au Marché Mokolo.

En guise de rappel, «139…les derniers prédateurs» a reçu d’Ama Tutu Muna, ministre des Arts et de la culture (Minac) et par ailleurs président de la Commission nationale de contrôle des films cinématographiques et des enregistrements sonores, l’autorisation à l’importer et à l’exploiter au Cameroun. La fiction a pour thème «dictature politique en Afrique et liberté d’expression en milieu journalistique».

Elle raconte L’histoire d’une investigation journalistique dans un pays imaginaire que son réalisateur a voulu appeler Chimpanz. Deux journalistes enquêtent sur un régime et veulent percer le mythe de l’immortalité du président. Un tyran qui a fait 139 ans au pouvoir les traque autant que ses opposants. Au centre de l’intrigue, un opposant, Nirien le rebelle. Le personnage incarné par Jacobin Yaro, un as du théâtre camerounais, a la caractéristique d’être narcissique, violent et traitre. Sa formule magique, seuls les vivants comptent dans une révolution, le génocide est un vain mot. Il est surtout la grande gueule du film et n’a qu’une raison de vivre, chasser le grand Papa Ndem du pouvoir et prendre sa place. Deux ans après sa réalisation, le film a été diffusé pour la première fois en public à Yaoundé le 17 mars dernier.

© William Bayiha | La Nouvelle Expression

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